Il n’y a plus de cours de (insérez ici une activité parascolaire ou sportive), pratiquement aucun devoir à faire, et ça se peut que l’on saute l’heure du bain une fois de temps en temps.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

En gros, les Québécois qui ne travaillent pas selon un horaire atypique passent leurs soirées à la maison, confinés et entassés sur le canapé.

À vous lire, vous êtes nombreux à consommer des téléséries de services dits « de contournement » comme Netflix, Club illico, Crave ou l’Extra de Tou.tv. Reste que nombre de téléphiles qui ont des moyens financiers plus limités demeurent fidèles à la bonne vieille télé traditionnelle.

Et quelles émissions regardent-ils en direct depuis le début du mois ? Voici ce que révèlent les cotes d’écoute compilées par l’agence deepblue entre le 6 et le 21 avril.

PHOTO FOURNIE PAR RADIO-CANADA

Isabelle Boulay lors d’un récent passage à Tout le monde en parle

Tout le monde en parle domine le palmarès, toutes catégories confondues, avec une moyenne de 1 139 000 fidèles. La formule dépouillée, qui fait très bien le travail, n’a pas du tout influé sur les « performances » du plateau de Guy A. Lepage.

Le jeu Le tricheur de TVA se hisse en deuxième position avec une audience moyenne de 1 028 000 accros. Ça ne m’étonne pas du tout. Cette demi-heure procure de la pure évasion, du divertissement sympathique sans trace de coronavirus.

Plusieurs d’entre vous changent de poste à la moindre mention des mots COVID-19, CHSLD et pandémie. Je peux comprendre. À un moment donné, il faut se détacher des infos en continu si l’on veut conserver un semblant de santé mentale équilibrée.

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Fabien Cloutier coanime Ça va bien aller à TVA.

L’émission Ça va bien aller de TVA complète le podium avec sa moyenne de 923 000 curieux. Beau succès que cette quotidienne coanimée par Fabien Cloutier et Marie-Soleil Dion et élaborée en moins de 10 jours.

PHOTO FOURNIE PAR RADIO-CANADA

Jean-René Dufort anime Infoman.

Infoman (889 000) prouve encore sa pertinence et ses impressionnants chiffres le démontrent. J’adore Infoman. Il s’agit quasiment d’un service essentiel en ces temps où même la météo merdique réussit à nous faire sacrer.

Non loin derrière, La vraie nature (795 000) tire bien son épingle du jeu. Mauvaise nouvelle, par contre, pour Jean-Philippe Dion et ses convives : TVA a annoncé mercredi que La vraie nature sautait une saison et qu’elle ne reviendrait pas à l’antenne l’an prochain.

Dans les circonstances actuelles, c’est impossible de réunir autant de gens dans un chalet en respectant les règles de distanciation physique. La belle chaloupe passera donc l’été attachée au quai.

Les films que TVA présente les samedis à 19 h (Ciné-Extra) séduisent, en moyenne, 722 000 personnes. C’est très rare que des longs métrages grimpent aussi haut dans un classement télévisuel. Diffuseurs, prenez des notes. En confinement, les films s’avèrent une solution de remplacement intéressante aux séries de fiction.

L’épicerie (704 000), Vlog (701 000) et Ça finit bien la semaine (678 000) conservent leur cadence habituelle. Les trois premiers épisodes des Chefs ! ont été suivis par une moyenne de 640 000 cuisinomanes.

Le talk-show Bonsoir bonsoir ! de Radio-Canada (moyenne : 581 000) a pratiquement doublé ses cotes d’écoute comparativement à ses deux premières semaines de 2019. Un bond spectaculaire.

Toujours à Radio-Canada, les deux premières diffusions de Dans l’œil du dragon ont intéressé 604 000 téléspectateurs, ce qui n’est pas énorme.

Maintenant, combien de gens comme moi suivent la docuréalité Si on s’aimait à TVA ? Les huit premières demi-heures ont été visionnées par 636 000 fans. Honnêtement, cette production vogue de maladresses en malaises, et c’est une expérience télévisuelle quasi psychotronique.

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Mike et Jennifer dans Si on s’aimait, à TVA

Mercredi soir, Jennifer a demandé à son soupirant Mike de prendre une profonde inspiration avant de déballer son sac, car « ça va moins sentir que je suis en train de me faire battre ». Voyons, la citation dramatique !

Rarement a-t-on vu un couple aussi mal assorti, qui donne du fil à retordre à l’experte Louise Sigouin, appelée en urgence pour sauver les meubles.

Intense, hyperactif et verbomoteur, Mike est incapable de s’ajuster à l’énergie — très basse et négative — de Jennifer, qui ne lui donne aucune chance non plus. Au secours. Mes dents grincent en permanence quand Jennifer et Mike apparaissent à l’écran.

Fanny, maintenant. C’est tellement évident que l’arrivée de son nouveau prétendant a été scénarisée de A à Z. Au moins, le courant passe mieux entre Anyck (oui, c’est un garçon) et Fanny. Il y a un minimum d’attraction qui n’existait pas avec Jean-Philippe.

Je doute encore beaucoup des sentiments qu’éprouve la timide Marie-Ève pour le codépendant Jonathan. Il y a un truc qui cloche entre ces deux-là. Quand Marie-Ève se trouve avec sa meilleure amie ou sa mère, elle sort de sa coquille. Quand Jonathan la force à cuisiner ou à subir ses farces plates, elle ressemble à une biche captée par les phares d’un camion sur une route de campagne.

Cette dualité renfermé-apeuré n’apparaît cependant pas dans la liste de Louise Sigouin. Un oubli majeur.