Cinéma, théâtre, web, impro, depuis sa sortie du Conservatoire, en 2007, Anne-Élisabeth Bossé a exploré plusieurs facettes de son métier. Mais le petit écran est un écrin qui met son talent particulièrement en valeur.

Luc Boulanger LA PRESSE

Un ami de la LNI lui a déjà dit que son jeu vient à 90% de son instinct! «Il y a une part de vérité là-dedans, reconnaît la comédienne de 28 ans. Je ne suis pas le genre d'actrice qui va chercher de midi à quatorze heures dans mes entrailles.»

Selon elle, l'émotion de l'acteur vient dans l'action. À l'instar de l'auteur David Mamet, dont elle vient de lire son essai sur les acteurs, True and False, Anne-Élisabeth Bossé est sûre d'une chose: si un comédien connaît parfaitement son texte, «à l'endroit et à l'envers», et qu'il livre rigoureusement ses lignes, le gros du travail est fait.

Dans son livre, Mamet critique les méthodes et autres laboratoires de jeu qui exigent de puiser, souvent péniblement, dans leur vécu pour construire un personnage. «Le corps est désobéissant, dit-elle. Nos émotions aussi. La seule chose qu'un acteur contrôle, c'est son texte.»

Le désir de jouer

Rien de prédisposait la jeune fille de Sorel-Tracy aux feux de la rampe. Père policier, mère technicienne en radiologie, frère cadet ingénieur. Et pourtant. Du plus loin qu'elle se souvienne, elle a toujours voulu jouer. «Déjà, au primaire, j'allais voir les pièces des plus grands et j'apprenais des répliques par coeur», se souvient-elle.

Comme elle n'a pas été poussée dans cette voie par ses professeurs ni ses parents, Anne-Élisabeth a foncé toute seule. «Ça n'a pas été facile, confie-t-elle. J'avais plus de volonté que de talent. Je zozotais. J'ai convaincu mes parents de me payer des cours de diction avec un orthophoniste. Ensuite, ils m'ont laissé déménager à Montréal, à 17 ans, pour aller étudier.

L'étudiante a suivi tous les cours de préparation qu'elle pouvait avant de passer ses auditions pour entrer au Conservatoire d'art dramatique. Pour ses auditions, elle a présenté un extrait de Feydeau, tiré de Mais ne t'promène donc pas toute nue!. Un répertoire qui lui va comme un gant.

Avec le recul, Bossé se demande comment elle a fait pour ne jamais se décourager: «Je suivais mon but, comme si c'était une question de vie ou de mort!»

Anne-Élisabeth a bien fait de s'écouter. À la rentrée 2013, son nom est au générique de quatre émissions de télé. Elle reprend du service dans Les Bobos, comme amie du couple joué par Anne Dorval et Marc Labrèche (ses idoles!); elle est l'amoureuse de l'avocat défendu par Denis Bouchard dans Toute la vérité; sans oublier la cinquième saison des Appendices. Plus tard dans l'année, on la verra dans la nouvelle série Saison 2, écrite par les talentueux auteurs des Invincibles, Jean-François Rivard et François Létourneau. Elle y interprète un contre-emploi, une prostituée gothique: «Un premier rôle, dit-elle, et probablement mon plus grand défi au petit écran jusqu'à maintenant».

Une fois par mois, Anne-Élisabeth participe à un souper de filles ludiques avec, entre autres, Évelyne Brochu, Sophie Cadieux et Monia Chokri. À la blague, les copines actrices ont nommé leur groupe «Les Joyeuses gagnantes»...

Un nom qui semble visiblement lui porter chance!

Et au théâtre

Outre la télévision, Anne-Élisabeth Bossé sera sur les planches l'été prochain. Elle participe à la création québécoise de la comédie britannique Un homme, deux patrons, de Richard Bean. Une adaptation du classique de Goldoni, Arlequin, serviteur de deux maîtres, mise en scène par Normand Chouinard, pour le Théâtre Juste pour rire. Dès le 12 juin.