Depuis mars 2020, Robert Marien a passé 96 jours en quarantaine ! À Taiwan, en France, au Japon… En plus d’avoir été hospitalisé à Séoul, en octobre dernier, après avoir subi un test positif au coronavirus.

Luc Boulanger
Luc Boulanger La Presse

« La moitié de la troupe de Notre-Dame de Paris avait aussi reçu un test positif. Comme j’ai 65 ans, les Coréens n’ont pas pris de risque. On m’a isolé dans un hôpital. Je n’ai pas vu la lumière du jour pendant deux semaines. Mais j’ai été chanceux. J’ai eu peu de symptômes et j’ai développé des anticorps. »

Qui a dit que la carrière internationale d’un acteur de théâtre était une sinécure ?

La Presse a joint le comédien mardi à Tokyo, où il incarne Ponce Pilate dans la comédie musicale Jesus Christ Superstar à l’Orb Theatre. Une salle de 2100 places (remplie à 50 % de sa capacité, mesures d’urgence sanitaire obligent), située dans le quartier d’affaires Shibuya.

« On joue avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, nous racontait-il au téléphone mardi. Les artistes internationaux sont tous vaccinés. On est dans une bulle. On se déplace en taxi. On ne peut pas aller manger en groupe au resto. Et on doit toujours porter son masque aussitôt qu’on sort de la scène, même dans les coulisses. »

Ironie du sort, à la suite d’un test effectué le jour même de notre appel, un musicien a été déclaré positif à la COVID. Même si tous les autres membres de la production sont négatifs, les spectacles de ce jeudi et de ce vendredi à Tokyo ont été annulés. La troupe va repasser un test cette semaine pour savoir comment se déroulera la suite.

PHOTO TAKAHIRO WATANABE, FOURNIE PAR LA PRODUCTION

La troupe de Jesus Christ Superstar

Les Miz, 30 ans plus tard

Mais la pandémie pourra difficilement arrêter dans son élan Robert Marien, qui célèbre cette année les 30 ans de la création de la version française des Misérables, au Théâtre Mogador, à Paris, où il jouait Jean Valjean. Cette production lui a ouvert grandes les portes pour lancer sa carrière internationale. « C’est ma carte de visite », résume le comédien qui n’a pas d’attaché de presse et qui fait sa promotion sur Facebook.

Avant de connaître le succès à la télévision à la fin des années 1980 (le défenseur du National dans Lance et compte, ça vous rappelle quelque chose ?), il a étudié à l’Option théâtre du collège Lionel-Groulx. Il est un ardent défenseur du théâtre musical. Et rêve depuis sa tendre jeunesse de créer un mini-Broadway au Québec. En vain…

PHOTO ATSUTOSHI SHIMOSAKA, FOURNIE PAR LA PRODUCTION

Robert Marien dans Jesus Christ Superstar

Si vous me demandez si je peux gagner ma vie au Québec juste avec la comédie musicale, la réponse est non. C’est pour ça que je m’exile six mois par année pour travailler.

Robert Marien

« À Tokyo, l’Orb Theatre est un théâtre privé important qui se consacre, depuis une décennie, presque exclusivement aux comédies musicales comme diffuseur et producteur, poursuit-il. Après Jesus Christ Superstar, il présentera Annie, Oliver et Singing in the Rain. Et le New Year’s Musical Concert. C’est la neuvième fois que je joue pour cette compagnie, la première a été avec Notre-Dame de Paris, en 2013. »

Alors que le confinement a mis sur pause ses projets, comme ceux de tous les artistes de la scène, les tournées de spectacles reportées recommencent peu à peu à l’étranger. « Par exemple, Don Juan à Moscou, Notre-Dame à Taiwan, en Corée, peut-être en Chine. Il est probable qu’on se retrouve avec deux troupes de Notre-Dame de Paris en Asie », se réjouit-il.

Retour au pays

Malgré ses multiples tournées en Asie et en Europe, Robert Marien est toujours ému, fébrile, quand il voit flotter des petits drapeaux du Québec dans le public lors du salut sur scène. Comme lors de sa première à Tokyo, jeudi dernier. Lorsqu’il retournera au Québec début août, il n’aura plus de quarantaine à faire. Pour son plus grand bonheur !

Robert Marien pourra alors retrouver sa famille, puis chanter au concert Les grandes chansons françaises, le 15 août, à l’amphithéâtre Fernand-Lindsay de Lanaudière. Pour ce spectacle musical, il partagera la scène avec Marc Hervieux, Christian Marc Gendron et l’orchestre La Sinfonia de Lanaudière, dirigé par le chef Stéphane Laforest. Pour reprendre les classiques d’Aznavour, Bécaud, Brel, Fugain, Trenet, Delpech, entre autres.

Consultez le site Sinfonia Lanaudière