Voici quelques arguments massue qui vous convaincront de regarder The Plot Against America, une brillante minisérie historique de qualité supérieure.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Première raison : c’est le créateur de The Wire (quelle œuvre !), le talentueux David Simon, qui chapeaute cet ambitieux projet historique contenant six épisodes d’une heure.

Deuxième incitatif : The Plot Against America (Le complot contre l’Amérique) dérive du roman éponyme de l’écrivain américain Philip Roth, qui a signé, entre autres, La tache.

Finalement, la lumineuse Winona Ryder y tient un rôle important. 

À la simple lecture de ces renseignements, j’étais vendu. Au visionnement, encore plus. 

HBO et Super Écran diffusent actuellement The Plot Against America. Par contre, en raison de la fermeture des studios de doublage, la version française ne comprend que les sous-titres. Le service Crave de Bell Média offre tout le rattrapage.

Cette série uchronique, donc qui réinvente l’Histoire, démarre en juin 1940. La guerre ravage l’Europe et rien ne stoppe les avancées d’Adolf Hitler. Dans un quartier juif de classe moyenne du New Jersey, la famille nucléaire des Levin s’inquiète – avec raison – de la montée d’un politicien populiste à l’antisémitisme à peine voilé : Charles Lindbergh.

Lindbergh, comme dans l’aviateur Charles Lindbergh. Charmant mais ferme, comme la démagogue Vivienne Rook (Emma Thompson) dans Years and Years, Lindbergh promet qu’il n’engagera jamais les États-Unis dans un conflit qui ne concerne que les Européens.

L’Amérique en premier ! martèle Lindbergh, fan d’Hitler et adepte du dog whistling, un langage codé qui sert à parler à une frange plus radicale des militants sans toutefois offenser la masse.

Habile communicateur, le républicain Charles Lindbergh bat le démocrate Franklin D. Roosevelt aux élections de novembre 1940 et le pays bascule lentement dans le fascisme. Des Américains éméchés entonnent des chants nazis au pub du coin. Des croix gammées apparaissent à la Maison-Blanche.

Des hôtels étoilés de Washington refusent même d’héberger des familles juives, dont plusieurs s’exilent au Canada. Une petite partie de l’intrigue se déroule même à Montréal. On y décèle çà et là des influences de La servante écarlate.

Au quatrième épisode, il y a une scène surréelle où Evelyn Finkel (Winona Ryder), fiancée à un rabbin influent, danse avec Joachim von Ribbentrop lors d’une soirée organisée pour célébrer le pacte de non-agression américano-allemand.

Rappel important ici : Joachim von Ribbentrop a été l’un des principaux criminels de guerre nazis. Il a été pendu à Nuremberg, en 1946. Vous verrez aussi l’antisémite Henry Ford, fondateur du constructeur automobile du même nom, comme secrétaire à l’Intérieur au sein de l’administration Lindbergh.

Il y a plusieurs parallèles à tirer entre l’ascension fictive de Charles Lindbergh et celle (réelle) de Donald Trump, anticipée par Philip Roth pendant l’écriture de son livre, il y a 16 ans.

Avec son sujet d’actualité, sa reconstitution historique minutieuse et ses acteurs chevronnés, The Plot Against America mérite une place sur votre liste de séries à visionner. C’est excellent.

Abstinence ou c’est la pénitence

La superbe villa au bord de la mer accueille d’abord 10 célibataires (cinq hommes, cinq femmes). Ces beautés peu naturelles, qui participent à la nouvelle téléréalité Too Hot to Handle de Netflix (Séduction haute tension, en version française), proviennent du Canada, des États-Unis, de l’Australie ou de l’Angleterre. Tous se décrivent comme des « mannequins » (vraiment ?) ou des « instagrammeuses professionnelles » (soupir).

Une des filles ne sait pas ce qu’est l’Australie. Un des gars dit que sa plus grande fierté, c’est son gros pénis. Bonjour les prix Nobel.

Vous imaginez immédiatement leurs corps fermes, découpés et minces. Tout ce beau monde superficiel, abonné aux relations éphémères, a les hormones dans le tapis et s’attend à un mois de volupté sous les palmiers.

Mais non. On leur annonce qu’à partir de maintenant, le moindre rapprochement leur coûtera cher. Toutes les fois qu’un membre du groupe en embrassera un autre ou conclura la transaction (wink, wink), la production retranchera une part importante de la cagnotte collective de 100 000 $.

PHOTO FOURNIE PAR NETFLIX

Les candidats de la téléréalité Too Hot to Handle, sur Netflix

Oui, les gestes prohibés incluent « l’autosatisfaction ». C’est quoi ça, de l’autosatisfaction ? demandera une des concurrentes, complètement perdue. Ça veut dire se masturber, lui répondra son collègue. Ah.

En cette période de confinement, il n’y a aucun « facteur wow » à voir 10 modèles de Ken et Barbie se retenir ou s’abstenir de sexualité pendant un mois. C’est même pitoyable de les entendre pleurnicher à la caméra : « Pas de sexe, c’est comme si ma mère était morte, je suis trop triste, OMG. »

J’ai vu quatre des huit épisodes de Too Hot to Handle et c’est vraiment moins bon que Love Is Blind. Je m’ennuie quasiment de la voix geignarde de Jessica et du rire gras d’Amber.