Les concurrents des équipes de Marc Dupré et de Cœur de pirate ont outrageusement dominé ceux des formations de Pierre Lapointe et de Garou lors du premier quart de finale de La voix, présenté en direct dimanche soir sur les ondes de TVA. Un solide knock-out. Bing, bang, au tapis, ding, ding, ding !

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

La demi-finaliste de Cœur de pirate, Josiane Comeau, 18 ans, a décroché le vote du public le plus costaud de cette trop longue soirée de 2 h 30 min, soit 89 %. Pourtant, dans la répartition de ses points, Béatrice Martin avait préféré Laurie Drolet et Beth Cossette à la pétillante Josiane, ce qui s’explique difficilement.

SAISIE D’ÉCRAN TIRÉE DU SITE DE LA VOIX

Josiane Comeau

Dès les premières notes de Stronger de Kelly Clarkson, c’était évident que Josiane Comeau, une énergique Acadienne de 19 ans, jouait dans une ligue plus forte que ses camarades. Laurie Doucet, 21 ans, mâchouillait les paroles de la pièce Corps de la Française Yseult, tandis que Beth Cossette, fille de Sylvain Cossette, a revisité de façon correcte, sans plus, Faire la paix avec l’amour de Dany Bédar.

Sur la petite scène, Josiane Comeau rayonnait et bougeait comme une pro. Son père, Jacques Comeau, a lui aussi atteint les demi-finales de La voix, l’an dernier, aux côtés du coach Éric Lapointe.

Chez Marc Dupré, trois bonnes prestations, mais une seule a été plébiscitée par l’entraîneur et le public, soit celle de Jason Valentino, 32 ans, qui a repris Say Something du groupe américain A Great Big World. Performance sans pépin, très impressionnante vocalement.

Bien hâte de voir la suite du parcours pour Jason Valentino (enfin libéré de son plâtre), qui ne parle pas un seul mot de français. La langue demeure un sujet délicat au Québec. Serait-ce envisageable qu’un unilingue anglophone triomphe à La voix ?

Et si on renversait la situation : pensez-vous que le Canada anglais se rangerait derrière un chanteur unilingue francophone du Québec à Canadian Idol ou à The Launch ? Pas certain, moi.

Parlons-en, de l’anglais. Il y en a eu énormément à La voix dimanche : 8 des 12 participants ont opté pour la langue de Shakespeare. C’est intense, surtout quand l’animateur Charles Lafortune prend la peine de préciser que le seul virus qu’il faut propager présentement, c’est l’amour de la chanson québécoise. Oups.

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Joffré Charles

De retour dans le clan de Marc Dupré, Joffré Charles, conjoint de l’ex-candidate de La voix Rafaëlle Roy, a été touchant sur Falling de Harry Styles. L’artiste multidisciplinaire PETiTOM, 26 ans, en a peut-être beurré trop épais sur Debout d’Ariane Moffatt. « Less is more », comme on dit maintenant à TVA.

Les numéros ont été tièdes dans le camp de Garou. Comme nous à la maison, Garou croyait que l’artiste country Allison Daniels, 25 ans, se sauverait avec les honneurs. Erreur. Le public a jeté son dévolu sur le bébé de La voix, Philippe Tremblay, 17 ans, qui a attaqué une chanson trop complexe pour lui, Space Oddity de David Bowie. Le résultat n’a pas été heureux du tout.

Même constat pour le viking Gabriel Langelier, 36 ans, et It’s All Coming Back to Me Now de Céline Dion. Ouf. La prononciation des mots en anglais a été boiteuse. Bref, pas une grosse réussite.

Les trois membres de l’équipe Pierre Lapointe n’ont pas brillé non plus. Libérée par Marc Dupré, Malia, 29 ans, a poursuivi sa route avec Pierre Lapointe et a refait Sang d’encre de Jean Leloup, ce qui lui a valu 54 % du suffrage public. Sa collègue Catherine Laurin, 25 ans, a emprunté le chemin de la pop lyrique à la Sarah Brightman sur Goodbye Yellow Brick Road d’Elton John, tandis que Vidjay Rangaya a été trop prudent sur The Scientist de Coldplay. Peu de moments mémorables ici.

Ces premiers quarts de finale de La voix, version pandémique, se sont déroulés dans une ambiance plus solennelle et calme qu’à l’habitude. Normal. Le public tonitruant pré-COVID n’a pas été admis dans les studios Mels, à Saint-Hubert.

Seules les familles des candidats ont pu s’installer dans les gradins, toutes à deux mètres de distance. Et elles ont obéi à la consigne de ne pas crier et de ne pas se lever pendant le tournage. Mêmes restrictions pour les quatre coachs, qui n’ont pas bougé de leurs gros fauteuils rouges.

Ce rendez-vous dominical a démarré avec un joli numéro de variétés, éclectique et dans le vent, qui a mis en vedette Patrice Michaud, FouKi, Bobby Bazini, Marie-Pierre Arthur et Corneille. L’Orchestre symphonique de Québec a accompagné cette enfilade d’artistes doués.

D’ailleurs, faire entrer tout ce beau monde dans un studio, en plus des 12 concurrents de La voix, a dû demander une coordination et des précautions extrêmes. Chapeau.

En théorie, La voix 8 se poursuit tous les dimanches jusqu’au 18 octobre, soir du grand couronnement. À moins que le #$*&! de virus en décide autrement. Maudit qu’on est à boutte, hein ?