Dans Toute la vie, êtes-vous du côté du père d’Éloïze, qui croit que sa fille adolescente, souffrant d’une déficience intellectuelle légère, est capable d’élever seule le bébé qu’elle porte ?

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Ou êtes-vous plutôt du bord de la mère d’Éloïze, qui ne s’imagine pas comment une enfant sera capable de s’occuper d’un autre enfant et qui se décarcasse pour que sa fille subisse une interruption de grossesse ?

Autre dilemme de Toute la vie. Êtes-vous dans le camp de l’écoanxieuse extrême Charlotte (Romane Lefebvre), qui réclame un avortement tardif, parce qu’il s’agit de son corps, qu’elle en fait ce qu’elle veut et qu’elle ne souhaite pas mettre un être humain de plus sur cette planète déjà surpeuplée ?

Ou pensez-vous, comme la travailleuse sociale Carole (Marie-Chantal Perron), qui juge qu’il est beaucoup trop tard, à 24 semaines, et que Charlotte aurait dû allumer bien avant ?

PHOTO FOURNIE PAR RADIO-CANADA

La grossesse du personnage d’Éloïze, interprétée par Elizabeth Tremblay-Gagnon, soulève de nombreuses questions dans la série Toute la vie.

Toute la vie de Radio-Canada pose des questions déchirantes depuis quelques semaines. En montrant les deux côtés de la médaille de ces cas délicats, l’auteure Danielle Trottier ne prend pas position, mais nous force à réévaluer nos propres convictions. Un téléroman populaire, ça sert également à aborder d’importants enjeux de société.

Pour revenir à la situation d’Éloïze (Élizabeth Tremblay-Gagnon), je change constamment d’opinion. Quand je la vois heureuse et épanouie avec son père Éric (Pierre-François Legendre), je me dis : bien oui, encadrée et épaulée, Éloïze ferait sûrement une bonne maman, malgré son handicap.

Puis, Éloïze sort au parc pour draguer des inconnus et je me range aux arguments de sa mère Marjolaine (Brigitte Lafleur) : bien non, cette ado à la mentalité juvénile n’a pas les capacités pour prendre soin d’un nouveau-né, c’est limite dangereux.

Qui a raison, qui a tort ? Difficile de le déterminer. D’autant plus que la maman éprouve elle-même des problèmes de santé mentale, ce qui complexifie le tableau. Le père, lui, a tellement l’air doux et compréhensif qu’on se met à douter de ses intentions. Cache-t-il quelque chose ? Est-il trop naïf, voyons ?

Désespérée, mais voulant ce qu’elle estime être le mieux pour Éloïze, la mère a même tenté de se donner la mort, ultime outil de manipulation dans son coffre bien rempli. Ça, et accuser son mari de violence conjugale. Bien hâte de voir comment cette intrigue se bouclera.

En surface, l’histoire de Charlotte paraît plus facile à trancher. La jeune femme a repoussé la date de son avortement jusqu’à la limite où les médecins se sentent à l’aise de le pratiquer au Québec, soit le troisième trimestre. Trop tard pour Charlotte, il faudrait maintenant penser à l’adoption, si elle ne souhaite pas le garder.

Attendez une minute, ici. L’avortement est légal au Canada, sans condition et sans restriction par rapport au stade de la grossesse. Charlotte a parfaitement le droit de le demander. Reste que l’opération est controversée, taboue et très rare chez nous. Au point où le gouvernement du Québec préfère envoyer les patientes la subir aux États-Unis, plutôt que de l’encadrer dans nos hôpitaux.

Encore là, on jongle avec les deux hypothèses. On pèse le pour et le contre. Et on se réjouit de ne pas avoir à régler ces deux dossiers épineux immédiatement.

Vive Les appendices !

Ils arrivent juste à point, ces huit nouveaux épisodes des Appendices, offerts dès maintenant sur l’Extra de Tou.TV. Car on a tous besoin de rigoler dans ce climat de morosité gluante, où tout le monde semble sur le point de péter sa coche, comme une jeune Laurie à Occupation double : Californie.

J’adore ce groupe à l’humour absurde et souvent pipi-caca, formé de Jean-François Chagnon, Sonia Cordeau, Dave Bélisle, Anne-Élisabeth Bossé, Dominic Montplaisir, Julien Corriveau et Jean-François Provençal.

La signature comique et le style « lo-fi » des Appendices n’ont pas changé en traversant de Télé-Québec à la plateforme payante de Radio-Canada. Le premier épisode commence d’ailleurs avec le retour de Guy et René, les rois de la Main. Ils sont formidables.

Parmi les classiques des Appendices qui reprennent du service, notons l’émission Ma opinion, les trucs de Monsieur Mousteille, les Grands Génies (dont celui à la bouche beurrée de Cheetos) et Sylvie Rencontre, devenue mairesse de Saint-Réjean.

Vous découvrirez aussi de nouveaux segments dont CrossFil, avec l’entraîneur Filipo Potvin, de même que L’entrepren’heure, des capsules consacrées à des commerces locaux comme la pizzéria musicale Mozart-Ella.

Il y a des chansons originales (Sale tes ballounes, Nuit de noces) et une fausse pub d’un jeu de table des années 70, Poc-Pic-Tigado, qui est délirante. Mention spéciale à la nouvelle émission Oui-Jase, où l’animateur s’entretient avec des morts.

Le seul défaut de ces Appendices, version 2020 ? Leurs épisodes ne durent qu’une douzaine de minutes chacun. Comme dirait Monsieur Puel : jan norèpri pamalplousse.