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Annie et ses hommes et ses auteurs

Ce soir, TVA présente le 138e et dernier épisode d'Annie et ses hommes, un des... (Photo: Serge Gauvin)

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Photo: Serge Gauvin

Ce soir, TVA présente le 138e et dernier épisode d'Annie et ses hommes, un des téléromans les plus populaires de la décennie. En octobre 2002, on découvrait Annie Séguin à 40 ans. On la laissera pour de bon ce soir à l'aube de la cinquantaine. Comment expliquer le succès populaire d'Annie? Discussion avec le couple d'auteurs, Bernard Dansereau et Annie Piérard.

Oser le tabou

Déficience intellectuelle. Adoption internationale. Grossesse ectopique. Si les auteurs Annie Piérard et Bernard Dansereau doivent se féliciter d'une chose, c'est bien de l'originalité des thèmes abordés. Celui, par exemple, de la relation amoureuse consommée entre deux déficients intellectuels, Renaud (Marc Béland) et Rosalie (Émilie Bibeau). «Des gens écrivent pour nous dire que depuis l'apparition de Renaud à l'écran, leur enfant (intellectuellement déficient) est accueilli différemment dans sa famille élargie ou dans la cour d'école avec les autres jeunes», raconte Annie Piérard.

Elle observe un phénomène similaire avec la dépression du personnage de Guylaine Tremblay, qui a broyé du noir pendant toute une saison. «Une mère nous a confié que grâce à l'émission, sa fille avait enfin compris l'épreuve qu'elle traversait. L'instantanéité de la télévision me surprend toujours. Quelque chose passe à la télévision et le lendemain, on en parle au dépanneur. Ça entre presque immédiatement dans le folklore populaire.»

Bernard Dansereau tient toutefois à préciser qu'il n'a jamais voulu écrire de façon didactique. «Nous n'essayons pas de souligner ces enjeux à grands traits. Le ton doit être humoristique ou dramatique, et toujours aussi humain que possible.»

Cette petite voix

Depuis le premier épisode, on entend la voix hors champ d'Annie, un procédé déjà utilisé notamment dans la série Ally McBeal. Avec Guylaine Tremblay, le ton devient moins ironique et stylisé, et donc plus intime. «L'idée était présente dès le début du projet, explique Bernard Dansereau. On voulait donner accès à l'intimité du personnage. C'était une façon de montrer la différence entre ce qu'elle ressent et ce qu'elle exprime. Aux gars qui pensent connaître leur conjointe, on montrait qu'ils peuvent parfois se tromper. On voulait beaucoup miser là-dessus. Mais comme les émissions avaient de plus en plus de personnages (plus de 170 au total), cet aspect a pris un peu moins de place.»

Symbiose

«Les personnages d'Annie et Hugo, c'est un peu nous, les infidélités en moins», lance Bernard Dansereau. Annie Piérard avait 40 ans quand ils ont commencé à écrire le premier scénario. Avec le temps, les deux personnages principaux du téléroman ont trouvé «leur propre logique, leur propre identité». En plus de s'éloigner des auteurs, ils sont devenus indissociables des acteurs qui les incarnent. Selon Annie Piérard, c'est la principale raison du succès du téléroman. «La chimie entre Guylaine Tremblay et son personnage est vraiment particulière, estime-t-elle. Même chose pour Denis Bouchard, Claude Legault, Hélène Bourgeois-Leclerc et les autres.»

Cette relation s'est développée avec le temps. Car les rôles n'ont pas été écrits en fonction d'un acteur. Chacun de ces comédiens a dû mériter sa place en audition.

L'intrigue avortée

Le punch suivant était prévu pour la saison 3: à l'hôpital, Éric (Claude Legault) regarde Geneviève accoucher de ce qu'il croyait être leur bébé. Un bébé mulâtre, constate-t-il à son grand étonnement... «Quand notre producteur (Jocelyn Deschênes) a lu cet extrait du texte, il nous a demandé: c'est important, ça?» Le problème, c'est que M. Deschênes préparait alors une autre émission, Les hauts et les bas de Sophie Paquin. Le premier épisode, qui n'était pas encore tourné, prévoyait le même dénouement surprise. Il fallait choisir. «Comme ce n'était pas central à notre intrigue et que ça l'était pour celle de Sophie Paquin, on a accepté sans problème de changer le scénario», se souvient Bernard Dansereau.

Pas de tomates

Pourquoi mettre fin à l'aventure aujourd'hui? «On voulait faire autre chose, répond simplement Bernard Dansereau. Aussi, on craignait toujours d'écrire la saison de trop, celle qui devient moins bonne. Là, on quitte sans que personne ne nous lance de tomates. C'est bon signe!» Mais le couple d'auteurs ne se sépare pas de ses deux principaux acteurs. Après leur premier téléroman, ils écriront leur première pièce de théâtre, Ça se joue à deux, présentée l'automne prochain au Théâtre Saint-Denis. Elle aussi mettra en vedette Guylaine Tremblay et Denis Bouchard. «Dans Annie et ses hommes, on leur demandait de jouer le plus naturellement possible. Comme ce sont aussi d'excellents acteurs de composition, on a voulu exploiter ce talent au théâtre. Ils joueront tous les personnages de la pièce», indique Annie Piérard. Les scénaristes planchent aussi sur un autre projet à TVA, la télésérie Je le jure qui portera sur le monde des procureurs de la couronne. Elle sera également produite par Sphère Média.

Succès populaire

> 30 prix Gémeaux (cinq pour Meilleur téléroman, six pour Meilleur texte - téléroman, quatre pour Meilleure réalisation - téléroman et 15 pour Meilleure interprétation - téléroman).

> Intronisés aux Immortels de la télévision: les auteurs Annie Piérard et Bernard Dansereau, le réalisateur Richard Lahaie et les comédiens Denis Bouchard et Marc Béland.

> 9 prix Artis pour Denis Bouchard et Guylaine Tremblay.

> 6 prix MetroStar pour Denis Bouchard et Guylaine Tremblay.

 




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