La sympathique mais névrosée Monica Geller de la sitcom Friends sera l’icône de mode à suivre cet été, claironne le Guardian, qui parle même d’une « Monaissance ».

Hugo Dumas
Hugo Dumas La Presse

Grâce à Netflix, une nouvelle génération d’ados et de jeunes adultes, pas encore nés au faîte de la popularité de Friends, tombent régulièrement amoureux de ce personnage campé par Courteney Cox et dont la garde-robe regorgeait de pantalons à plis, de jeans à taille haute et de vestons à épaulettes.

PHOTO TIRÉE DE L’INTERNET

Courteney Cox dans le rôle de Monica Geller, dans Friends

Monica n’était pas cool à l’époque. Rachel, oui. Plus de 20 ans plus tard, Monica a pris sa revanche sur sa colocataire. C’est son style vestimentaire « normcore » à elle — et non la coupe de cheveux de Rachel — que les stars d’Instagram Bella Hadid et Kylie Jenner copient. Chandails coupés courts, camisoles serrées et énormes baskets blanches, Monica a déjà tout porté ça.

Les années 90 colorent presque toute la culture populaire actuelle. Musique, cinéma, mode, elles s’infiltrent partout. C’est la même chose en télévision, qui a recraché des remakes de séries populaires de la décennie 1990-2000 comme Gilmore Girls, The X-Files et bientôt Beverly Hills 90210.

Netflix surfe sur cette vague nostalgique en proposant à ses abonnés la nouvelle minisérie What/If (Dilemme, en version française), fortement inspirée de thrillers simili-érotiques des années 90 à la Basic Instinct, Wild Things et Indecent Proposal.

What/If, qui met en vedette Renée Zellweger, reprend tous les codes associés à ces productions sulfureuses. 

Pouvoir, sexe, manipulation et complots, le tout nappé d’une sauce extra-savonneuse.

C’est ici que la critique se scinde en deux groupes distincts et irréconciliables. Le premier trouve What/If d’un quétaine absolu. Le deuxième, dont je fais partie, y voit un hommage assumé à ce cinéma de genre néo-sexy-noir, qui compte Disclosure de Barry Levinson dans ses rangs.

Dans What/If, Renée Zellweger, une actrice oscarisée pour Cold Mountain, joue très gros, à la limite de la caricature. Mais c’est évident qu’elle le fait de façon intentionnelle, pour respecter les règles du soap-thriller traditionnel.

Et les nombreuses scènes d’orages quasiment copiées du vidéoclip It’s All Coming Back To Me Now de Céline Dion, c’est clair qu’elles servent à bonifier le côté kitsch de la minisérie.

Parce que What/If, c’est un téléroman-savon imaginé par un maître en la matière, Mike Kelley, créateur de l’émission Revenge (Vengeance, en version française). C’est tellement mauvais et exagéré que ça devient bon et addictif.

J’ai vu la moitié de What/If ce week-end et j’espère bien avoir fini au moment où vous lirez ces lignes. Je veux absolument savoir de quelle façon ça va se boucler, seigneur.

What/If débute par une proposition indécente comme celle faite par Robert Redford à Demi Moore dans le long métrage sorti en 1993. Anne Montgomery (Renée Zellweger), la plus influente femme d’affaires de San Francisco, s’apprête à investir dans l’entreprise de technologie fondée par Lisa, une brillante entrepreneure au bord de la faillite.

Les millions d’Anne viennent attachés à une condition non négociable : Anne souhaite passer une nuit complète avec le mari de Lisa, le beau Sean, un ancien joueur de baseball recyclé en ambulancier.

« Cette idée semble tout droit sortie d’un mauvais film des années 90 », remarque Lisa. Ce à quoi Anne répond : « Je trouve ce film plutôt décent. » Les personnages posent ainsi les bases d’une entente avec le téléspectateur : nous savons très bien dans quelle galère nous naviguons, à vous d’embarquer ou non.

Ah oui !, le réalisateur du film Sliver, une pâle copie de Basic Instinct commercialisée en 1993, s’installe derrière la caméra pour quelques épisodes de What/If. Bref, vous aurez été avertis du côté fromagé de la télésérie de Netflix.

Bien sûr, Lisa accepte de « prêter » son Sean à la mystérieuse Anne. Le contrat stipule cependant que si Sean révèle à son épouse les détails de cette nuit cruciale, tous les millions disparaissent, d’un coup.

La vie du couple principal et celles de leurs amis partent ensuite à la dérive. Des fantômes de leur passé surgiront. Des relations illicites se noueront. Perchée dans son immense penthouse, Anne tire les ficelles de toutes ces marionnettes qu’elle contrôle avec son fric.

What/If ne plaira pas à tout le monde. Mais si vous avez embarqué dans des trucs comme How To Get Away With Murder ou Empire, préparez-vous à dix heures de regards torves, de clés mystérieuses et d’adultères aux conséquences désastreuses.