Voilà, j’écris désormais comme l’algorithme de Netflix. Vous raffolez de séries policières gothiques à la True Detective (saisons 1 et 3, pas la 2, au secours), vous appréciez le rythme lent et hypnotisant d’intrigues complexes comme celle de The Night Of ? Vous devez voir The Outsider, la dernière offrande en ce qui concerne les téléséries dites de prestige.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Crave, Super Écran et HBO Canada offrent actuellement — en français et en anglais — 5 des 10 épisodes de The Outsider, qui dérive d’un roman du maître Stephen King, publié en 2018. Un épisode supplémentaire s’ajoutera par la suite tous les dimanches.

PHOTO FOURNIE PAR CRAVE

Vous devez voir The Outsider, la dernière offrande en ce qui concerne les téléséries dites de prestige, selon notre chroniqueur.

C’est sombre, sinistre, mais envoûtant, je vous avertis. Rien pour guérir un blues hivernal.

Évidemment, qui dit Stephen King, dit aussi « horreur » et « surnaturel ». The Outsider, L’outsider en version française, incorpore habilement ces deux éléments à une enquête policière traditionnelle qui débute à Cherokee City, dans l’État de la Géorgie.

Un promeneur de chien découvre le corps atrocement mutilé d’un garçon de 10 ans, qui a également été violé. Rapidement, les flics locaux épinglent un suspect : un prof d’anglais aimé de tous, Terry Maitland (Jason Bateman), qui entraîne aussi l’équipe de baseball locale.

Onde de choc dans la communauté. Comment un bon gars comme Terry a-t-il pu perpétrer un crime aussi révoltant ?

L’ADN de Terry, lui-même père de deux enfants, a été retrouvé partout sur le cadavre. Le jour de l’assassinat, des témoins ont vu Terry errer dans la ville le visage barbouillé de sang. Et des caméras de surveillance ont capté Terry dans des vêtements tachés du sang de sa jeune victime.

Pourtant, Terry possède un alibi béton. Le jour du drame, il assistait à une conférence scolaire à plus de 100 km des lieux du meurtre. 

Terry a dormi à l’hôtel, ce que confirment, encore une fois, des caméras de surveillance.

L’enquêteur Ralph Anderson (Ben Mendelsohn, si bon dans Bloodline) se heurte à un mur. Comment le même homme, qui n’a pas de frère jumeau, peut-il avoir été vu à deux endroits différents, en même temps ? The Outsider emprunte ici un tournant paranormal, et n’évite pas les quelques nids-de-poule sur son passage. Mais ce n’est rien de trop dérangeant.

Une deuxième détective, Holly Gibney (Cynthia Erivo du film Harriet), obsédée par les chiffres, débarque au troisième épisode et vole la vedette. Elle privilégie une piste moins pragmatique que son collègue Ralph. À titre de comparaison, Holly est plus Fox Mulder, tandis que Ralph ressemble à la pragmatique Dana Scully dans les X-Files.

L’obsession des détails (une coupure au poignet, notamment) atteint un niveau à la limite du tolérable au quatrième épisode, qui débloque heureusement sur une piste plus prometteuse.

Avec ses images bleutées, très années 70, la facture visuelle de The Outsider s’apparente à celle de Sharp Objects de Jean-Marc Vallée.

Avis aux amateurs de polars : l’écrivain Dennis Lehane (Mystic River, Gone, Baby, Gone) a collaboré à l’écriture des épisodes de The Outsider. Difficile de réunir plus de talent dans une même production, non ?

Record pour le Super Bowl !

Merci, Laurent Duvernay-Tardif. La présence du joueur québécois au Super Bowl de dimanche soir a permis à la chaîne RDS de fracasser un record d’écoute. Entre 18 h 36 et 22 h 16, le match opposant les Chiefs de Kansas City aux 49ers de San Francisco a été visionné par une moyenne de 1 643 000 fans.

C’est 600 000 de plus que l’ancienne marque (1 002 000) établie en 2017. Cela nous prouve que la télé en direct, malgré l’arrivée de tous les services de contournement, conserve son pouvoir d’attraction dans les moments cruciaux.

PHOTO MIKE BLAKE, REUTERS

Laurent Duvernay-Tardif

Sur le réseau anglais, 753 000 amateurs francophones ont vu la même partie sur CTV, pendant près de 3 h 40 min. Vraiment, ces chiffres d’écoute impressionnent : 2 396 000 téléspectateurs francophones pour un Super Bowl, c’est du jamais vu. L’avant-match sur RDS (605 000) et l’après-match (974 000) ont aussi très bien fonctionné.

L’an passé, le Super Bowl avait rassemblé 982 000 sportifs de salon devant leur poste de télévision. Le football a éclipsé Tout le monde en parle à Radio-Canada, qui a dégringolé à 791 000 curieux. À TVA, La magie des stars (548 000), LOL (507 000) et Vlog (499 000) ont aussi souffert de la présence de Laurent Duvernay-Tardif à la grand-messe du football américain.

En après-midi, le Canadien de Montréal a attiré 590 000 personnes sur TVA Sports.