Source ID:516690; App Source:cedromItem

Les liaisons dangereuses: l'insoutenable légèreté de l'ère

Après la générale des Liaisons dangereuses, qui prend l'affiche chez Duceppe... (Photo: Ulysse Lemerise, collaboration spéciale La Presse)

Agrandir

Photo: Ulysse Lemerise, collaboration spéciale La Presse

Après la générale des Liaisons dangereuses, qui prend l'affiche chez Duceppe mercredi soir, La Presse a rencontré en primeur les acteurs et les concepteurs de cette production fort attendue. Sous la direction inspirée de Serge Denoncourt, l'histoire de ces anciens amants, Valmont et Merteuil, se transporte en 1947, alors que Dior lance son «New Look». Dans un monde - pas si loin du nôtre - où le vernis et l'apparence sont rois.

Cachez ces vices que je ne saurais voir!

Pour Serge Denoncourt, les personnages des Liaisons dangereuses, la pièce à succès de Christopher Hampton, d'après le roman épistolaire de Choderlos de Laclos, se cachent derrière le paraître pour survivre. Car ce qu'il y a sous le fard, le lustre et la soie fait peur. Terriblement peur.

Manipulation, trahison, vengeance, perversion et autres cruautés, rien n'est à l'épreuve de la marquise de Merteuil et du vicomte de Valmont. Conquérir est leur destin. Toutefois, au lieu d'envahir des pays, ces libertins s'en prennent au coeur et à l'âme des gens; ces choses humaines et si précieuses, justement parce qu'elles sont immatérielles.

«Tous les personnages sont faux, comme des images en papier glacé de magazines de mode, explique le metteur en scène. Mais en dessous de leurs vêtements, ça pue la merde et la boue!»

«Il y a un contraste entre leur look irréprochable et leur vie réelle, ajoute M. Denoncourt. C'est tout le contraire des pièces de Tchekhov. Ici, les personnages refusent de voir leurs défauts, leur mal de vivre. Ils ne seront JAMAIS dans l'introspection: ils resteront dans le paraître, jusqu'à la mort.»

Une oeuvre toujours revisitée

Depuis que Laclos a publié son roman à scandale, à la fin du siècle des Lumières, on ne cesse d'y revenir. L'oeuvre a été adaptée maintes fois au cinéma, sur les planches, partout dans le monde. Mentionnons deux incontournables: le film de Stephen Frears, réalisé en 1988, avec Glenn Close et John Malkovich en Merteuil et Valmont; au théâtre, l'auteur allemand Heiner Müller a écrit Quartet en 1980, autour des deux personnages principaux des Liaisons dangereuses.

Pas étonnant que ce printemps, le théâtre québécois s'offre deux productions en parallèle des Liaisons. Car le théâtre de La Bordée à Québec présente aussi la pièce, dans une mise en scène d'Érika Gagnon, avec Marie-Josée Bastien et Réjean Vallée, du 15 avril au 10 mai

Chez Duceppe, Serge Denoucourt s'est éloigné du psychologisme. Il s'inspire du cinéma américain et français des années 40 et 50, de films classiques comme Les femmes du Bois de Boulogne ou All About Eve, qu'il transpose dans le beau décor de Guillaume Lord. Tout en exposant le «lifestyle glacé» de magazines comme Harper's Bazaar et Vogue. Le spectacle s'ouvre d'ailleurs sur une «pause» figée, rappelant des pages couvertures de mode réalisées par le photographe Richard Avedon.

«Serge nous demande énormément de précision, de virtuosité. Mais aussi de souplesse et de détente», explique Julie Le Breton, qui joue Merteuil. «Ça reste un jeu de pouvoir et de séduction. On ne joue pas à être méchants, on évite de tomber dans le psychologique», dit Éric Bruneau, qui incarne Valmont.

Puis, il y a bien sûr les magnifiques costumes «haute couture» créés par Barbeau (voir l'autre texte sur le maître des costumes au Québec). En dessous de ces robes et de ces tailleurs, les actrices portent des guêpières, des bustiers «qui leur harnachent le corps», selon l'expression de Denoncourt.

«C'est sportif pour entrer dans nos costumes, mais une fois qu'on est dedans, ça va bien, dit Julie Le Breton. Barbeau comprend bien le corps des femmes. Tout est pensé afin que ça reste fonctionnel.»

Les deux acteurs vedettes de Toute la vérité travaillent depuis plus d'un an en amont avec Denoncourt sur leur rôle. Ils connaissent les failles, les blessures et les moindres plis de ces deux aristocrates libertins, cruels et brillants. Bruneau et Le Breton savent «quel chemin emprunter» pour les faire exister sur scène.

Il ne manque que le public. Et les interprètes piaffent d'impatience de le rencontrer!

________________________________________________________________________________

Au Théâtre Jean-Duceppe, du 9 avril au 17 mai.




À découvrir sur LaPresse.ca

la boite: 1600147:box; tpl: 300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer