Rien de nouveau sous le soleil pour la nouvelle série française Vampires, que Netflix déposera vendredi sur sa plateforme, partout dans le monde.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

C’est du déjà-vu et, bien franchement, c’est assez mauvais, merci. Mais pas mauvais drôle comme Marseille, la meilleure pire télésérie manufacturée en France dans les dernières années. Mauvais comme dans prévisible et peu original. Une resucée, quoi.

PHOTO FOURNIE PAR NETFLIX

Oulaya Amamra et Suzanne Clément dans Vampires, diffusée sur Netflix

C’est dommage pour l’actrice québécoise Suzanne Clément, qui y tient le rôle principal, celui de Martha Radescu, une vampiresse née en 1774 qui habite aujourd’hui à Paris, avec ses quatre grands enfants.

Même si elle donne son « sang pour sang » (ah-ha, bonjour l’école de l’humour), c’est difficile pour Suzanne Clément de briller avec un scénario aussi ordinaire.

Situation similaire pour le comédien québécois Aliocha Schneider, également dans la distribution de Vampires. Il fait du mieux qu’il peut avec le matériel bancal qui lui a été fourni.

Au moins, la très bonne minisérie britannique Dracula, toujours offerte sur Netflix, rehaussait ce genre si souvent exploité à la télé et au cinéma. 

La série française Vampires, qui compte six épisodes d’une heure, s’enfonce dans les clichés et les emballe dans une musique sirupeuse digne d’un soap d’après-midi.

L’histoire, maintenant. La pâle Martha Radescu (Suzanne Clément) et sa famille blafarde vivent cachées du soleil et de leurs confrères à crocs. Car depuis la mort de son mari, la recluse Martha a tranché les liens avec la puissante famille Nemeth, qui règne sur cette dynastie venue de Transylvanie. Il y a donc un gros caillot de coincé entre ces deux clans rivaux.

Il faut aussi savoir ceci : les deux aînés Radescu (Rad et Irina) vivent de nuit et mordent dans des cous d’animaux pour se nourrir. Les deux plus jeunes (Andrea et Doïna), non. Grâce à des médicaments mystérieux, ils mènent des vies quasi normales, fréquentent le lycée et ne fondent pas au moindre rayon de lumière.

Tout ça change quand la rebelle Doïna (Oulaya Amamra), 16 ans, se découvre des pouvoirs insoupçonnés. Serait-elle une créature hybride, mi-vampire, mi-humaine ? Divulgâcheur : oui, la belle Doïna voyage entre ces deux mondes, ce qui suscite curiosité et envie pour cette concubine de l’hémoglobine.

Vampires passe alors en mode « série pour ados », quelque part entre Riverdale, Degrassi et Buffy. Les personnages parlent entre eux comme dans une chanson d’Aya Nakamura. Ouais, c’est pas trop mon délire. Putain, mais tu déconnes ? Ça va, meuf, calme-toi.

Aliocha Schneider campe Ladislas Nemeth, un vampire de l’aristocratie qui se balade en peignoir de soie et qui aime faire la fête, pardon, qui aime faire la teuf. Un simili Chuck Bass de Gossip Girl, mais qui remplit son flasque d’un liquide rouge tout sauf léger.

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Aliocha Schneider et Oulaya Amamra dans Vampires, diffusée sur Netflix

Il y a aussi plusieurs scènes ridicules où Martha se confectionne un costume de type burqa pour sortir à l’extérieur sans cramer au soleil. C’en est presque gênant.

Bref, à moins d’avoir fait le tour de Netflix au complet, les épisodes de Vampires ne méritent pas d’être transfusés dans votre système. Après trois épisodes, j’ai caillé. Fin des blagues pigées dans l’œuvre de Bram Stoker. Promis, juré, croqué.

Le point sur notre télé

Tour d’horizon rapide de ce qui a été décidé dans le monde de la télé québécoise mercredi. D’abord, c’est officiel, c’est fini pour District 31. Les tournages ont été annulés et personne ne sait quand ils reprendront. La saison actuelle se terminera donc à Radio-Canada le jeudi 2 avril.

En plus des trois acteurs en quarantaine (Michel Charette, Catherine St-Laurent et Geneviève Schmidt), on apprend que Gildor Roy a aussi été indisposé, donc pas disponible pour travailler. Rassurez-vous : le commandant Chiasson n’a pas contracté la COVID-19.

En direct de l’univers prend une pause. Radio-Canada diffusera des reprises pour les deux prochaines semaines avec Jay Du Temple (21 mars) et Guylaine Tanguay (28 mars).

Pour l’instant, Tout le monde en parle demeure dans la grille de dimanche, avec une présentation en direct à 20 h.

Par contre, l’émission quotidienne On va se le dire de Sébastien Diaz s’arrête. L’épisode de jeudi, le dernier, a été enregistré la veille.

Marie-France Bazzo a reporté les tournages de Y’a du monde à messe, qui devaient démarrer jeudi soir. Pour « des raisons évidentes de solidarité sociale et de santé », a précisé la productrice du grand plateau de Télé-Québec. Deux hommes en or se place également en quarantaine. Les deux derniers épisodes sont remis à plus tard.

TVA a mis fin à la saison actuelle de J.E. pour redéployer les effectifs sur la couverture de la pandémie. La production de la série Six degrés de Simon Boulerice, destinée à Radio-Canada, a été stoppée. En gros, à peu près tout se met en mode avion, à part les services de nouvelles.