Après avoir fait appel à un comédien noir pour interpréter Fardoche et attribué à Mélodie des origines asiatiques, Passe-Partout a franchi un autre pas dans la représentation de la diversité. Dans l’épisode diffusé lundi soir dernier, Madame Coucou a fait part à Cannelle et à Pruneau de son homosexualité en venant leur présenter Cachou, le bébé qu’elle a eu avec Dorine, « son amoureuse ». 

Valérie Simard Valérie Simard
La Presse

Son homosexualité y est présentée de façon naturelle. « Dorine, c’est son papa ? », a demandé Pruneau.

« Non, nous sommes toutes les deux les mamans de Cachou », a répondu Madame Coucou. Rappelons que dans l’ancienne mouture, la voisine des jumeaux était plutôt présentée comme une mère seule.

Pour l’auteur Simon Boulerice, qui a écrit ce sketch, il était important que la diversité sexuelle soit abordée dans la version actualisée de Passe-Partout. Dès les premières rencontres de production, il en a discuté avec les trois autres scénaristes. 

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

Simon Boulerice a écrit le sketch qui aborde l’homoparentalité. 

« Je suis clairement partisan d’avoir des personnages homosexuels ou qui constituent une figure homoparentale. Je trouvais ça très important d’en parler parce que c’est une réalité que beaucoup d’enfants connaissent. » 

« Et c’était comme si Madame Coucou était le personnage tout désigné, poursuit-il. Elle est satellite dans l’histoire des jumeaux et c’est un personnage qui est important, c’est une figure maternelle rassurante qui est toujours pimpante, pleine d’idées. C’est le souvenir que j’avais d’elle. »

Au moment d’écrire le sketch, Simon Boulerice a réfléchi à la façon d’amener le sujet. Il a choisi de le faire tout naturellement, sans tambour ni trompette. « Ça passe de façon très simple, au même titre que quand je donne une conférence dans une école et que je parle aux enfants de mon amoureux, raconte-t-il. Je le dis le plus simplement possible. Ça réagit un peu, mais à peine. »

Remerciements

Le scénariste croit que le public de Passe-Partout, âgé de 2 à 5 ans, n’est pas trop jeune pour être exposé à un tel sujet. « Je constate que ce public-là est tout à fait apte à entendre parler de ça, affirme-t-il. Le plus tôt possible qu’on démystifie, qu’on parle simplement de “je n’ai pas une amoureuse, j’ai un amoureux” ou l’inverse… Ça fait partie de la nature humaine, de la diversité qui nous entoure. » Il souligne que bon nombre de familles homoparentales lui ont écrit hier pour le remercier et lui faire part du bonheur de leurs enfants de reconnaître leur modèle familial à la télé.

Si Passe-Partout a réussi à montrer une plus grande diversité culturelle et sexuelle, Simon Boulerice espère que l’émission pourra prochainement faire une place plus grande à la diversité corporelle.