Les consommateurs se préoccupent de plus en plus du chemin emprunté par les aliments avant d’atterrir dans leur assiette, mais que savent-ils vraiment du homard qui débarque ces jours-ci dans les poissonneries du Québec ? De la vie des centaines de pêcheurs des Îles-de-la-Madeleine qui les rapporteront à quai par centaines, chaque jour, au cours des neuf prochaines semaines ?

Violaine Ballivy Violaine Ballivy
La Presse

Télé-Québec présentera prochainement une série documentaire qui fera le point sur la question en huit épisodes : La course folle. L’équipe de la production de Trinome & filles suit depuis plusieurs semaines déjà quatre pêcheurs qu’elle accompagnera jusqu’à la dernière levée des casiers à homard, en juillet.

« La série est bien nommée : je ne pensais jamais qu’il y avait autant de compétition entre les pêcheurs, remarque le scénariste, Hugo Bourque, pourtant natif des Îles. Pour certains, c’est vraiment une course folle, une affaire d’orgueil et de compétition. »

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Dominic Eloquin, à gauche, est l’un des quatre pêcheurs suivis de près par le réalisateur Jean-François Fontaine et le scénariste Hugo Bourque. 

La série s’attarde sur quatre pêcheurs installés dans quatre ports différents. Il y a Dominic Eloquin, « orgueilleux, compétitif, pour qui la pêche est aussi un gros business » ; Maxime Poirier, « toujours souriant, très attachant », qui a dû adapter son travail pour surmonter les problèmes liés à sa surdité partielle ; Julien Boudreau, « le vieux loup de mer » ; et enfin, Olivier Renaud, un violoniste de 24 ans qui, après un détour à Toulouse, a senti l’appel de la mer et décidé de renouer avec les traditions familiales en devenant, comme son grand-père, pêcheur de homard.

« On voulait sortir du cliché que les gens ont du pêcheur, montrer des jeunes capitaines », dit Hugo Bourque, qui a notamment travaillé sur La petite séduction. Le quatuor est exclusivement masculin, bien que des femmes pêchent le homard aux Îles : aucune de celles contactées par la production n’a accepté d’y participer. Mais on suivra les femmes, les mères, celles qui s’occupent seules de la maisonnée pendant la pêche, préparent le lunch de fiston tous les jours ou encore s’inquiètent quand la houle est un peu trop forte.

« On voulait montrer l’humain derrière tout ça, toute la famille qu’il y a autour. Les peurs, le risque, les émotions, tout ce qui se joue pendant neuf semaines. » — Hugo Bourque, scénariste

La série débutera avec le fameux matin du 5 mai qui marque le début de la pêche et le départ simultané de 325 bateaux dans 10 ports de pêche répartis du nord au sud de l’archipel. Un beau casse-tête sur le plan logistique. Il a fallu déployer des équipes pour suivre chacun des pêcheurs et ruser pour obtenir des images en mer plutôt qu’à quai. Les homardiers sont considérés comme des bâtiments commerciaux par Transports Canada, qui réglemente strictement le transport de passagers. « Il a fallu suivre une formation avec chaque capitaine, prévoir du matériel sécuritaire supplémentaire, des vestes, des filets, etc. », dit le réalisateur Jean-François Fontaine (aussi de La petite séduction). Un zodiac devait suivre de près les homardiers chaque fois qu’un membre de la production était à bord, en cas d’accident.

La bande-annonce révèle des images magnifiques, un rythme soutenu. Deux drones ont été déployés en mer et les bateaux équipés de huit caméras d’action GoPro.

La série se terminera avec les résultats de cette 144saison officielle de la pêche qui s’annonce excellente. Elle sera diffusée au plus tard l’hiver prochain.