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Peter et Alice: miroir, miroir...

On ne peut que s'agenouiller devant l'énergie, la... (Photo fournie par la production)

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On ne peut que s'agenouiller devant l'énergie, la justesse et la grâce de Béatrice Picard en Alice dans City.

Photo fournie par la production

Mario Cloutier

Très beau début de saison chez Duceppe avec cette présentation de Peter et Alice de John Logan. De tous les côtés du miroir de l'enfance, Béatrice Picard nous y subjugue.

John Logan possède une écriture dramatique de la meilleure eau destinée au grand public. On l'a vu avec Rouge l'an dernier au Rideau vert. Confirmation chez Duceppe avec cette pièce sur le pouvoir et les bienfaits de l'imaginaire.

Le dramaturge invente une longue rencontre entre les enfants qui ont inspiré Lewis Carroll et James Barrie pour créer respectivement les personnages d'Alice, du réputé pays des merveilles, et de Peter Pan, l'enfant qui ne veut pas grandir.

Son texte nage entre réalité et fiction, entre le désespoir de Peter et le jovialisme d'Alice. L'équilibre entre le désenchantement de l'un et la résilience de l'autre permet à l'auteur de traiter en filigrane de sujets graves comme la pédophilie et la guerre sans sombrer dans le pathos.

L'enfance malgré tout, nous dit Logan. Celle qui voit toujours le soleil après la pluie, l'espoir malgré la cruauté des espoirs déçus et les vies parfois cruelles, piétinées, abusées, abandonnées.

Des trésors d'inventivité

La scénographie de cette production est éblouissante : entamée en plane bibliothèque et conclue par un ciel étoilé et tenant lieu, au passage, de forêt luxuriante.

On utilise aussi à bon escient les effets d'éclairage et de miroir dans cette histoire de doubles (réalité-fiction, personnages réels et imaginés, relations trouble adulte-enfants).

La mise en scène d'Hugo Bélanger est efficace, bien rythmée et espiègle. Le metteur en scène use habilement de la présence des auteurs Carroll et Barrie, ainsi que des doubles d'Alice et de Peter, personnages imaginaires venant égayer la vie souvent triste d'Alice Liddell Hargreaves et de Peter Llewelyn Davies.

La direction d'acteurs est minée, toutefois, par un choix douteux : celui de faire de Peter un personnage univoque, monocorde, sans relief. Probablement voulu ainsi, le Peter de Carl Poliquin reste passablement drabe. Mais triste et amer ne signifie pas sans émotion, nous semble-t-il. En cela, le comédien ne se montre pas au diapason du reste de la distribution.

On ne peut qu'applaudir à tout rompre, cependant, les interprètes de soutien qui ajoutent beaucoup de couleur au tableau d'ensemble et s'agenouiller devant l'énergie, la justesse et la grâce de Béatrice Picard en Alice. La comédienne y brille ici de tous ses feux.

Cette femme, qui a perdu deux enfants lors de la guerre de 14-18, souffre aussi. Elle vivra tout de même jusqu'à 80 ans alors que Peter Davies connaîtra une fin tragique.

« Ils nous ont volé une partie de nous », disent en choeur Peter et Alice. L'un choisit de s'y morfondre, l'autre préfère traverser le miroir pour transcender la douleur.

Grandir ou pas, telle est la question qui tue Peter. Pourtant, réplique Alice, le pays des merveilles est là, accessible, à portée d'imaginaire.

Chez Duceppe jusqu'au 18 octobre




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