C’est les vacances. Vive les spirales de Raid qui puent, les énormes bouchons sur la 10 ou la 15, les fonds de bière tiédasse et les maringouins gros comme ma tête enflée.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Hé ho, séchez vos pleurs immédiatement ! Car je reviendrai, tel un patient carencé de Louise Sigouin incapable d’accepter sa dualité. Sucré et salé, c’est possible de vivre ça au quotidien sans s’appeler Patrice Bélanger ?

Il est donc temps de vider le carnet de notes pour concocter un touski télévisuel – je déteste cette expression, urgh – avec les ingrédients qui risquent d’être périmés à mon retour.

Débutons avec le deuxième chapitre de la savoureuse comédie noire Dead to Me sur Netflix, Morts à mes yeux 2 en version française doublée. C’est encore meilleur que la première saison, notamment en raison de la justesse du jeu des deux formidables actrices, Christina Applegate et Linda Cardellini. J’ai dévoré d’un coup les dix épisodes d’une trentaine de minutes chacun.

Nous renouons avec les deux « rivalamies » Jen (Christina Applegate) et Judy (Linda Cardellini), peu de temps après les « évènements tragiques » survenus au dernier épisode de la première saison, question de ne pas révéler de punch à ceux qui ne connaissent pas l’univers tordu de Dead to Me.

Agente immobilière sous le joug de son ancienne belle-mère, Jen est encore plus colérique et sarcastique que d’habitude. Ce personnage de mère en deuil, à la recherche de ses repères, est superbe.

PHOTO SAEED ADYANI, FOURNIE PAR NETFLIX

Linda Cardellini et Christina Applegate dans Dead to Me

Dead to Me est à la fois une sitcom aux répliques assassines, un thriller criminel et une série dramatique sur la complexité de l’amitié féminine. Le deuil s’ancre au cœur de ce récit tortueux et ce mélange hétéroclite fonctionne étonnamment bien.

Je reviens sur la minisérie Mon fils du Club illico, qui mérite certainement votre attention cet été. Ce n’est pas léger et aérien, on s’entend. C’est une incursion bouleversante au cœur d’une famille aimante frappée par la schizophrénie.

Le fils du titre de l’émission, c’est Jacob Fortin (percutant Antoine L’Écuyer), 18 ans, cégépien doué, sportif accompli, dont la santé mentale se dégrade au fil des six épisodes d’une heure.

Les textes d’Anne Boyer et de Michel d’Astous regorgent de vérité et d’humanité. Et la réalisation de Mariloup Wolfe est inspirée.

Mention spéciale à Élise Guilbault, qui campe la maman de Jacob, une femme débordée au boulot, qui devra faire le deuil de son fils d’avant. Elle est renversante.

Si vous ne souscrivez pas au Club illico de Vidéotron, sachez que TVA relaiera Mon fils cet automne. On s’en reparle d’ici là.

J’ai entamé cette semaine, avec pratiquement un an de retard, la neuvième et dernière saison de Suits (Les deux font la paire), dont je ne me suis jamais lassé.

Bien sûr, les répliques verbeuses de cette série d’avocats compensent son budget restreint, qui empêche les personnages d’évoluer à l’extérieur.

Dans Suits, vous avez sûrement remarqué que tout se déroule dans des bureaux feutrés ou des appartements bien décorés, mais que voulez-vous ? J’ai adoré Mike Ross, Harvey Specter, Donna Paulsen et même Louis Litt, une tête à claques devenue aimable avec le temps (et les bains de boue).

Les joutes verbales de Suits demeureront un classique. Les manigances, les potins de bureau, les revirements, les procès complexes et les menaces de porter plainte au Barreau : Suits n’a jamais ennuyé ses fans. Et l’ajout de l’avocate requin Samantha Wheel (Katherine Heigl) a complètement fait oublier le départ de la timorée Rachel Zane, jouée par la nouvelle duchesse Meghan Markle.

Avant de vous abandonner, je plaide, une dernière fois, la cause de la poignante série Normal People, offerte sur l’application Gem, le Tou.tv gratuit de la CBC. Les 12 épisodes y ont été déposés et je ne remets pas encore de la finale douce-amère de cette histoire de relation amoureuse compliquée entre deux jeunes adultes.

PHOTO FOURNIE PAR BBC STUDIOS

Daisy Edgar-Jones et Paul Mescal dans Normal People

Normal People suit Connell et Marianne de la fin du secondaire jusqu’à la fin de l’université, entre leur petit village de l’ouest de l’Irlande et la « grande ville » de Dublin.

Au départ, Connell est populaire, tandis que Marianne subit du rejet de la part de ses camarades de classe. Rendus à l’université, les rôles s’inversent, comme c’est souvent le cas.

Au fil des demi-heures, Connell et Marianne sortent ensemble, se séparent, fréquentent d’autres gens, se raccommodent et prennent des décisions déchirantes.

Leur trajectoire, jalonnée de dépression, de violence et de choc de classes sociales, est racontée avec finesse et sensibilité. Les deux jeunes acteurs, Paul Mescal et Daisy Edgar-Jones, crèvent l’écran.

La musique, les silences, les scènes d’intimité réalistes, tout marche dans Normal People. Je vais sans doute revisionner la série tellement elle m’a marqué.

Sur ces belles paroles, je vous souhaite des vacances douces et reposantes. Nous en avons tous besoin. Genre, vraiment.