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Pour réussir un poulet: la recette épicée de Fabien Cloutier

Fabien Cloutier, qui signe les textes et la... (PHOTO: OLIVIER JEAN, LA PRESSE)

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Fabien Cloutier, qui signe les textes et la mise en scène de Pour réussir un poulet, s'est inspiré d'un de ses voisins pour créer cette pièce racontant l'histoire de deux amis un peu paumés qui vivent de petits boulots en attendant des jours meilleurs.

PHOTO: OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Deux ans après la création de Billy (les jours de hurlement), Fabien Cloutier continue de s'intéresser au destin tragicomique des petites gens qui font (presque) toujours les mauvais choix. Avec une diabolique habileté à nous mettre face à nos propres contradictions.

Ils sont deux amis un peu paumés. Un peu oisifs. On pourrait même dire un peu «vedge». Ils s'appellent Steven Gilbert et Carl Beaudoin et ils vivent de petits boulots en attendant des jours meilleurs. Finalement, ce sont un peu les Vladimir et Estragon de la Beauce.

Fabien Cloutier sait mettre le feu aux poudres. Comme le coloré personnage du «chum à Chabot» qu'il incarne dans Scotstown et Cranbourne, ses deux lascars, interprétés par Hubert Proulx et Guillaume Cyr, ne se gênent pas pour dire absolument tout ce qu'ils pensent.

«Je voulais qu'on ait accès à leur fond, nous dit Fabien Cloutier. À leurs défauts, mais aussi à leur désir de lumière. Mes personnages veulent être les héros de leur propre vie. Il y a un côté épique à leur quête. Je ne voulais pas que leur histoire soit simplement anecdotique.»

Steven et Carl acceptent de travailler pour un propriétaire de centre commercial sans scrupules, Mario Vaillancourt (Denis Bernard), dont les projets d'affaires sont tous plus louches les uns que les autres. Ils commencent par ramasser du fer, puis s'embarquent dans une entreprise de revente d'huîtres qui tourne mal...

C'est Misteur Valaire qui a composé la musique de la pièce, une première incursion dans le monde du théâtre pour le groupe originaire de Sherbrooke.

Éclairer la marge

L'action ne se déroule pas dans un lieu en particulier. «Pour moi, ça pourrait se passer en ville, à LaSalle ou Hochelaga ou même en banlieue, précise Fabien Cloutier. Ce n'est pas dans un lieu précis, mais dans un univers tissé serré.

«J'aime ces quartiers où la microsociété se crée», confie-t-il.

C'est en voyant un de ses voisins ramasser du fer qu'il a eu l'idée de Pour réussir un poulet.

«Cette faune-là, miséreuse mais débrouillarde, m'intéresse, dit-il. Je le voyais ramener des laveuses laissées dans la rue avec son diable. Parfois, il marchait avec sa fille, puis il était gentil avec elle. Mais je le voyais scier ses pièces de métal pas de lunettes, en bedaine... Dans un sens, c'est pas normal, mais ça fait partie de la réalité.»

Au fond, Pour réussir un poulet pourrait se traduire par «pour réussir sa vie», avoir du succès, être heureux.

«C'est comme si je te disais que, pour avoir un bon poulet, il fallait qu'il soit bio, de grain, qu'il y ait de bons ingrédients et qu'il ne soit pas congelé, avance Fabien Cloutier. Ça revient à dire: «Il faut que tu naisses dans un quartier aisé, que ton voisinage soit bon, que tes enfants côtoient des enfants stimulants qui ne les mettront jamais dans la marde, puis il faut que ça aille bien à l'école.» Ça ne se passe pas de même dans la vie!»

Dénoncer l'hypocrisie

L'engagement virtuel des gens qui se donnent bonne conscience en faisant circuler des pétitions électroniques sur l'internet, Fabien Cloutier s'en moque par l'entremise de son personnage de Judith (Marie Michaud), une femme terre à terre qui refuse de jouer sur ce terrain-là. «Elle assume qu'elle s'en crisse», dit Fabien Cloutier.

Pour réussir un poulet dénonce ainsi l'hypocrisie. Le personnage de Mario Vaillancourt, par exemple, est un vil manipulateur, mais il mange du poulet bio. «Il a compris qu'il fallait bien manger, note l'auteur. En même temps, il est prêt à vendre des adolescentes pour payer le déneigement de sa cour. Il fait partie de ces gens qui ont réussi à se convaincre de leur propre morale.»

Peu à peu, nos deux compagnons d'infortune, Steven et Carl, réaliseront qu'ils ne sont pas libres. Même s'ils aspirent à une vie meilleure.

«C'est là que la pièce peut nous toucher, dit Fabien Cloutier. Il y a un vrai désir du mieux, même si on est face à des gens qui font de mauvais choix et qui vont continuer à en faire. Ils prennent conscience de leur situation. À la fin, j'aimerais qu'on puisse les regarder et se demander: «Où est-ce qu'on s'est trompé?»»

À La Licorne du 23 septembre au 1er novembre.




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