Alors que la septième et ultime saison de Orange Is the New Black vient d’arriver sur Netflix, les fans de la série auront l’occasion de mieux connaître la discrète mais non moins inquiétante Annalisa, interprétée par une Montréalaise : Christina Toth.

Samuel Larochelle Samuel Larochelle
Collaboration spéciale

Apparu au cours de la sixième saison et membre du clan des Daddy’s Girls, son personnage est à la fois vilain et divertissant. « Annalisa est considérée comme une méchante, mais, comme tout le monde en prison, elle essaie tout simplement de survivre », explique l’actrice parfaitement bilingue, jointe à New York avant la première tapis rouge de la série, jeudi.

Pas très haute en couleur, la prisonnière opère dans l’ombre. « Elle étudie les gens en silence de façon très méthodique, mais quand c’est le moment d’agir, elle saute sur l’occasion… »

Sa dépendance à l’OxyContin exerce une influence indéniable sur son comportement. « J’ai fait des recherches sur l’impact que cette drogue peut avoir sur le corps. Étant donné que je possède une expertise en danse, les associations corporelles sont très importantes pour moi. Plus j’ai d’information sur la façon de se mouvoir d’un personnage, plus je comprends sa psychologie. »

PHOTO FOURNIE PAR NETFLIX, AGENCE FRANCE-PRESSE

Christina Toth à la première de la septième saison de Orange Is the New Black jeudi dernier.

Un train en marche

Ce rôle bien particulier lui a été offert après un processus d’audition rapide. « Mon agence a reçu un appel le jeudi pour une audition le lendemain. J’ai appris que j’avais le rôle le lundi d’après et je suis arrivée sur le plateau le mercredi suivant ! »

La comédienne établie à New York a alors embarqué dans un train roulant à vive allure, avec des comédiens et des artisans qui se connaissaient très bien depuis cinq ans. 

J’ai eu peur de ne pas réussir à faire ma place. Je me sentais comme un imposteur. Heureusement, l’équipe est une véritable famille. Dès que je suis arrivée sur le plateau, les acteurs, les réalisateurs et les membres de la production m’ont accueillie à bras ouverts.

Christina Toth

Son aisance a été décuplée par un élément inusité : le fait de jouer une femme enlaidie par la vie carcérale. « Puisqu’on portait peu de maquillage ou qu’on était maquillées pour accentuer notre fatigue, on découvrait nos vrais visages. Étant donné que tout le monde est comme ça, on commence à voir les gens et les traits qui nous rendent uniques, au lieu de tout unifier avec le maquillage. C’était vraiment beau ! »

Si elle ne voulait pas révéler les détails de la septième saison lors de notre entrevue jeudi dernier, la Montréalaise évoque néanmoins les nouvelles alliances que devra forger son personnage. « Avec ce qui s’est produit à la fin de la sixième saison, Annalisa doit se débrouiller. Elle se demande vraiment ce qui va lui arriver. Une chose est sûre : sa job sera encore de foutre la merde ! »

Rita Lafontaine, sa fondation

Bien qu’elle ait joué dans deux épisodes de Boardwalk Empire en 2014, la comédienne a l’impression d’émerger grâce à Orange Is the New Black. « Je dois encore auditionner pour obtenir des rôles, mais les portes sont de plus en plus ouvertes. Je sens que je vais dans un futur très prospère. »

La comédienne en a fait du chemin depuis ses débuts. Née d’un père hongrois et d’une mère québécoise, élevée en grande partie à Sherbrooke avant de revenir s’établir à Montréal, Christina Toth a fait ses premiers pas en théâtre sous les encouragements de la regrettée comédienne Rita Lafontaine.

Rita [Lafontaine], c’est ma fondation. Sa compréhension du texte et du sous-texte coulait dans mes veines. Je ne veux jamais perdre ça !

Christina Toth

En entrevue, on sent qu’elle est très attachée à la femme derrière la mentore. « Rita disait qu’on était connectées à un niveau différent. On partageait la même date de naissance, le 8 juin. C’est quelqu’un de majeur dans ma vie. Son décès est venu me toucher profondément. Aujourd’hui, je sais qu’elle veille sur moi. »

Après avoir quitté le Québec pour étudier l’italien en Italie à 19 ans, la Québécoise s’est établie à New York pour étudier à la Neighborhood Playhouse School of the Theatre. Depuis, elle tente de faire sa place au cinéma, à la télé et dans l’univers très compétitif du théâtre new-yorkais.

« C’est extrêmement difficile. Quand je suis sortie de l’école, j’ai fait plusieurs productions dans l’off-off-off Broadway. Ça m’a permis d’identifier mon genre de projets, le genre de personnes avec qui je veux travailler et ce que je veux exprimer en tant qu’artiste. Ça m’a préparée pour les projets d’envergure auxquels je participe aujourd’hui. »

Dans quelques semaines, elle présentera un texte du dramaturge québécois Guillaume Corbeil dans sa ville d’adoption. « J’ai rencontré Guillaume à Bruxelles et je lui ai dit que sa pièce See You ferait fureur à New York. J’ai envoyé le texte au directeur artistique de la compagnie de théâtre où je suis artiste en résidence et il a adoré ! »

La première new-yorkaise aura lieu en septembre au théâtre The New Ohio.

La septième et ultime saison d’Orange Is the New Black est offerte sur Netflix. La sixième saison de la série sera diffusée, en français, sur la chaîne MAX les mardis à 21 h, dès le 10 septembre.