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FTA/Trajal Harrel: Antigone, façon voguing

Antigone Sr. décrit la rencontre de deux mondes:... (Photo Ian Douglas, fournie par le FTA)

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Antigone Sr. décrit la rencontre de deux mondes: la scène du voguing de Harlem et celle de la danse postmoderne de Greenwich Village à New York.

Photo Ian Douglas, fournie par le FTA

Après avoir présenté (M) imosa au Festival TransAmériques en 2012, le chorégraphe et interprète Trajal Harrell est de retour à Montréal avec Antigone Sr., second volet d'une série de spectacles conçus autour d'une seule et même interrogation: Que se serait-il passé si, en 1963, la scène du voguing de Harlem avait rencontré celle de la danse postmoderne de Greenwich Village à New York?

Un questionnement qui a permis à Trajal Harrel de concevoir des spectacles-performances de tailles différentes (XS, M, L, XL...). Il se concentre cette fois sur l'Antigone de Sophocle dans Antigone Sr., l'une des huit pièces composant la série Twenty Looks or Paris is Burning at The Judson Church.

Deux style de danse, une ville

Dans le New York des années 60 émergent deux styles de danse: le voguing, né dans le Harlem homosexuel et transsexuel, qui se caractérise par la pose-mannequin, et la danse postmoderne, qui a pris naissance à la Judson Memorial Church de Greenwich Village. Alors que les danseurs adeptes du voguing se regroupent en équipes et s'affrontent à coups de chorégraphies dans les balls, les adeptes de la danse postmoderne font valoir que tout mouvement est danse et que toute personne est danseur.

Trajal Harrel a imaginé la rencontre de ces deux genres avec la tragédie d'Antigone pour remettre en question la danse, l'identité sexuelle et le pouvoir dominant.

«J'ai découvert le voguing à travers Paris is Burning, film de Jennie Livingston. Puis, en 1998, je suis allé à mon premier voguing ball. J'ai été subjugué par ce que j'ai vu et ça m'a fait réfléchir à la danse contemporaine, qui, à ce moment-là, était très conceptuelle et beaucoup plus orthodoxe que la danse postmoderne», explique Trajal Harrel, qui a décelé dans le voguing un côté aussi contemporain que théâtral, voire postmoderne.

Une réflexion qui a donné lieu à Antigone Sr., où cinq interprètes, dont Trajal Harrel dans le rôle d'Antigone, défilent sur les podiums lumineux. Ils troquent costard et jeans contre des talons hauts, se taillent une toge dans un carré de soie aussitôt transformé en jupe, turban, corsage. Ils jouent ainsi le drame antique, s'élevant contre l'autorité sur des airs pop, des ballades, des tirades déconstruites, se livrant à des batailles déjantées.

«Dans (M) imosa, je m'étais concentré sur les performances de lip synch des voguing balls. Cette fois, je me suis arrêté aux propos du commentateur incisif de ces batailles de voguing», explique le chorégraphe.

Spectacle grande taille

Faisant évoluer ses créations par tailles, Trajal Harrell a choisi de faire d'Antigone la taille «Large» de la série.

«J'essaie d'élargir mon public. Je voulais revisiter les fondations de la tragédie grecque pour attirer les gens qui ne connaissent peut-être rien au voguing ou à la danse postmoderne. Antigone est un personnage incroyable. Tout le monde pense que c'est un rôle féminin, mais, à l'origine, il était joué par un homme. Ce dernier élément fait aussi le lien avec le voguing», précise le créateur et artiste.

On retrouvera ainsi Antigone et sa soeur dans la scène «We are», une bataille entre elle et le roi Créon, puis l'apparition à la cour du prince Hémon et de la reine Eurydice.

«Quand les gens pensent à la tragédie grecque, ils voient ces grands amphithéâtres et des interprètes très austères, mais, en fait, les recherches montrent que c'était beaucoup plus dynamique: un rituel pour les jeunes hommes qui allaient devenir soldats», doit Trajal Harrell qui a fait du classique une célébration du voguing, avec seulement des hommes sur scène tant dans les rôles d'hommes que ceux de femmes.

«Antigone était l'une des rares femmes dans une fiction qui avait le pouvoir de parole», rappelle-t-il.

«Je me suis mis à imaginer que cette pièce avait été créée à l'époque pour faire en sorte que les femmes obtiennent le statut de citoyennes», ajoute Trajal Harell dont le huitième et dernier volet de la série Twenty Looks or Paris is Burning at The Judson Church sera une publication qui verra le jour en 2016.

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À l'Usine C, du 2 au 4 juin.




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