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Michel Drucker: un devoir de mémoire

À travers le spectacle Francostalgie, Michel Drucker a... (Photo Olivier PontBriand, Archives La Presse)

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À travers le spectacle Francostalgie, Michel Drucker a accepté de faire partager quelques souvenirs de ses rencontres avec des artistes de 1965 à 1995.

Photo Olivier PontBriand, Archives La Presse

En un demi-siècle de carrière, Michel Drucker a reçu les plus grands noms de la chanson française et québécoise sur ses plateaux de télévision. Loin d'être nostalgique du bon vieux temps, il est résolument tourné vers l'avenir, motivé par son désir de durer et de faire un pied de nez au temps qui passe. Entrevue avec le populaire animateur français de 76 ans qui considère avoir un devoir de mémoire envers le meilleur de la chanson francophone.

De Céline Dion à Charles Aznavour, en passant par Jean-Pierre Ferland, Félix Leclerc ou Johnny Hallyday, Michel Drucker a vu défiler dans ses fauteuils en velours rouge les plus grandes vedettes de la chanson francophone. À travers le spectacle Francostalgie, présenté à Montréal au début novembre puis en résidence au Capitole cet été, il a accepté de faire partager quelques souvenirs de ses rencontres avec des artistes de 1965 à 1995 aux côtés de Maxime Landry, Vanessa Duchel, Mickaël et Éléonore Lagacé, interprètes des 65 titres minutieusement choisis.

«Le producteur Eric Young et l'auteur Pierre Huet sont venus me voir en me disant qu'ils préparaient un spectacle qui allait rappeler des souvenirs à deux générations de Québécois et de Français. Quand ils m'ont montré la liste de chansons, je me suis rendu compte que je les avais déjà toutes présentées. Certaines me rappelaient de grands souvenirs!», précise Michel Drucker qui agit à titre de narrateur du spectacle par des interventions enregistrées en studio.

«Chaque chanson évoque chez moi un souvenir. C'est un devoir de mémoire. J'ai vu repasser plein d'images de ma vie. Réécouter Ferland, Beau Dommage, Charlebois, revivre quelques moments de Starmania, réécouter France Gall, Michel Berger était très émouvant, car beaucoup ne sont plus là», confie l'animateur.

Pour Michel Drucker, les grandes chansons ne meurent jamais. «Une bonne chanson populaire qu'on a dans le coeur et dans la tête reste pour la vie. Je pense que c'est bien de se souvenir. Pas parce que c'était mieux. Mais de Félix Leclerc à Coeur de pirate, il y a des mélodies, des voix qui disent quelque chose qu'il ne faut pas oublier», lance-t-il.

Laisser sa trace

Pour Michel Drucker, le secret de la jeunesse éternelle réside en grande partie dans notre capacité à savoir durer. Il consacre un livre à sa conception de la vieillesse, Il faut du temps pour rester jeune

Il faut du temps pour rester jeune, de... (PHOTO FOURNIE PAR L'ÉDITEUR) - image 2.0

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Il faut du temps pour rester jeune, de Michel Drucker

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«Je ne suis pas nostalgique de nature, mais j'aime avoir de la mémoire. J'aime donner tort à Léo Ferré qui a chanté "avec le temps tout fout le camp".» 

Pour l'animateur français, le public a un devoir de mémoire envers les grands artistes qui ont su traverser les âges.

«On laisse une trace si on a duré. Je pense qu'il n'y aura plus de longues carrières de 30 ou 40 ans. Je ne suis pas certain qu'on sera nostalgique de la pop et de la techno dans quatre décennies comme on l'est de la grande chanson francophone. Aujourd'hui, je ne vois pas un nouveau Ferrat, Brassens, Brel ou Goldman apparaître. Mais quelques artistes vont tirer leur épingle du jeu», affirme Michel Drucker.

Ce qui rend Michel Drucker nostalgique

Communiquer à l'ancienne

«Je suis nostalgique des lettres, des télégrammes, de coups de téléphone lointains. Les nouvelles technologies font qu'on ne se parle plus. Je suis resté fidèle à mon vieux BlackBerry.»

La télé des années 60-70

«Je suis nostalgique de mes débuts en télé au milieu des années 60, car il n'y avait pas d'enjeux économiques, pas de sondages, de publicité, et on n'avait pas à s'adresser aux spectateurs comme à des consommateurs. On n'était pas jugé sur les cotes d'écoute comme aujourd'hui. Je suis un des rares à être à cheval sur la télévision d'hier et d'aujourd'hui. J'ai un peu de mal actuellement, car les nouveaux dirigeants de la télé viennent du privé et sont là pour engranger de la pub, gèrent la télé comme une entreprise. Aujourd'hui, il faut seulement plaire, mais surtout plaire à la cible publicitaire visée.»

Et en musique?

«Je ramènerais les Beatles, Claude Dubois qu'on n'entend pas assez chez nous et Joe Dassin. J'aimerais bien que Jean-Jacques Goldman revienne faire un tour.»

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Il faut du temps pour rester jeune. Michel Drucker. Éditions Robert Laffont.




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