En écrivant le dernier chapitre de Virginie, l'auteure Fabienne Larouche a prédit la fin du genre «téléromanesque» au petit écran. Pourtant, les téléspectateurs québécois continuent d'en consommer - La Promesse, Yamaska et Providence - ne comptent-elles pas parmi les émissions les plus populaires? Le téléroman est-il réellement en voie de disparition?

Publié le 4 déc. 2010
Nathaëlle Morissette LA PRESSE

«Partout dans le monde, le téléroman est rendu ailleurs. Les Brésiliens et les Indiens le font déjà. On n'est plus dans Top Modèles ou General Hospital.» Voilà ce qu'affirmait Fabienne Larouche lorsqu'elle a annoncé, l'été dernier, la fin de Virginie.

Pourtant, après plusieurs décennies, The Bold and the Beautiful (Top Modèles) et General Hospital sont toujours à l'antenne. Malgré tout, la directrice des programmes de Radio-Canada, Louise Lantagne, croit elle aussi que l'ère des téléromans - tels qu'on les connaît - est révolue. «Le téléroman en studio, façon plus traditionnelle, est déjà en train de disparaître, dit-elle. On s'adapte aux nouvelles technologies qui permettent, par exemple, d'avoir un look cinéma.»

Pour sa part, Louis Cornellier, professeur de français et de littérature au cégep de Lanaudière et fan numéro 1 de Virginie, souhaite que le téléroman - avec beaucoup de tournages intérieurs, une image un peu statique, des scènes de cuisine - ne disparaisse pas de l'écran radar. «Je trouve qu'il y a quelque chose là-dedans de réconfortant, de chaleureux, explique-t-il. Je comprends que, sur le plan technique, ça commence peut-être à faire un peu ancien. Mais je pense qu'il y a là une vraie forme d'art.»