Bon, c’est quoi ? Une autre série hétéronormative qui ne met en vedette que des hommes cisgenres, genre ?

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Oui et non. La nouvelle comédie Les mecs du scénariste Jacques Davidts (Les Parent), qui sera offerte le printemps prochain sur l’Extra de Tou.tv, suivra quatre vieux amis dans la cinquantaine pas nécessairement « woke » ni guerriers de la justice sociale, les célèbres « social justice warriors » (SJW).

« Ces gars-là se rendent compte qu’il y a plus d’années derrière eux que devant. Sans être rétrogrades, ce sont des hommes de leur génération. Ce sont des gars qui ressemblent à bien d’autres gars. Il ne s’agit pas d’imbéciles », décrit Jacques Davidts, qui s’est inspiré de sa propre bande de potes pour pondre Les mecs.

PHOTO FOURNIE PAR ICI RADIO-CANADA

Yanic Truesdale, Christian Bégin, Alexis Martin et Normand Daneau forment le quatuor de comédiens dans Les mecs.

L’auteur ajoute : « J’ai raconté la vie de mes enfants dans Les Parent. Là, c’est mon histoire. »

En filigrane, on sent que le quatuor de quinquagénaires des Mecs se gâtera à propos du patriarcat ou des toilettes non genrées. C’est un filon qui regorge de potentiel. Car le milieu télévisuel marche sur des œufs à propos de tout ce qui touche à la diversité sexuelle ou culturelle. Attention, terrain à la fois miné et glissant.

Peut-être que Les mecs, réalisée par Ricardo Trogi (Les Simone), ramènera le balancier de la rectitude politique quelque part au centre, loin des extrêmes ?

Car entre le féminisme intersectionnel radical et les mononcles cochons aux mains graisseuses, il existe un entre-deux modéré, où le gros bon sens s’applique encore.

C’est dans cette zone tampon qu’évolueront le prof d’université Christian Laliberté (Christian Bégin), le traducteur à la pige Simon Letendre (Alexis Martin), le fonctionnaire Martin Lamoureux (Normand Daneau) et le propriétaire d’une salle de sport haut de gamme Étienne Lebeau (Yanic Truesdale).

Des quatre, seul le fonctionnaire Martin vit encore en couple avec sa Sophie (Nathalie Malette). Ils habitent en banlieue et leur fille Charlotte étudie en sexologie.

Lynda Johnson jouera l’ex-conjointe de Simon, le traducteur peu vaillant. Célibataire, Étienne rêve de s’endormir aux côtés de son prince charmant et, qui sait, fonder une famille. Et il y a Christian, plutôt satisfait de son statut d’électron libre.

Les quatre boys se réunissent toujours au bar de Noémie (Julie Ménard), où ils abordent des sujets tabous, débitent des énormités ou se confortent dans leurs préjugés. C’est la propriétaire de l’endroit qui recadrera régulièrement leurs discussions.

Les mecs comprendra 10 épisodes de 30 minutes. Contrairement aux Parent, cette comédie ne consistera pas en un assemblage de sketches, une forme qui n’intéresse plus du tout Jacques Davidts. Il dit avoir déjà donné après avoir écrit 180 épisodes des Parent.

Selon Jacques Davidts, on peut rire de tout en humour, il suffit de trouver la bonne façon de le faire. Ses quatre héros seraient-ils des masculinistes qui s’ignorent ? Absolument pas, répond-il. « Je serais incapable d’écrire des personnages que je n’aime pas », précise Jacques Davidts, qui a adapté pour le cinéma le roman Ru de Kim Thúy, que réalisera Charles-Olivier Michaud.

Le producteur des Mecs, Guillaume Lespérance (Discussions avec mes parents), enchaîne : « Il n’y a pas de Marcel Aubut dans la série. » C’est bon à savoir.

Le succès de Succession

PHOTO PETER KRAMER, FOURNIE PAR HBO

James Cromwell et Brian Cox dans Succession

Je n’en reviens pas à quel point la finale de Succession, relayée dimanche soir par HBO Canada, a été formidable. Quelle excellente série sur une famille complètement tordue, trop riche et assoiffée de pouvoir. Jamais je n’ai vu venir le dernier punch de la conférence de presse, qui a été succulent.

Pas de divulgâcheur ici, car les abonnés de Super Écran dévoreront cet ultime épisode le 4 novembre à 21 h.

La richesse et la complexité des personnages de Succession sont fascinantes. Il y a le paternel de 80 ans, Roy Logan, qui gère un gigantesque conglomérat médiatique. Et il y a trois de ses quatre enfants, tous horribles à leur façon, qui se sautent mutuellement à la gorge pour succéder à leur papa à la tête de l’empire familial. D’où le titre de la série.

La première saison ne séduit pas au premier contact. La deuxième atteint des sommets de malaises, de jeux de coulisse et de manipulation. C’est quasiment du génie.

Le ton grinçant et hésitant de Succession rebute de nombreux téléphages, je sais. Personnellement, je frissonne en entendant les premières notes de piano du générique d’ouverture, qui est d’ailleurs devenu ma nouvelle sonnerie de cellulaire, merci.