(Québec) Alors que le milieu de la danse est secoué par une vague d’allégations d’abus de pouvoir, de harcèlement psychologique et d’agressions sexuelles, Québec réitère qu’il encourage « les gens, les femmes à dénoncer » leurs agresseurs.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

La Presse révélait jeudi qu’une quinzaine de danseurs professionnels tentent de faire tomber l’omerta qui existe dans leur milieu parfois « toxique » où les abus sont encore bien présents.

« [On a toujours] le même message d’encouragement aux gens, aux gens de dénoncer. Ça prend beaucoup de courage pour le faire et il ne faut pas endiguer ce mouvement », a dit la vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault.

« Il n’y a pas de limite à ce qu’on peut accepter en danse. Si on dit non, on sera alors considérée comme difficile. On va donc accepter de se faire violenter, simplement pour mettre du beurre sur nos toasts », expliquait jeudi la chorégraphe Geneviève C. Ferron à La Presse.

« Ça fait trois ans que je suis en poste et j’ai assisté à plusieurs exemples de personnes qui ont pris les renseignements, mais qui ont renoncé à porter plainte, parce qu’elles ne voulaient pas que ça sorte publiquement », a également témoigné la directrice du Regroupement québécois de la danse, Fabienne Cabado.

« Lorsque nous sommes jeunes, on ne sait pas ce qui est correct ou pas correct. Étant donné qu’on saigne des orteils et qu’on s’inflige tant de douleurs, une main sur une fesse… un doigt dans un vagin… un pénis dans la bouche. On finit par se dire : ce n’est pas bien grave ! Ça ne fait pas si mal que ça ! », a également confié une ex-étudiante en danse qui a subi des abus sexuels étant mineure.

Un comité de travail non partisan réunissant des députées des quatre partis politiques à l’Assemblée nationale travaille sur la question des abus sexuels afin que les femmes qui portent plainte – dans toutes les sphères de la société-soient mieux entendues par le système de justice et policier.