« Karl est comme vraiment drôle, c’est comme un petit clown. Je pourrais dire que c’est un gros colon, mais un gros colon cute » !

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Ophélia, la barbière tatouée de Québec, a été frappée par l’éclair de la lucidité à propos de son jules télévisuel, encore plus que la pétillante Camille, qui a décodé qu’entre Chris et Polina, « la vibe, c’était friendly as fuck, fois mille ».

Vraiment, Camille et ses copains/copines d’Occupation double chez V s’expriment tous comme le personnage millénial d’Érika (Camille Felton) dans le très bon film Matthias et Maxime de Xavier Dolan. Un franglais supposément cool, parlé par des locuteurs qui ne maîtrisent aucune des deux langues fusionnées dans leur dialecte.

PHOTO TIRÉE DU COMPTE INSTAGRAM @OD_OFFICIEL

Karl et Ophélia aux Seychelles

Ophélia a tellement « enjoy » son voyage aux Seychelles, c’était juste malade. Chris le « playboy » a voulu s’assurer de « touchbase » avec Naomy. Quant à Alex-Anne, elle a « flip » et elle a rappelé à ses colocs qu’on « a nos backs, hein » ? Denise Bombardier vient, à ce moment précis, de frôler la syncope linguistique.

Mais revenons à Karl, ce gorille dans la brume qui redéfinit l’archétype du macho, version 2019. Concurrent le plus âgé de la maison des gars, Karl, 31 ans, entrepreneur en construction de Sainte-Thérèse, partait pourtant avec une longueur d’avance sur ses « bros ». Grand voyageur et propriétaire de 12 poules, Karl projetait l’image d’un homme confiant, mûr et stable.

Un mois après le début de l’aventure sud-africaine, eh boy, la régression de Karl progresse aussi rapidement que le dégoût d’Alex-Anne envers les nombreux produits de beauté de Rym. Lors du souper d’élimination de dimanche soir, Karl a dévoilé son côté possessif, colérique et immature. Il a roté à la table (la grande classe !) et a réussi l’impossible, soit mettre le patient Jay Du Temple hors de lui-même. Faut le faire.

C’est très, très rare que Jay Du Temple démontre aussi clairement son exaspération. La réputée primatologue américaine Dian Fossey aurait eu un plaisir fou à étudier notre beau Karl.

L’action ne dérougit pas dans les trois maisons d’Occupation double depuis 10 jours. Un retournement n’attend pas l’autre tournée de Guru.

Un réalisateur de télévision très en vue, dont je tairai ici l’identité (ah pis non, salut, Rafaël Ouellet !), ne rate pas un épisode d’OD. Selon lui, la scène où l’exclue Jennifer, accusée de malhonnêteté, a confronté les gars avant de rentrer à Montréal a été marquante. « Jennifer était dans des émotions difficiles à reproduire même pour des comédiennes professionnelles », m’a-t-il confié.

Voilà une autre raison qui explique la popularité grandissante d’OD. Oui, le scénario est bâti pour provoquer de la bisbille, mais la déception ou la colère des candidats, elles, ne sont pas feintes.

Dimanche soir, l’élimination de Polina a été vue par 629 000 accros. Révolution (1 114 000) de TVA a dominé le palmarès dominical. À Radio-Canada, 920 000 personnes ont été témoins de l’énergie atomique de la famille Groulx. Le Studio G de Maripier Morin a freiné sa descente avec une cote d’écoute de 712 000 téléspectateurs, légèrement en dessous de l’audience de Vlog (745 000).

Rire de nos amis influenceurs !

PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE

Après cinq saisons de Like-moi ! à Télé-Québec, l’auteur Marc Brunet traverse à Radio-Canada pour se moquer de ces jeunes vingtenaires prêts « à vendre des parties de leurs vies et de leurs âmes pour un peu de célébrité ».

Allô, tout le monde ! Vous êtes nombreux à me demander mon rituel beauté du matin. Voici donc le code promo de 15 % sur tous mes produits chouchous !

Les influenceurs qui promeuvent des matelas en boîte ou des produits Kerastase ne disparaîtront pas demain matin. Il faut apprendre à vivre avec ces créatures qui carburent aux clics, aux « likes » et aux « thumbs up ». Comme quoi, le franglais ne se limite pas à Occupation double.

Après cinq saisons de Like-moi ! à Télé-Québec, l’auteur Marc Brunet (Le cœur a ses raisons, Les bobos) traverse à Radio-Canada pour se moquer de ces jeunes vingtenaires prêts « à vendre des parties de leurs vies et de leurs âmes pour un peu de célébrité ».

Découpée en 13 tranches de 30 minutes, cette nouvelle comédie grinçante porte le titre temporaire de Gloire et influence et atterrira d’abord sur l’Extra de TOU.TV à l’hiver 2021. C’est loin, longtemps. Mais bon. Ça serait étonnant que cette race de nouveaux vendeurs de bébelles en ligne s’éteigne d’ici là.

Gloire et influence racontera, à la manière d’une parodie de téléréalité comme celle de la famille Kardashian, le quotidien de quatre influenceurs vivant sous l’emprise d’une productrice hyper contrôlante. Aucun rôle n’a encore été attribué.

Contrairement à Like-moi ! ou aux Bobos, Gloire et influence ne se déploiera pas sous forme de sketches. Marc Brunet y racontera une histoire qui se suivra à la manière d’une série traditionnelle.

Les influenceurs apparaissent déjà dans Like-moi ! (bonjour, Gaby Gravel). Marc Brunet poussera davantage l’exploration de cet univers commandité dans Gloire et influence.

« Je les observe de loin, j’ai un regard extérieur. Pour eux, tout devient une opportunité de vendre quelque chose ou de se vendre eux-mêmes », observe Marc Brunet.

Avant de nous quitter, guys, je vous rappelle que cette chronique a été écrite sur un Mac (swipe up pour les détails !).