(Montréal) Julie Snyder a pensé qu’elle ne reviendrait jamais à la télévision. Mais elle sera bel et bien sur les petits écrans du Québec dès janvier et pour son grand retour, la chaîne V a mis le paquet pour un talk-show quotidien en soirée, qui veut se distinguer de la formule classique.

Stéphanie Marin
La Presse canadienne

« Je te dirais qu’on revient de loin et que maintenant, on voit loin », a-t-elle confié lors d’une table ronde à Montréal, mardi, après le lancement de son émission qui sera en ondes dès janvier et qui s’appellera La semaine des 4 Julie.

L’animatrice bien connue vient de passer trois ans loin des caméras télé et elle n’avait pas tenu la barre d’un talk-show depuis 20 ans. Récemment, sa compagnie « Productions J » a connu des difficultés et elle s’est investie pour la remettre sur pied.

« J’ai pensé que je ne reviendrais pas pour vous le dire bien franchement », a-t-elle déclaré. « Je n’avais pas de pare-brise à un moment donné. Pas de “wipers”, puis il neigeait et j’essayais de sortir ma tête pour voir si j’étais sur le bon chemin », a-t-elle illustré.

Pour son retour à la télévision, son chemin a été celui de Groupe V Média, qui produit l’émission qui sera enregistrée devant public.

« V c’est une télévision divertissante, une télévision rassembleuse, qui fait jaser », a lancé Brigitte Vincent, vice-présidente contenu du groupe, présente lors du lancement. « Et Julie incarne en tous points l’ADN de la chaîne. »

Celle qui a été surnommée « la démone » recevra en moyenne cinq invités par émission. Si certains seront en studio, d’autres seront présentés par des extraits filmés à l’avance sur le terrain, comme ce segment où les téléspectateurs pourront la voir dans une cage à lions, en Afrique du Sud.

Ce ne sera donc pas uniquement une série d’invités qui prendront place l’un après l’autre dans un fauteuil à ses côtés sur un plateau télé, promet l’équipe.

Une « armée de collaborateurs » apporteront leur touche, soit pour parler de la culture hip-hop, pour « parodier l’actualité en chanson », pour expliquer les tendances web et en sillonnant le Québec à la recherche du « Québec original », pour trouver et aller à la rencontre de ces gens qui sortent de l’ordinaire.

Car l’animatrice promet de présenter de nouveaux visages et d’explorer de nouveaux sujets, bref, d’aller au-delà du monde du divertissement. Parfois, les Québécois se plaignent de toujours voir les mêmes visages à la télé, a-t-elle dit : « on doit avoir d’autres propositions pour le public ».

Et puis, Julie « aime raconter des histoires ». Certaines seront drôles, d’autres touchantes et certaines plus sérieuses, a-t-elle expliqué.

Après tous ceux qui ont été en ondes au cours des années, comment est-il possible de réinventer le talk-show ? Cela dépend de la façon dont tu racontes les choses et les expériences que tu fais vivre aux gens, a renchéri Stéphane Laporte, son collaborateur de longue date qui est concepteur de l’émission et producteur associé.

La principale intéressée, elle, se dit très heureuse de reprendre le micro d’un talk-show.

« Je suis comme un cheval qui rentre à l’écurie après avoir traversé le désert », a-t-elle lancé mardi matin.

L’animatrice s’était fait connaître avec son émission déjantée L’enfer c’est nous autres, mais aussi par Le poing JLe banquierStar Académie et L’été Indien, parmi d’autres.