Du « crossage » de dindons (leur expression, pas la mienne). Une ex-star de la pop sans le sou. Un fou furieux qui sort de prison avec des idées noires de vengeance. Un tunnel artisanal secret. Un cadavre placé en plein centre d’un agroglyphe.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Et la brave policière Constance Forest (Isabelle Blais), qui tente de relier tous ces incidents bizarres qui secouent la couronne nord de Montréal.

La troisième saison de Faits divers, qui atterrit jeudi sur l’Extra de Tou.tv, ne déçoit pas une seule seconde. C’est toujours aussi rigolo, absurde, éclaté, touffu et accrocheur. Quelle excellente série. C’est du bonbon à regarder.

En grande forme, l’auteure Joanne Arseneau a inventé de nouveaux personnages flamboyants, en plus de ramener nos flics chouchous du poste CSI Mascouche, soit le sympathique Jonas (Maxime Mailloux), le beige Fred (Émile Proulx-Cloutier) ainsi que le baveux Antoine (Fred-Éric Salvail). Bonus : oui, le truculent Yvan-Gilles Savard (Jean-Pierre Bergeron) revient, pour notre plus grand plaisir, dans cette histoire abracadabrante, juste assez dense.

PHOTO SGAUVIN, FOURNIE PAR ICI RADIO-CANADA

Éric Robidoux dans la troisième saison de Faits divers

Deux personnages sortent nettement du lot : le dangereux Marc Laveau (méconnaissable Stéphane Demers), un psychopathe au crâne rasé, de même que le nigaud Kevin Fontaine (excellent Éric Robidoux), l’ex-guitariste d’un groupe québécois des années 90 du style des B.B.

Disons que l’ex bellâtre Kevin Fontaine, ruiné et déprimé sexuellement, n’est pas le tube le plus fluorescent du lit de bronzage. C’est exactement pour cette raison que Kevin devient crucial dans Faits divers, qui s’enfonce de nouveau dans des crimes joyeusement désorganisés.

Il suffit qu’une personne commette une gaffe — et qu’elle tente de la réparer — pour déclencher une série d’évènements aussi loufoques que sanguinolents.

De son côté, l’inquiétant Marc Laveau, emprisonné pour du trafic de cocaïne, a tissé des liens louches avec plusieurs habitants de Mascouche, dont le fendant Denis Fontaine (Steve Laplante), frère de Kevin et propriétaire d’une grosse ferme d’élevage de dindons.

C’est sur le terrain de la ferme Fontaine que la police retrouve le cadavre de Benoît Charron (Blaise Tardif), propriétaire d’un parc de camions et adepte d’ufologie avec son intense femme, Kathleen (étonnante Brigitte Lafleur).

Maintenant, qu’est-ce qui unit le sperme des dindons, une chanson de Marillion, des caisses de laitue, un ancien caïd de la drogue, un enlèvement par des extraterrestres et un spécialiste américain des ovnis ? À vous de le découvrir. En deux épisodes, Faits divers visite une animalerie, une salle de conférence d’hôtel, un repaire de sextorqueurs, un bar miteux et même un tunnel à la Shawshank Redemption. C’est savoureux.

Ah oui, le grand patron de Fred et d’Antoine, joué par Daniel Brière, débarque dans cette enquête complexe et ça ne sent pas bon. Le pauvre Sylvain Lauzon (Patrick Hivon) y trempe également, mais pour des raisons plus nobles, disons.

L’action de Faits divers 3, qui ne compte que six épisodes d’une heure, démarre deux mois après la fin du deuxième chapitre. À la télé régulière de Radio-Canada, Faits divers 3 jouera à la mi-février, tout de suite après la diffusion des six épisodes des Pays d’en haut 5.

Si vous avez aimé les deux premières tranches de Faits divers, il n’y a aucune raison que vous ne flanchiez pas pour la suite. C’est de la télé intelligente, compacte et captivante, qui ne prend pas ses fans pour des dindes, dindes, dindes, pour paraphraser Roland Hi ! Ha ! Tremblay.

Bataille du dimanche

C’est encore très chaud dans la bataille des cotes d’écoute du dimanche. Tout le monde en parle à Radio-Canada (1 182 000) et Révolution de TVA (1 102 000) demeurent quasiment à égalité.

Parenthèse sur Tout le monde en parle. Un segment sur la dépendance aux jeux vidéo (avec Yohan Morin, Marco Richard et Alexandre Champagne) a été tourné jeudi soir, mais a été retranché du montage final que nous avons visionné dimanche. Pourquoi ?

Il s’agit d’un choix éditorial, affirment Radio-Canada et le producteur de l’émission, Guillaume Lespérance. Et ça implique quoi, ce choix éditorial ? Peut-être que l’entrevue a été mauvaise, peut-être que le sujet n’intéressait plus l’animateur, difficile à déterminer.

Toujours dimanche, le Studio G de Maripier Morin s’est stabilisé (764 000), tandis qu’Occupation double  (660 000) a filé devant Vlog  (625 000). V peut donc claironner : c’est chez nous, ici, c’est chez nous !