L’explosion de popularité de l’émission Tchernobyl (excusez-la) a ravivé un genre beaucoup moins exploité à la télé qu’au cinéma : la série catastrophe.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Car des longs métrages à propos de désastres planétaires ou de maladies rares qui dissolvent les organes internes en moins de huit secondes, il y en a eu des tonnes, comme 12 Monkeys, 28 Days Later, Blindness, World War Z, Outbreak ou Contagion.

Mais le catalogue de téléséries à propos de pandémies dévastatrices ne renferme pas autant de titres intéressants. Il y a The Rain sur Netflix, il y a The Strain sur FX et Z. En étirant les critères d’admissibilité, on peut ajouter à cette courte liste The Walking Dead, relayée par AMC et AddikTV.

PHOTO FOURNIE PAR TVA

Dans Épidémie, nouvelle production de TVA, Julie Le Breton campe la protagoniste, l’infectiologue Anne-Marie Leclerc.

Au Québec, nous avons surtout eu droit à des séries qui ont été des catastrophes (Le jeu, notamment) plutôt que des séries catastrophes comme telles.

TVA tâte du genre risqué avec sa nouvelle production Épidémie, qui démarre le mardi 7 janvier, à 21 h. Le titre encapsule bien cette affaire médico-dramatique, écrite par Annie Piérard, Bernard Dansereau et leur fils Étienne Piérard-Dansereau, le trio derrière L’imposteur.

Un virus mortel se propage à Montréal et s’attaque d’abord à des sans-abri autochtones, une clientèle vulnérable, qui vit en marge du système de santé. Toux creuse, étourdissements et sueurs, la maladie, qui s’apparente à une vilaine grippe, tue en moins de deux semaines.

Honnêtement, je m’attendais à une série plus paniquée, plus sanguinolente, plus paranoïaque, où les personnages tombent comme des mouches en crachant des morceaux de poumons. Alerte de type Ebola ! Pénurie de masques respiratoires ! Fermez vos fenêtres, arrrgh !

Les 2 premiers épisodes (sur un total de 10) montrent plutôt un récit qui ratisse très large, peut-être trop.

Comme s’il fallait greffer une foule d’autres enjeux sociaux autour de l’infection meurtrière, de peur de perdre les téléspectateurs réfractaires aux histoires de patients dont les yeux fondent au contact du virus.

Par exemple, une vlogueuse, jouée par Eve Landry, filme chacune des étapes de sa procréation assistée. Bonus : l’influenceuse porte le futur enfant du ministre de la Sécurité publique (Guillaume Cyr) et de son conjoint (Félix-Antoine Tremblay).

Épidémie s’attarde également au phénomène de l’itinérance au sein de la communauté inuite. Plusieurs dialogues se disent d’ailleurs en inuktitut, avec sous-titres en français.

De plus, le personnage principal d’Épidémie, l’infectiologue Anne-Marie Leclerc (Julie Le Breton), femme cartésienne, vit des moments difficiles à la maison. Son mari urgentologue (Gabriel Sabourin) lui cache des trucs de stade important, disons.

Le niveau de suspense d’Épidémie n’atteint pas celui de La faille. Du moins, pas dans les deux épisodes que j’ai vus hier. La première heure, entrecoupée de séquences où des gens se lavent les mains de façon ultra-efficace, décolle lentement. À la fin de la deuxième heure, on sent davantage le danger qui menace la population québécoise, mais pas assez.

J’aurais aimé qu’Épidémie se répande plus vite, qu’elle exploite à fond son côté « film de peur », qu’elle joue avec nos nerfs. Un peu comme à l’époque où le Québec frissonnait devant l’arrivée imminente de la grippe H1N1.

Peut-être que c’est ce qui nous guette dans les huit autres épisodes. Faudra revenir prendre la température du patient et réévaluer ses symptômes cet hiver.

La distribution d’Épidémie comprend Mélissa Désormeaux-Poulin, qui campe une urgentologue dévouée et indépendante, qui se retrouvera au front de la lutte contre la mystérieuse peste pulmonaire.

Gilles Renaud a décroché un petit rôle ô combien important dans la chaîne des évènements. Impossible d’en révéler davantage, cependant.

Diagnostic final d’Épidémie ? Série bien jouée, réalisée habilement par Yan Lanouette Turgeon (Les pays d’en haut, L’imposteur), mais qui manque d’adrénaline. Ça prendrait une injection STAT !

La faille s’ouvre !

PHOTO TIRÉE DU COMPTE INSTAGRAM @CLUBILLICO

Maripier Morin incarne Sophie dans la série La faille.

Si je me fie à vos montagnes de messages, autant sur Facebook que dans ma boîte courriel, vous avez été nombreux à dévorer la minisérie policière La faille du Club illico ce week-end. Et je vous comprends tellement. C’est excellent.

J’ai englouti le huitième et dernier épisode dimanche soir en ressentant un petit pincement. Quoi ? C’est déjà fini ? Il n’y a plus rien à se mettre sous la dent ?

Heureusement, la deuxième saison de La faille a déjà été commandée, mais ne se déroulera pas à Fermont. J’espère que la prochaine enquête de la sergente-détective Céline Trudeau (Isabel Richer) s’ancrera encore à l’hiver. L’aspect nordique de La faille est au cœur de son identité. Et il faut la préserver.