Hier soir, des millions de téléspectateurs ont regardé le premier épisode de l’ultime saison de la série Game of Thrones. Ils étaient dans leur salon, dans un bar, dans une petite salle de spectacle underground. Nous nous sommes promenés d’un repaire de fans à l’autre pour trouver le meilleur endroit où vivre à fond ce grand moment télévisuel.

Ève Dumas Ève Dumas
La Presse

C’est dans la discrétion que certains petits établissements montréalais tenaient des soirées Game of Thrones semi-privées. Un peu comme la NFL avec le Super Bowl, HBO n’aime pas beaucoup qu’on utilise son contenu à des fins commerciales. Cela dit, tant qu’il n’y a pas de droits d’entrée et qu’on ne diffuse pas son party de visionnement sur YouTube, la chaîne de télévision payante n’est pas trop, trop regardante.

Nous sommes passés dans deux bars de la métropole qui accueillaient les amateurs de grands-messes télévisuelles. Ces petits espaces étaient pleins comme des œufs. On peinait à voir l’écran. Dans les deux cas, les hôtes avaient choisi de projeter le dernier épisode de la saison précédente, pour mettre les spectateurs dans l’ambiance. Attention et silence étaient au rendez-vous, mais le confort, un peu moins.

Beaucoup de fans sont repartis le caquet bas. « Bon ben, on va aller se trouver une connexion HBO ailleurs », a déclaré un jeune homme qui descendait les marches d’un bar de la rue Saint-Hubert.

Contre toute attente, très peu de fans s’étaient costumés pour fêter le retour tant attendu de Game of Thrones après un an et demi d’attente. Pas l’ombre d’une tresse ni d’un manteau de poil !

« Pool de la mort »

Nous nous sommes alors dirigés vers un vrai repère de fans, dans l’est de la ville. C’est peut-être la saison des pools des séries (éliminatoires de la Coupe Stanley), en ce moment, mais ici, les gens remplissaient plutôt leur feuille de « pool de la mort ». Lesquels des survivants passeront l’arme à gauche pendant la huitième saison ? Lesquels finiront en White Walkers ? Qui posera ses fesses sur le fameux Trône de fer ? Les paris sont ouverts, d’autant plus que le premier épisode n’a pas fait couler beaucoup de sang.

À notre arrivée chez les Thronies d’Homa, la jeune Arya était en train d’égorger Littlefinger, aux deux tiers du dernier épisode de la septième saison.

Les spectateurs applaudissaient à tout rompre. Quelques-uns d’entre eux avaient mis leurs armures et leurs capes poilues.

C’était le genre de public qui peut nommer le titre de chacun des 67 épisodes de la série et qui connaît même les plus secondaires des personnages de l’émission.

Ces fans de la première heure étaient heureux de constater le retour des dialogues cinglants, des tensions intrafamiliales, des grands dilemmes moraux de Game of Thrones. « Tu as abandonné ton trône pour le Nord. Daenarys en ferait-elle autant ? », lance Samwell Tarly le rat de bibliothèque à Jon Snow, au moment où – attention, on divulgâche ici – il lui annonce qu’il est un Targaryan et le vrai héritier du Trône de fer.

La table est bien mise pour les cinq prochains épisodes, dont certains durent plus de 80 minutes. Avec ses 15 millions de dollars de budget la pièce, HBO s’est donné les moyens de clore l’épique série en beauté.