Kim Thúy adore recevoir, souvent à l’improviste. De la famille. Des amis. Des amis d’amis. Sa charmante maison du Vieux-Longueuil grouille toujours de convives qui placotent et s’enflamment autour d’une soupe vietnamienne, en version sèche.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Une soupe sèche, oui, oui. Le bouillon parfumé est servi dans un bol différent de celui qui contient vermicelles, tendons et légumes craquants. Une bouchée de solide, une gorgée de liquide. Et on répète les étapes.

Les célèbres soupers de l’écrivaine ont été filmés cet automne et découpés en six épisodes d’une heure. L’émission s’appelle La table de Kim et elle s’envole le vendredi 3 janvier à 20 h sur ICI ARTV.

PHOTO FANNY LAF-JAC, FOURNIE PAR ICI RADIO-CANADA

Kim Thúy

L’écrivaine, qui a publié les romans Ru, Mãn et Vi, a aussi, au début des années 2000, exploité le restaurant Ru de Nam, rue Notre-Dame Ouest, dans l’espace aujourd’hui occupé par le Liverpool House, une propriété du groupe Joe Beef.

Hier midi, pour présenter son premier projet télé en solo, Kim Thúy a reçu les journalistes au restaurant de quartier de l’une de ses amies, le Phuong Thao, rue Bélanger, coin 10Avenue, dans le quartier Rosemont. L’extérieur ne paie pas de mine, mais on y sert une cuisine goûteuse et généreuse.

C’est une adresse à découvrir. Belle, bonne, pas chère, où vous pouvez apporter votre vin. Kim Thúy recommande la soupe aux bourgots. Fin de la chronique gourmande.

Maintenant, ça ressemble à quoi, La table de Kim ? Super simple. Dans sa vraie maison, qui est magnifique, Kim Thúy invite quatre personnes à manger, quatre personnes qui ne se connaissent pas nécessairement. Pensez à un dérivé de Curieux Bégin, mais sans les recettes et les caisses d’alcool.

Même si Kim Thúy popote très bien, elle ne passe pas les épisodes aux fourneaux, même si ç’aurait été vraiment intéressant de la voir préparer des plats. Elle agit plutôt en hôtesse. Un chef s’occupe de garnir la table et les parents de Kim, qui habitent la porte d’à côté, s’immiscent parfois pour donner un coup de main.

C’est donc Kim Thúy qui dirige les conversations, de façon fluide et naturelle, sans carton ou télésouffleur. Elle est naturelle, curieuse, charmante et pétillante. Elle ne feint rien : elle s’intéresse véritablement aux gens assis chez elle.

Le premier épisode réunit Anne Dorval, l’historienne Évelyne Ferron, l’auteure-compositrice-interprète Elisapie Isaac ainsi que le chef d’orchestre Jean-François Rivest.

PHOTO FOURNIE PAR ICI RADIO-CANADA

Anne Dorval et Kim Thúy 

Il n’y a pas de thème précis aux épisodes. C’est peut-être là que les drapeaux rouges se lèvent. Les conversations partent dans plusieurs directions et on s’y perd parfois. Une ligne directrice claire aurait évité cet éparpillement.

Quand elle parle des bols ayant appartenu à ses grands-parents, de la fabrication d’un bon bouillon vietnamien, de son thé centenaire ou du jardin de sa maman, Kim Thúy est captivante. On l’écouterait pendant des heures. Les anecdotes de ses compagnons de table ne captivent pas autant, hélas…

C’est toujours casse-cou de bien rendre à la télé l’ambiance d’un dîner mondain. Thierry Ardisson l’a fait au 93, rue du Faubourg-Saint-Honoré pendant quatre ans. Au Québec, la version de ce concept français, rebaptisé le 3950, a fait long feu avec Luck Mervil sur TV5.

Contrairement à Ardisson, Kim Thúy s’éloigne de la controverse, du décor rococo et des rivières de champagne. Elle accueille de façon simple, sympathique et décontractée. Il manque juste une étincelle pour attiser la tablée.

Au fil des semaines, l’écrivaine accueillera René Richard Cyr, Louise Deschâtelets, Michel Rivard, Virginie Fortin, Natasha Kanapé-Fontaine, Luc Dionne et Pierre-Yves Lord, entre autres.

Sainte Nancy Riopelle

PHOTO KARLJESSY, FOURNIE PAR ICI RADIO-CANADA

Geneviève Schmidt dans District 31

Y croyez-vous à la conversion draconienne de la hargneuse Nancy Riopelle (Geneviève Schmidt) dans District 31 ? Pas moi. Nancy ne fume plus, Nancy ne boit plus de vin de dépanneur et Nancy a même soupé avec son ennemi juré Bruno Gagné (Michel Charette) pour enterrer la hache de guerre. Wo, minute.

C’est louche, extrêmement louche, tout ça. Cette mère de famille monoparentale — un personnage fascinant, soit dit en passant — a passé l’automne à torturer le sergent-détective Gagné. Pourquoi, tout d’un coup, aurait-elle bu le Kool-aid de la gentillesse et de la compassion ?

Selon mes espions, la Riopelle nous réserve une énorme surprise jeudi soir, pour la grande finale de mi-saison de District 31. Une surprise qui expliquera son changement d’attitude envers Bruno, qui n’a pas fini d’en baver, paraît-il. Sortez le café instantané et dégustez !