Le soleil plombait, mercredi matin, sur les installations de la ferme Goulet & filles, à Saint-Chrysostome, où a repris le tournage de 5Rang avec une tonne de précautions et des litres de Purell.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Stations de lavage de mains, équipe de désinfection au taquet, masques, visières, lunettes de protection, plexiglas et spécialiste en COVID-19 sur le plateau, le téléroman agropolicier de Sylvie Lussier et Pierre Poirier a été le premier projet de fiction québécoise à redémarrer la machine.

PHOTO FOURNIE PAR RADIO-CANADA

Maude Guérin dans 5e Rang

« Tout le monde était content de revenir au travail. Mais c’est quand même lourd, il faut le dire. On n’est pas encore habitués. C’est contraignant comme façon de faire. Et c’est certain que c’est plus long comme processus », constate la productrice de 5e Rang, Joanne Forgues, de la boîte Casablanca.

Les techniciens les plus matinaux ont débarqué vers 6 h 30. Seulement cinq acteurs ont participé aux neuf scènes prévues à l’horaire de mercredi : Maude Guérin (Marie-Luce), Ève Duranceau (Marie-Paule), Julie Beauchemin (Marie-Christine), Julie Roussel (Gladys) et Simon Pigeon (Simon).

Comment ça se déroule, concrètement ? Dans les décors intérieurs, les comédiens répètent leurs scènes avec masques et visières. Quand la caméra du réalisateur Christian Laurence s’allume, ils retirent leurs équipements de protection, tout en conservant une distance de deux mètres entre eux.

  • Dans les décors intérieurs, les comédiens répètent leurs scènes avec masques et visières.

    PHOTO FOURNIE PAR LA PRODUCTION

    Dans les décors intérieurs, les comédiens répètent leurs scènes avec masques et visières.

  • Quand la caméra du réalisateur Christian Laurence s’allume, ils retirent leurs équipements de protection, tout en conservant une distance de deux mètres entre eux.

    PHOTO FOURNIE PAR LA PRODUCTION

    Quand la caméra du réalisateur Christian Laurence s’allume, ils retirent leurs équipements de protection, tout en conservant une distance de deux mètres entre eux.

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En temps normal, un épisode d’une heure de 5e Rang s’enregistre en quatre jours et demi. En temps de coronavirus, un épisode se tourne en six jours. Évidemment, cet allongement du temps de travail de 33 % coûtera plus cher. La SODEC devrait éponger une partie des dépassements budgétaires. Radio-Canada et la production se sépareront le reste des frais.

À la coiffure et au maquillage, les artisans ont travaillé comme dans n’importe quel salon de beauté en activité actuellement. Aucun comédien n’a exigé de se peigner ou de s’appliquer du fond de teint lui-même. Ceux qui le voulaient pouvaient prendre leur température, mais ce n’était pas obligatoire.

La production de ce premier épisode pandémique se bouclera le 23 juin. Les tournages recommenceront ensuite à la mi-juillet pour cinq autres épisodes, qui s’ajouteront aux six déjà en banque.

PHOTO FOURNIE PAR LA PRODUCTION

En temps normal, un épisode d’une heure de 5e Rang s’enregistre en quatre jours et demi. En temps de coronavirus, un épisode se tourne en six jours.

Plus ça va aller, plus ça va devenir difficile. À un moment donné, si les règles ne s’assouplissent pas, il faudra tout arrêter.

Joanne Forgues. productrice

Producteur de Discussions avec mes parents, Guillaume Lespérance attend une réponse de la Santé publique pour son projet de confinement des acteurs de sa comédie radio-canadienne. En théorie, François Morency, Vincent Bilodeau et Marie-Ginette Guay auraient dû amorcer leur confinement lundi dans un hôtel montréalais. Mais en l’absence de feu vert du gouvernement, « on est tous en attente », note Guillaume Lespérance.

À TVA, la cinquième saison de L’échappée intégrera la COVID-19 aux intrigues déjà en place à Sainte-Alice-de-Rimouski, ce qui permettra à l’équipe de retourner au boulot à la fin de juillet.

L’heure bleue et le nouveau téléroman Nous, deux séries de TVA chapeautées par Anne Boyer et Michel d’Astous de Duo Productions, n’ont toujours pas annoncé de plan de reprise – ou de début – de leurs tournages.

Écrit par la dramaturge Dominick Parenteau-Lebeuf (Salmigondis, Toc, toc, toc), le téléroman Nous racontera la vie de cinq vingtenaires, tous nés à quelques jours d’intervalle, au même hôpital, que le destin réunira 24 ans après leur naissance, à Montréal. TVA a commandé une première saison de 24 épisodes d’une heure de Nous.

Quant à Alertes, la série dérivée d’Alerte Amber, sa production demeure sur la glace en raison des « deux mètres » de distance imposés sur les plateaux de télévision, qui compliquent drôlement la façon de raconter des histoires.

Pour compenser le retard dans la fabrication de ses téléséries, TVA a tapissé sa grille d’automne de nouvelles émissions de variétés.

Il y aura Bijoux de famille, chauffé par Charles Lafortune, sorte de grand « comedy club » dominical où trois vedettes (dont des humoristes) s’inspireront de la famille pour pousser des gags et en discuter.

Marc Dupré et le directeur musical Fred St-Gelais tiendront les rênes de The Recording Studio (En studio, dans sa version québécoise), format de télé acheté en Australie qui permet à monsieur et à madame Tout-le-Monde d’enregistrer une chanson de façon professionnelle et de l’offrir ensuite à une personne importante dans leur vie.

La suite de La voix 8 jouera également les dimanches de septembre et d’octobre. Révolution 3 a été reporté d’un an et Studio G, annulé.

TVA a aussi acheté À tour de rôles, croisement entre Les enfants de la télé et Viens voir les comédiens, que pilotera Marie-Ève Janvier. Oui, oui, la Marie-Ève Janvier de L’amour est dans le pré de V, qui renonce à son rôle d’entremetteuse fermière après huit ans de loyaux services et plus de 20 enfants nés de rencontres entre deux balades en tracteur.

C’est une belle prise pour TVA, mais une grosse perte pour V. Marie-Ève Janvier chante même la pièce-titre de L’amour est dans le pré. Cette défection a manifestement pris V de court. Pour le moment, aucune décision n’a été prise à propos du remplacement de l’animatrice gagnante d’un prix Gémeaux l’an passé.

Je lance l’idée : pourquoi ne pas tester les habiletés de Katherine Levac aux commandes de cette téléréalité ? L’humoriste a grandi en milieu rural et adore l’émission. Qui sait, elle pourrait insuffler à L’amour est dans le pré le même renouveau qu’a donné Jay du Temple à Occupation double. On jase, bien sûr.