Suivez-vous encore 5e Rang ? Obsédez-vous sur le maquillage turquoise de la cassante Francine (Muriel Dutil) ? Gagez-vous sur le nombre de fois par épisode où les personnages prononceront les mots « enclos à cochons » et « ferme biologique » ?

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Mangez-vous vos filets de porc en croûte de sel, comme le réputé chef Pascal Faubert (Antoine Durand) ?

Avec sa moyenne d’un million de fidèles, le téléroman de Radio-Canada fonctionne très bien. Pour une raison que j’ignore, peut-être la nouvelle table régionale du Carré Vert, je suis incapable d’arrêter de regarder 5e Rang.

Parce que la mort du pauvre Guy Bérubé (Bobby Beshro) n’a pas encore été élucidée. Parce que l’assassinat de la belle chanteuse Carole n’a pas été résolu non plus. Et parce qu’un troisième meurtre, celui de la prostituée Laura (Léa Girard-Nadeau), secoue la petite municipalité de Valmont.

Fred (Maxim Gaudette), le seul policier de l’endroit, ne se sortira jamais de ce bourbier. Heureusement que sa perspicace adjointe Gladys (Julie Roussel) le dépanne en fouinant partout.

En fait, 5e Rang combine deux émissions en une seule. L’aspect plus vaudeville met en scène les commères Sam et Joe (Roger La Rue et Michel Laperrière), la cuisinière mal engueulée Clothilde (Frédérike Bédard), la belle-mère Francine, la secrétaire Gladys, le joggeur malchanceux et même l’artiste flyée Marie-Paule (Ève Duranceau).

On dirait toutefois que ces personnages plus burlesques de 5e Rang n’habitent pas le même village que la famille et les voisins de Marie-Luce (Maude Guérin). Leurs deux univers se cognent, sans bien se mélanger. Comme de l’huile et de l’eau.

Entre le volet fermier et celui meurtrier de 5e Rang, je préfère le deuxième. L’enquête sur la disparition de Carole, les magouilles de Vince (Francisco Randez) avec le garagiste Paul (Luc Senay), le commerce illégal de Jean-Michel (Frédéric Millaire-Zouvi) et la guerre sans merci entre Réginald (Maxime de Cotret) et Charles (François Papineau), ça débouche sur de la bonne télé, bien réalisée.

Dès que ça jase de laiterie, d’optimisation de la ferme, de légumes bio et des beaux produits à vendre au kiosque du marché régional, je décroche. Niveau d’intérêt : zéro.

Heureusement, lors de la finale de mi-saison diffusée mardi soir à Radio-Canada, les auteurs Sylvie Lussier et Pierre Poirier ont enfin bouclé l’intrigue du testament qui s’éternisait. Merci pour ça.

La télé sort peu souvent de Montréal et c’est agréable de visiter la campagne de 5e Rang. Les personnages de Réginald, sa grand-mère Monique (Sophie Clément) ainsi que le bum Jean-Michel comptent parmi mes préférés. À l’opposé, la revêche Marie-Jeanne (Catherine Renaud) et la plaignarde Julie (Marie-Ève Milot) me tapent sur le chou, pour rester dans le domaine de l’agriculture (bio, évidemment).

L’heure bleue et District 31

Du côté de L’heure bleue à TVA, l’identité de l’amoureuse mystérieuse de Michel (Mustapha Aramis) ne fait plus vraiment de doute, il me semble. Il s’agit de Carole (Sylvie-Catherine Beaudoin), la mère de son coloc Jules (Frédéric Lemay).

Tous les indices convergent vers cette hypothèse. Célibataire depuis longtemps, Carole désire vendre sa grande maison à Sherbrooke et se rapprocher, on l’imagine, de la ville. Lors d’une récente visite à l’appartement montréalais des colocs, la maman de Jules resplendissait de bonheur. Il y avait du Michel là-dessous, faut croire.

Ça tombe sous le sens que Michel et Carole protègent leur secret. D’abord, pour la différence d’âge entre eux, mais surtout pour Jules, qui vit avec un syndrome d’Asperger. Le moindre changement à la routine de Jules lui cause de l’anxiété.

Imaginez comment Jules réagira quand il apprendra que son meilleur ami couche avec sa mère. Il risque de ne pas trouver ça très rigolo.

Toujours dans L’heure bleue, il faut envoyer des fleurs à Anne Boyer et Michel d’Astous, qui ont écrit une très belle scène de baptême (celui de Charlot) en y incorporant des rites empruntés au judaïsme, à l’islam, au christianisme et à la culture autochtone.

Chez District 31 à Radio-Canada, merci au scénariste Luc Dionne d’avoir ramené la travailleuse du sexe Virginie Francoeur (Catherine-Audrey Lachapelle), alias la belle Nancy, dans les intrigues. On s’ennuyait d’elle. Quel personnage truculent et attachant.

Aussi, on sent que Stéphane Pouliot (Sébastien Delorme) commence enfin à percer le mystère du policier pas fiable Nick Romano (Mathieu Baron). Contrairement à Kevin d’Occupation double, qui a perdu tous ses pouvoirs en se rasant la moustache, notre Poupou semble avoir gagné en perspicacité en passant chez le barbier !