La fermeture des frontières canadiennes aux non-résidents n’inquiète pas encore les grands festivals, dont la tenue, pour la plupart, est prévue dans plusieurs mois encore. En cas d’annulation, on espère toutefois que le gouvernement maintiendra ses subventions, afin de pallier un tant soit peu les pertes.

Marissa Groguhé Marissa Groguhé
La Presse

Pour l’instant, a précisé le premier ministre Justin Trudeau lundi, les voyageurs américains sont exemptés de cette interdiction d’entrée. Ce qui pourrait permettre aux festivals de maintenir une programmation majoritairement inchangée.

Au festival de musique urbaine Métro Métro, toutes les têtes d’affiche sont originaires des États-Unis. Mis à part le rappeur français Booba, dont la venue est fortement menacée, tandis que la France durcit de plus en plus ses propres règles pour empêcher la propagation du virus.

Métro Métro, qui doit se dérouler du 15 au 17 mai, lance la saison estivale des festivals dans tout juste deux mois.

Ce même week-end, le festival Santa Teresa prévoit lancer sa quatrième édition. L’événement pourrait avoir à rayer Pussy Riot de son affiche, alors que le groupe féministe russe annonçait la semaine dernière que sa tournée était reportée.

Roméo Elvis, tête d’affiche originaire de Belgique, pourrait aussi ne pas pouvoir s’envoler vers Sainte-Thérèse en raison des restrictions d’accès au pays, si celles-ci devaient se prolonger. Santa Teresa compte sinon sur une programmation majoritairement locale.

L’organisation, contactée par La Presse, ne préfère pas se prononcer pour le moment, ni sur la venue de Pussy Riot, ni sur quelconque chamboulement de programmation, puisque le festival n’est pas encore à nos portes. On nous indique que des mesures seront prises s’il y a lieu.

Soutien gouvernemental

Si toutefois un festival devait être annulé, en raison de la fermeture des frontières, du prolongement ou du durcissement de l’interdiction de rassemblement de plus de 250 personnes, les organisateurs comptent sur un appui gouvernemental.

En cas d’annulation, « on a confiance, on pense que les gouvernements vont être au rendez-vous, notamment en maintenant les subventions et ce, même en dépit de la non-présentation des événements, pour palier à l’éventuelle perte de revenus autonomes et en considérant que des dépenses sont engagées pour les éditions 2020 », nous a fait savoir Martin Roy, président-directeur général du Regroupement des événements majeurs internationaux (RÉMI).

Parmi ses membres, le FEQ, Osheaga, Piknic Électronik, les Francos, l'International des Montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu et plusieurs autres. Les revenus autonomes représentent 84 % des budgets des membres du RÉMI.

Pas de décision pour l’instant

Pour evenko, producteur des festivals Osheaga (du 31 juillet au 2 août), Lasso (14-15 août) et îleSoniq (7-8 août), l’annonce du gouvernement n’exige pas que des décisions soient prises dans l’immédiat concernant ses événements.

« Cela étant dit, evenko suit de très près la situation du COVID-19, affirme Philip Vanden Brande, gestionnaire des relations publiques pour evenko. Si la situation devait évoluer, nous suivrons la direction des gouvernements. La santé et la sécurité de nos fans, employés et partenaires sont nos plus grandes priorités. Nous mettrons donc en œuvre toutes les mesures de sécurité nécessaires selon les besoins. »

Même réaction du côté du Festival d’été de Québec (FEQ), autre événement dont la tenue pourrait être menacée si la fermeture des frontières devait se maintenir sur plusieurs mois. « Notre événement étant en juillet, l’annonce d’Ottawa ne change rien pour nous en ce moment », nous indique Véronique Brouillé, relationniste du festival.