Le micro rouge pétant de Charles Lafortune, une narration à la Meredith Grey sur le temps qui passe et une incursion au « parkour » urbain : les derniers quarts de finale de La voix nous ont fourni, dimanche soir, une tonne de matériel — de qualité variable — à décortiquer.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Pour démarrer cette soirée pascale, moins palpitante que la semaine passée, le groupe Styx et Gowan ont été extirpés de leur bocal de formol le temps d’interpréter quelques succès, dont Too Much Time on My Hands et Renegade. Pas de Babe, de Suite Madame Blue ou de Come Sail Away. Ça sentait le cheveu brûlé au fer plat et le fixatif Finesse des années 80.

Après ça, les grands réseaux se plaignent que les jeunes ne regardent plus la télé traditionnelle. Allô ? Oui, Styx, Patrick Bruel et Francis Cabrel ont du talent (et une tonne de tubes). Ç’aurait été bien, cependant, que les concurrents de La voix chantent aussi avec des artistes de leur génération. Ce vent de fraîcheur n’aurait certainement pas décoiffé — ou déridé — Tommy Shaw, qui avait l’air momifié sur scène.

Gowan a ensuite entonné A Criminal Mind en compagnie d’Éric Lapointe, qui beuglait comme s’il se parodiait lui-même à l’émission radiophonique À la semaine prochaine de Radio-Canada.

Il ne respirait pas la santé, notre Éric national, dimanche soir. C’était limite inquiétant.

Heureusement, les candidats des équipes de Marc Dupré et Lara Fabian ont offert des prestations inspirées et plus modernes. Dans le camp Dupré, la lutte se faisait entre Jordan Lévesque, 26 ans, et Rick Pagano, 27 ans.

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Rick Pagano, candidat de La voix

Pagano a fait lever la foule et a arraché 65 % du vote du public pour progresser en demi-finale. Sa relecture de Somewhere Only We Know de Keane était correcte, mais pas délirante. J’ai préféré le timbre country de Jordan Lévesque sur What Hurts The Most de Rascal Flatts. Cristine Toca n’a eu aucune chance ici.

Chez Lara Fabian, Mory Hatem, 27 ans, a opté pour une pièce peu évidente, soit S.O.S. d’un Terrien en détresse, qui grimpe dans des aigus extrêmement agressants. Les téléspectateurs lui ont préféré Geneviève Jodoin, 41 ans, l’ex-choriste de Belle et Bum. Son Hello d’Adele a visé dans le mille.

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Geneviève Jodoin, candidate de La voix

La formation d’Alex Nevsky n’a pas été la plus épatante. Gabriel Cyr, 22 ans, d’Ottawa, a récolté l’appui du coach et celui des fans grâce à Let It Go de James Bay. Jacob Guay et Kelly-Ann Martin n’ont pas cassé la baraque.

Éric Lapointe a attribué la plus haute note à Stéphan Gagnon, 29 ans, mais le vote populaire (à 44 %) a renversé la décision du coach. C’est finalement Colin Moore, 40 ans, qui a été catapulté à la ronde suivante avec Je vais t’aimer de Michel Sardou. Honnêtement, Colin a déjà été plus impressionnant que dimanche soir. Il affrontera le chouchou Jacques Comeau en demi-finale, et c’est loin d’être gagné.

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Chantal Lamarre et Jean-René Dufort

Les Aurore, j’adore

Le gala des Aurore d’Infoman, relayé jeudi soir à Radio-Canada, a été savoureux, comme d’habitude. Cette cérémonie, qui célèbre ses 13 ans, est devenue un classique du printemps.

D’abord, bravo aux lauréats qui ont accepté de cueillir leur rond de poêle doré des mains de MC Gilles. L’autodérision, c’est sain et salutaire. Et Julien Lacroix, Guy Jodoin, Pierre-Luc Brillant, de même que Sarah-Jeanne Labrosse et Mylène St-Sauveur, ont montré qu’ils savaient rire d’eux-mêmes.

Petit bémol, ici. Plusieurs prix ont été remis à des films que même des collègues cinéphiles (allô Marc Cassivi !) ne connaissaient ni des lèvres ni des dents, pour paraphraser René Homier-Roy. Qui a payé son billet pour voir Burn out ou la servitude volontaire, Le nid et Pervers ordinaire, à part les membres de la famille des artisans ?

Tant qu’à fesser dans le tas, je préfère que les récompenses arrosent de grosses productions (Hot Dog, Goon 2 ou Nitro Rush) plutôt que des films obscurs au budget microscopique.

Reste que cette fête du meilleur pire cinéma devrait avoir son équivalent en télévision. Ce n’est pas le matériel boboche qui manquerait.

Selon Numeris, 607 000 personnes ont visionné les Aurore 2019. Tout de suite avant Infoman, la finale de District 31 est montée à 1 528 000 accros. Chez V, L’amour est dans le pré a bien tiré son épingle du jeu avec ses 468 000 fidèles. À TVA, Le bon docteur a été vu par 570 000 curieux.