La semaine prochaine, la Première Chaîne de Radio-Canada s'attarde à un sujet délicat: la mort. La mort et, surtout, la relation trouble que nous entretenons avec elle.

Sophie Ouimet-Lamothe LA PRESSE

Dans Vivre jusqu'au bout, le réalisateur Mario Proulx boucle la question en cinq épisodes d'une heure, qui abordent chacun un thème. Ceux-ci sont traités sans pudeur, mais toujours avec sobriété, qu'il soit question de notre déni envers la mort, des derniers moments avec les proches ou de l'épineux débat sur l'euthanasie.

On s'interroge aussi sur la disparition des rites funéraires et la rapidité du deuil dans une société où tout fonctionne à grande vitesse.

Les émissions sont ponctuées de témoignages de médecins, de psychologues, de penseurs, mais surtout de gens qui ont côtoyé la mort de près. Comme cette psychologue, Johanne de Montigny, qui a survécu à un accident d'avion en 1979. Son voisin de siège, à qui elle tenait la main, n'a pas eu cette chance: il est mort avant l'impact. Depuis ce jour, elle consacre sa pratique à accompagner des gens en fin de vie.

Un autre témoignage poignant: celui d'une collègue du réalisateur, Monique Lapointe, dont le fils Étienne s'est jeté en bas du pont Jacques-Cartier à l'âge de 24 ans. Six ans plus tard, elle n'a pas encore touché à la chambre de son fils. N'empêche, même si la douleur est toujours vive, elle continue son chemin. «Il fait partie de ma vie, mais il ne m'empêche pas de vivre», raconte-t-elle.

Plusieurs célébrités ont aussi accepté de prendre le micro: Clémence DesRochers parle de la mort de sa mère, toujours douloureuse même après plus de 40 ans; l'auteur Éric-Emmanuel Schmitt relate la disparition de son grand-père; Chloé Sainte-Marie avoue candidement (avant le décès de Gilles Carle) qu'elle est terrifiée devant la mort...

Les cinq épisodes sont présentés tous les jours de la semaine prochaine, à 13 h.