Les consommateurs de cannabis qui fréquentent les sites extérieurs des différents festivals à Montréal n’ont pas eu de mauvaise surprise jusqu’à présent. Comme promis par les autorités provinciales et municipales, ils ont pu fumer leur herbe sans se faire embêter.

Jean Siag Jean Siag
La Presse

Étant donné que la Ville de Montréal n’a pas adopté de résolution spéciale pour encadrer la consommation de cannabis sur les sites de festivals, c’est la loi provinciale qui s’applique. Et cette loi permet notamment aux gens de posséder jusqu’à 30 g de cannabis séché (ou son équivalent) dans un lieu public.

Pour ce qui est des restrictions de lieux, les limitations sont celles qui s’appliquent au tabac, avec des restrictions particulières pour les espaces réservés aux familles.

Il est également interdit de fumer sur les terrains d’établissements scolaires, dans les aires de jeux pour enfants, sur les terrains sportifs ou de camps de jour, mais il n’y a rien de précis visant les sites extérieurs où se produisent des artistes à l’occasion d’un spectacle ou d’un festival.

Cet espace discrétionnaire a donné la marge de manœuvre nécessaire aux autorités municipales pour limiter encore plus la consommation de cannabis, par exemple en identifiant des zones permises ou non.

Pas de restrictions additionnelles

Evenko, qui produit les festivals Osheaga (qui débute le 2 août), Heavy Montréal et ÎleSoniq et dont le propriétaire, le Groupe CH, possède aussi L'Équipe Spectra (Jazz, Francos, Montréal en lumière), nous confirme qu'il respecte la loi en vigueur au Québec, sans restrictions additionnelles.

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

Sur la place des Festivals, le 18 juin dernier, des amateurs de musique ont pu fumer du cannabis sans être embêtés.

« Cela signifie que nous acceptons la possession et la consommation de cannabis sous réglementation », nous a écrit son gestionnaire principal des relations publiques, Philip Vanden Brande.

Même scénario à Laval, où aucune résolution n’a été adoptée pour restreindre davantage la consommation de cannabis sur les lieux extérieurs. La Ville de Laval applique les lois provinciale et fédérale en vigueur, nous a indiqué Anne-Marie Braconnier. Le Service de police de Laval (SPL) est donc responsable de cette application lors d’événements publics.

Le 24 juin dernier, lors du spectacle de la fête nationale au Centre de la nature de Laval, il y avait, bien sûr, parmi les quelque 40 000 festivaliers, de nombreux fumeurs de cannabis, comme a pu le constater La Presse.

Vérification faite auprès du SPL, qui a déployé une soixantaine d’agents ce soir-là, il n’y avait aucun mandat pour limiter ou interdire la consommation de cannabis, nous a confirmé l’agente aux affaires publiques Julie Marois, malgré le caractère familial de la fête. Aucune plainte n’a été enregistrée ce soir-là non plus.

« Aucun incident n’a été rapporté, il n’y a eu aucun constat d’infraction émis. Notre priorité est d’assurer la sécurité des participants et l’accès des services d’urgence. On n’avait pas de mot d’ordre pour empêcher les consommateurs de cannabis [majeurs] de fumer. »

Julie Marois, agente aux affaires publiques de la police de Laval

À Québec, la situation est différente, la Ville ayant voté une résolution interdisant la consommation de cannabis dans tous les espaces publics. Le Festival d’été de Québec se conforme ainsi à cette réglementation municipale.

« Conformément au règlement municipal de la Ville de Québec et à celui de la Commission des champs de bataille nationaux qui interdisent la consommation de cannabis sur leur territoire, la possession de cannabis n’est pas permise à l’intérieur des périmètres du Festival d’été de Québec. Le cannabis figure donc sur la liste des objets interdits, au même titre que l’alcool », nous a indiqué l’organisation par courriel.

Rectificatif : Une version antérieure de ce texte indiquait qu'evenko était propriétaire de L'Équipe Spectra. C’est inexact. C'est le Groupe CH qui est propriétaire de L'Équipe Spectra (et d'evenko, par ailleurs). Nos excuses.