Les émissions animalières sont les nouveaux shows de cuisine. Sur tous les réseaux, au lieu de fouetter, d’épépiner ou de mélanger dans une cuisine épurée, ça rugit, ça barrit, ça hennit et ça glatit dans le pré.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Au menu, il existe déjà Un zoo pas comme les autres à TVA, Les poilus à Radio-Canada, Refuge animal sur CASA et On s’aime en chien sur Explora et Occupation double à V. Des dizaines et des dizaines d’attachantes créatures, poilues ou à plumes, en captivité ou dans leur habitat naturel, nous font pousser des ooh !, des aah ! et parfois des « oh my God, il est donc bien cave lui ».

Mais revenons à nos moutons, nos vrais moutons. La popularité surprise d’Un zoo pas comme les autre s à TVA, la meilleure production de tout le troupeau, selon moi, a clairement inspiré la création d’Un safari près de chez nous de Canal vie, qui démarre ce soir à 21 h 30.

Comme son titre l’indique, Un safari près de chez nous entraîne les téléspectateurs dans les coulisses du parc zoologique d’Hemmingford, ouvert aux voitures depuis 1972.

La docuréalité de Canal Vie reprend essentiellement la structure narrative de la série de TVA, mais au lieu du Miller Zoo de Frampton, dans Chaudière-Appalaches, nous découvrons le Parc Safari en Montérégie, ses pensionnaires à quatre pattes et ses employés dévoués.

PHOTO FOURNIE PAR CANAL VIE

Un safari près de chez nous

Oui, c’est mignon et attendrissant, seigneur. Surtout quand la caméra s’attarde sur Morgan la buse rouilleuse, sur Stella le girafon ou sur Jeannot l’éléphant africain qui n’aime pas la pluie. Les animaux deviennent alors des personnages craquants, que nous suivons de semaine en semaine. Comment vont les antilopes Peace et Lulu ? L’intervention chirurgicale pour réparer la fracture de Bemba le guépard a-t-elle été couronnée de succès ?

Un safari près de chez nous fait également découvrir de nouvelles espèces aux jolis noms comme les cobes à croissant, les onagres, les potamochères et les élands du Cap. Vous verrez également le début des rapprochements entre Trinket et Tanuck, deux tapirs de Malaisie.

Un safari près de chez nous ne révolutionne pas le monde de la télévision, mais offre des épisodes charmants et intelligents. C’est peut-être tard pour les enfants (21 h 30), mais tout s’enregistre ou se rattrape de nos jours.

Parmi les employés du Parc Safari, deux se démarquent par leur amour contagieux des bêtes et leurs talents de communicateurs, soit Francis Lavigne (directeur des herbivores) ainsi que la fauconnière Joanie Lamoureux, qui nourrit nuit et jour deux minuscules bébés chouettes lapones. Un, deux, trois, go : c’est trop mignon !

Les chaînes québécoises raffolent des émissions animalières tournées avec une approche de téléréalité, car elles encouragent le « coviewing », la fameuse écoute avec les parents et les plus jeunes dans la même pièce, sur le même appareil. Le quiz 100 Génies de Radio-Canada ou même Génial ! à Télé-Québec favorisent aussi les mélanges de générations devant l’écran.

Malgré la présence de District 31, Un zoo pas comme les autres attire toujours son million de fidèles, les lundis à 19 h, en incluant les gens qui visionnent en différé. Gros exploit.

Cet automne, TVA a tenté de reproduire le succès d’Un zoo pas comme les autres avec Animaux à la retraite (mardi à 19 h), que pilote Mathieu Roy, chroniqueur techno et médias sociaux de Salut, bonjour !

PHOTO TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE TVA

Mathieu Roy anime Animaux à la retraite.

Ce n’est pas mauvais, mais pas aussi réussi qu’Un zoo pas comme les autres, qui raconte une meilleure histoire.

Dans Animaux à la retraite  (moyenne d’écoute : 725 000 personnes), Mathieu Roy, très à l’aise, visite différents sanctuaires qui recueillent des bêtes en fin de vie ou en fin de carrière. Du genre : des chevaux trop vieux pour Cavalia, des singes qui ont servi de cobayes en laboratoire, des lévriers américains sauvés des pistes de course ou des chiens de traîneaux fatigués par leurs longues randonnées.

Il n’y a pas de fil conducteur entre les différentes vignettes d’Animaux à la retraite, contrairement aux péripéties du Miller Zoo, qui sont assemblées comme s’il s’agissait d’une série dramatique de fiction. Il devient alors difficile de former un lien affectif fort avec l’émission et ses protagonistes.

Cela dit, des moments touchants ponctuent Animaux à la retraite. Comment ne pas être ému par les deux chimpanzés qui s’expriment en langage des signes ? Un, deux, trois, go : c’est trop adorable !