(Las Vegas) Avec Mad Apple, son sixième spectacle présenté à Las Vegas, le Cirque du Soleil a décidé d’emprunter des sentiers complètement nouveaux en conviant notamment des humoristes sur scène.

Publié le 26 mai
Stéphanie Morin
Stéphanie Morin La Presse

En effet, le spectacle inspiré des nuits new-yorkaises – et présenté comme de raison à l’hôtel-casino New York-New York – se distingue par la présence d’humoristes et d’un rappeur improvisateur qui partagent la scène avec des acrobates. Les mots, en anglais seulement, prennent donc une place prépondérante dans le spectacle.

Simon Painter, cocréateur de Mad Apple, explique : « Il était temps d’essayer quelque chose de différent et la direction du Cirque nous a appuyés dès le début. Ce que nous proposons est un spectacle festif, avec des acrobates, oui, mais aussi des humoristes qui viennent faire du stand-up, des musiciens, un illusionniste. »

Il n’y a pas de ligne narrative, pas de fil rouge au spectacle. On veut offrir le meilleur party en ville, inspiré de ce qu’on peut voir le soir à New York.

Simon Painter, cocréateur de Mad Apple

Pour ce faire, les créateurs ont choisi des humoristes qui attirent déjà un large auditoire aux États-Unis, à commencer par Brad Williams. L’humoriste, né avec l’achondroplasie, est apparu dans plusieurs émissions télé à succès (dont The Tonight Show) et est passé plusieurs fois à Montréal dans le cadre du festival Just For Laughs. Le New-Yorkais Harrison Greenbaum participe aussi au volet humoristique de Mad Apple. Quant à Chris Turner, ce rappeur freestyle originaire d’Angleterre, il improvise in situ un rap à partir des suggestions du public. Mercredi, lors de la présentation aux médias, il a montré l’étendue de son talent en rappant notamment sur NSYNC et le procès opposant Johnny Depp et Amber Heard.

« Une approche rafraîchissante et différente »

La musique occupe aussi une place de choix dans ce spectacle qui rassemble une distribution de 48 artistes. Parmi les musiciens se trouve le saxophoniste québécois Jean-François Blais, qui a joué pendant 18 ans dans le défunt spectacle Zumanity, qui était présenté dans la salle du New York-New York.

« À 90 %, les chansons qui sont jouées dans le spectacle sont connues du public. Ça va de Gershwin à Billy Joel, en passant par Aaron Copland ou des artistes de hip-hop. Toutes les chansons ont un lien avec New York. »

Que pense-t-il de ce spectacle nouveau genre, où les humoristes occupent le devant de la scène ?

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

Le saxophoniste québécois Jean-François Blais fait partie du groupe de cinq musiciens (auquel s’ajoutent cinq chanteurs) de Mad Apple.

C’est une approche rafraîchissante et différente. Les puristes du cirque vont peut-être être déçus de voir qu’il n’y a pas autant d’éléments acrobatiques que d’habitude. Mais avec la comédie et les musiciens live qui vont dans la foule, l’ambiance est différente. Et les éléments acrobatiques qui restent sont super forts, super efficaces.

Jean-François Blais, saxophoniste

Mercredi, les médias ont eu droit à un numéro de jeux icariens à très haut degré de difficulté. Pendant qu’un porteur faisait virevolter un acrobate à l’aide de ses pieds, la scène et la salle étaient envahies par les cinq musiciens de l’orchestre. Des numéros de roue de la mort et d’acrobaties aériennes figurent aussi au programme.

Autre différence entre Mad Apple et ses prédécesseurs sur la Strip : le spectacle s’adresse exclusivement aux 16 ans et plus. Les moins de 18 ans doivent être accompagnés d’un adulte. « Ce n’est pas un spectacle pour les enfants, dit Simon Painter. Les humoristes n’ont aucune contrainte, sauf celle d’être drôles. Les gens qui sont facilement offensés risquent de l’être ici aussi ! » Le cocréateur du spectacle ajoute qu’au fil du temps, les humoristes sur scène vont changer. « J’ai déjà des appels d’humoristes de calibre international qui expriment leur intérêt. Tout est possible. Si Dave Chappelle est en ville un soir et qu’il veut venir offrir un numéro de cinq minutes, pourquoi pas ? »

Bref, Mad Apple se veut une petite (voire une grande) révolution pour le Cirque du Soleil à Las Vegas. Reste à voir si ce spectacle nouveau genre connaîtra un meilleur sort que R.U.N., qui se voulait révolutionnaire avec sa distribution composée de cascadeurs, mais qui est mort de sa belle mort après seulement quatre mois sur la scène du Luxor.

Les frais de transport et d'hébergement sont payés par le Cirque du Soleil.