L'histoire des ours pandas...: neuf rencontres nocturnes

Édith Côté-Demers, Sonia Cordeau et Charles-Alexandre Dubé, du... (Photo Martin Chamberland, La Presse)

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Édith Côté-Demers, Sonia Cordeau et Charles-Alexandre Dubé, du collectif Chantier. L'histoire des ours pandas... est leur premier projet.

Photo Martin Chamberland, La Presse

Depuis la présentation de La chambre bleue, qui a clos de jolie façon leur formation en jeu au Conservatoire d'art dramatique de Montréal, les huit acteurs de la cohorte 2010 ont formé un collectif baptisé Chantier. L'histoire des ours pandas... est leur premier projet.

Le hasard a fait que ce premier «chantier» hors des murs du Conservatoire se passe également dans une chambre à coucher...

Édith Côté-Demers, qui a adapté ce texte du dramaturge roumain Matéi Visniec, a eu un coup de coeur lorsqu'elle a lu cette pièce pendant sa formation au Conservatoire. «D'abord, le titre m'a tout de suite interpellée, avoue-t-elle. Mais c'est surtout parce qu'il s'agit d'une rencontre amoureuse plus grande que nature, belle et inexplicable.»

L'histoire débute par «Elle» et «Lui» qui se réveillent dans le lit du jeune homme étonné d'être en présence de cette fille. Le couple sera interprété par Sonia Cordeau - également membre du collectif Projet Bocal - et par Charles-Alexandre Dubé, que l'on peut voir dans Unité 9 dans le rôle de Jasmin.

«Dès le départ, la chimie opère entre eux, raconte Édith Côté-Demers. Au moment de se quitter, ils s'entendent pour se revoir. Ils décident qu'ils vont se voir neuf nuits pour mieux se connaître. C'est un huis clos à deux. Mais au cours de ces neuf rencontres, on en vient à se demander si Elle existe vraiment...»

Une belle folie

Si son identité à Elle est nébuleuse, on sait toutefois que Lui est saxophoniste. L'auteur laisse aussi entendre que le jeune homme solitaire a fait des abus. La musique mélancolique, composée et interprétée par Arnaud Allary au saxophone, fait d'ailleurs le lien avec le titre de Visniec.

«Il y a une belle folie et une belle naïveté dans leur relation», estime Charles-Alexandre Dubé. Un jour, elle lui apporte une cage d'oiseau invisible. Au début, il est un peu réticent, mais il finit par jouer le jeu avec elle et à s'abandonner. À lâcher prise sur le concret.»

«J'ai aimé la magie de leur rencontre, insiste Édith Côté-Demers. C'est comme un idéal de rencontre. On a envie qu'il existe, ce couple-là. Ils sont beaux à voir.»

La jeune comédienne et metteure en scène regrette qu'il y ait si peu d'histoires d'amour au théâtre. Des histoires «sans cynisme». Les trois comédiens dans la vingtaine en ont aussi assez qu'on dépeigne les gens de leur génération comme étant incapables de s'engager dans des relations amoureuses. «On veut s'engager, dit Sonia Cordeau. On y croit!»

«Notre époque politique et artistique est sombre et pathétique et ça se reflète beaucoup sur nos scènes, regrette Édith Côté-Demers. Je me suis engagée à ne plus vivre dans la noirceur et le cynisme. À être proactive dans la beauté. Je veux vivre dans la lumière!»

Et les pandas?

Les autres membres du Chantier - Mikhaïl Ahooja, Philippe Audrey, Hugo B. Lefort, Alexandra Cyr et Michèle Dorion - ont participé aux différentes étapes de création. En donnant leur point de vue sur la mise en scène, mais aussi en enregistrant leur voix, que l'on pourra entendre dans la pièce.

L'environnement sonore vise à brouiller l'espace-temps. «À mesure qu'on avance dans le scénario, le lieu est de plus en plus flou», détaille la metteure en scène.

Et le lien avec les pandas, alors? «C'est un petit clin d'oeil d'Elle à Lui à la toute fin de la pièce, révèle Édith Demers-Côté. Elle lui demande quel est son animal préféré et il répond: le panda. Elle lui demande aussi sa ville préférée, et il répond: Francfort, à cause de son jardin zoologique. D'où le titre de la pièce.»

«À bien y penser, estime Charles-Alexandre Dubé, les pandas sont fascinants à regarder. Ils sont attachants. Ils jouent beaucoup. Ils sont dans le moment présent. Ils ont un sourire dans le visage. Enfin, ils sont en voie d'extinction. Un peu à l'image de ce couple amoureux.»

Au Théâtre Prospero du 25 février au 15 mars.




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