La nouvelle création de Flip Fabrique s’arrête enfin à Montréal après avoir soufflé sur Québec en septembre. Blizzard, cette ode à l’hiver québécois, s’installera donc à la TOHU pendant le temps des Fêtes.

Jean Siag Jean Siag
La Presse

On ne leur en voudra pas d’avoir présenté Blizzard d’abord à Québec (au Diamant), leur ville d’origine. Et avant ça au Fringe d’Édimbourg, au festival Latitude en Angleterre, au très couru Carré Cirque d’Amsterdam… Bon, il était quand même temps qu’ils rendent visite aux Montréalais, non ? C’est que Flip Fabrique est demandé, il faudra s’y faire.

La dernière fois que la compagnie de Québec a passé les Fêtes à la TOHU, c’était à l’hiver 2014. Elle y avait présenté (à guichets fermés) son premier spectacle Attrape-moi, qui a triomphé dans la métropole — « Sont pas Montréalais, eux ?… », chuchotait-on. Euh, non. Tous des habitants de Québec, diplômés de l’École de cirque de la Vieille Capitale.

Depuis, il y a eu Transit, deuxième spectacle de tournée avec les six cofondateurs réunis sur scène, des virées en Europe, Édimbourg quatre ans d’affilée, puis, bien sûr, leurs spectacles extérieurs gratuits à Québec, Féria, Crépuscule et Vents et marées, qui ont rejoint des centaines de milliers de Québécois… et récolté la sympathie du maire Labeaume.

PHOTO PATRICE LAROCHE, LE SOLEIL

Bruno Gagnon, directeur artistique et général de Flip Fabrique

Blizzard est donc le troisième spectacle de tournée de la compagnie, dirigée depuis sept ans par Bruno Gagnon.

« Je crois que c’est notre spectacle le plus abouti », nous dit le directeur artistique et général de la compagnie, qui sera sur scène avec un autre des cofondateurs, Hugo Ouellet-Côté, mais aussi avec sa tendre moitié, Camila Comin, entre autres. 

De la première note musicale jusqu’au dernier flocon de neige, qui tombe pendant qu’on fait une colonne espagnole dans un cube qui tourne, tout a été rigoureusement pensé.

Bruno Gagnon, directeur artistique et général de Flip Fabrique

La mise en scène est signée Olivier Normand, qui a conçu à peu près tous les spectacles de Flip. Au piano, c’est le compositeur et musicien Ben Nesrallah qui sera sur scène avec les sept acrobates — la plus importante distribution de la compagnie.

PHOTO PATRICE LAROCHE, LE SOLEIL

Le musicien Ben Nesrallah sera sur scène avec les sept acrobates de Flip.

« On a conçu le spectacle en tableaux, précise Bruno Gagnon. Des tableaux qui représentent l’hiver. C’est peut-être le plus poétique de nos spectacles, même si ça reste très acrobatique. On est moins dans cet esprit de groupe ou de clan qu’on a exploré dans Transit, Attrape-moi ou Féria. Avec Blizzard, on a voulu aller ailleurs. »

Du pain sur la planche

Que sont devenus les autres membres fondateurs du groupe ? « Francis [Julien] s’est marié, il dit qu’il est à la retraite, mais on le booke encore sur 50 shows par année ; Christophe [Hamel] est maintenant technicien machiniste pour la compagnie ; Jade [Dussault] et Jérémie [Arsenault] sont sur Transit, qui est en tournée aux Pays-Bas, donc ils sont tous encore très présents dans la compagnie. »

Si Transit a été le dernier spectacle réunissant les six membres fondateurs de Flip, Blizzard sera vraisemblablement le dernier spectacle de tournée de Bruno Gagnon à titre d’acrobate. Est-ce que le collectif survivra au retrait de la scène de ses fondateurs, comme Les 7 Doigts ont réussi à le faire ?

« Absolument », répond Bruno Gagnon, qui a 31 ans [et une fille de 4 ans]. « On va continuer, même si on n’est plus sur scène. »

On va créer un nouveau spectacle l’an prochain, on a plein de projets et moi, éventuellement, je vais me consacrer à temps plein à la direction artistique et générale de la compagnie. Il y a énormément de pain sur la planche !

Bruno Gagnon

D’ici là, Flip ne chômera pas. Le collectif aura son char allégorique pour la deuxième année de suite au Carnaval de Québec (en février prochain), en plus de démarrer sa nouvelle création, qui sera annoncée en janvier. Quant au spectacle extérieur de l’été prochain, place Jean-Béliveau, Bruno Gagnon a bon espoir de voir ce contrat de la Ville reconduit après cinq ans de loyaux services. 

« Si Dieu le veut, on sera là », laisse-t-il tomber. Dieu et Régis Labeaume, s’entend.

À la TOHU, du 17 décembre au 5 janvier