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Première neige/First Snow: gens du pays

L'auteur Philippe Ducros et le metteur en scène... (Photo André Pichette, La Presse)

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L'auteur Philippe Ducros et le metteur en scène Patrice Dubois ont réuni autour d'eux une quinzaine de collaborateurs provenant des deux côtés de l'océan pour créer la pièce Première neige/First Snow.

Photo André Pichette, La Presse

Bien reçue par la critique et le public au festival Fringe d'Édimbourg, en août dernier, Première neige/First Snow s'installe dès demain au Théâtre de Quat'Sous. Entrevue croisée avec l'auteur Philippe Ducros et le metteur en scène Patrice Dubois sur les projets collectifs et l'espoir politique.

Pour deux (modestes) compagnies comme le PÀP et Hôtel-Motel, Première neige/First Snow, né en marge du référendum écossais de 2014, est un projet à la fois ambitieux et exaltant. Fruit d'une collaboration avec le National Theatre of Scotland (au départ, il y avait des comédiens catalans, mais ils se sont retirés du projet), la pièce marque une belle collaboration entre deux frères de scène et de sang, Patrice Dubois et Philippe Ducros. Ces derniers ont réuni autour d'eux une quinzaine de collaborateurs provenant des deux côtés de l'océan.

Au départ, les créateurs québécois croyaient tendre un miroir à leurs questionnements politiques depuis le référendum (de 1995). «L'Écosse a vécu des choses similaires avec le Québec, par rapport à l'identité, au territoire et la question nationale», explique Philippe Ducros, qui a coécrit le texte avec les Écossais Davey Anderson et Linda McLean.

Au fil des échanges et des voyages, la production a pris forme. Ils ont vu des similitudes historiques, politiques et sociales entre l'Écosse et le Québec. Mais aussi des divergences d'opinions et des visions différentes de la politique nationale ici et là-bas. 

«Il y a quelque chose de très humain dans la quête d'indépendance des peuples et des individus, explique Dubois. Dans la courbe dramatique de la pièce, on passe par plusieurs étapes, avec des frictions, des désaccords, des interrogations et des désillusions, mais on finissait toujours par discuter, autour de la table, du projet commun qui est au coeur du vivre-ensemble. Peu importe le territoire...»

Ni oui ni non

Si la pièce aborde la politique et la souveraineté des nations, elle le fait de façon non partisane, affirment ses créateurs. 

«C'est une invitation au dialogue adressée à tout le monde, peu importent ses options politiques», dit Patrice Dubois.

Entre fiction et réalité, les auteurs de Première neige/First Snow anticipent un idéal pour atteindre l'indépendance. Le projet souverainiste, selon eux, doit s'adapter à notre époque très individualiste. «L'humanité, c'est pourtant la quête de soi à travers une quête commune», résume Patrice Dubois qui, par ailleurs, défendra le rôle du professeur Keating dans La Société des poètes disparus, dès le 20 mars au Théâtre Denise-Pelletier.

«Il y a deux axes dramatiques, avance Ducros. Les comédiens jouent un rôle et parlent parfois en leur propre nom, le tout dans le contexte d'une conversation houleuse lors d'un souper de famille. La famille étant la métaphore du pays où, autour de la table, ses membres discutent du projet commun à partager avec la grande famille humaine.»

L'espoir politique

L'idée de souveraineté revêt donc plusieurs visages dans Première neige/First Snow. Selon Patrice Dubois, il ressort des échanges entre les artistes l'envie de se libérer des idées reçues «pour écrire une autre "Histoire" que celle du passé, construite autour du rêve - et de l'échec - d'une indépendance pour nous libérer de nos complexes».

«Le sujet de la pièce, ce n'est pas les référendums et les mouvements nationalistes. Le spectacle parle d'espoir politique. Le fil rouge, c'est la quête d'un projet de société commun», explique Philippe Ducros.

«La souveraineté à atteindre peut être à la fois personnelle, sociale ou territoriale, poursuit-il. L'espoir individuel, on en trouve des exemples partout... Mais l'espoir collectif, c'est rare à trouver et à garder de nos jours.»

L'hiver de force

Première neige/First Snow fait référence à la douceur, à la lumière et à la blancheur des horizons tout blancs. Mais aussi à un souvenir précis de Philippe Ducros qui remonte au 1er novembre 1995. 

«Au surlendemain du second référendum, je marchais seul dans la rue Prince-Arthur, avec un gros mal de bloc, se souvient-il. Soudainement, la neige a commencé à tomber sur la ville. Avec le recul, je réalise que cette première neige représentait le début d'un long hiver politique au Québec...»

Or, justement, Première neige/First Snow est né de leur désir de sortir de cet «hiver politique» pour apprécier la beauté et la pureté de la première neige «qui est aussi synonyme de renouveau», illustre Ducros qui juge impératif que les gens du pays s'assoient ensemble autour de la table pour trouver un véritable projet commun.

«C'est la différence entre une communauté et une société, dit-il. La première est un microcosme où ses membres partagent un même bagage. Tandis qu'une société ne partage pas nécessairement la même histoire, ni les mêmes enjeux et les mêmes désirs.»

Ce spectacle, bilingue avec des surtitres, a été concocté avec beaucoup de patience et de conviction sur quatre années et deux continents. Parmi les comédiens du Québec et d'Écosse, on retrouvera sur scène Isabelle Vincent, François Bernier, Guillermina Kerwin et Harry Standjofski. Au Quat'Sous, du 26 février au 23 mars




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