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Le Théâtre de Quat'Sous rouvre ses portes

Le directeur artistique du Théâtre de Quat'Sous, Éric... (Photo: Robert Mailloux, La Presse)

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Le directeur artistique du Théâtre de Quat'Sous, Éric Jean, est heureux du travail accompli, notamment pour la salle qui a à peu près la même dimension que celle qui n'est plus.

Photo: Robert Mailloux, La Presse

Alain Martineau
La Presse Canadienne
Montréal

L'immeuble du Théâtre de Quat'Sous, lieu mythique de création théâtrale au Québec, renaît de ses cendres.

L'espace aux lignes modernes remplace le vieux bâtiment de briques, typique du Plateau Mont-Royal, certes, mais qui ne pouvait plus «tenir la route» Toutefois, ses artisans tiennent à garder l'âme et l'esprit de ce lieu mythique.

Le petit théâtre de l'avenue des Pins a pris une allure toute contemporaine avec ses immenses panneaux de verre en façade, laissant pénétrer au maximum la lumière au rez-de-chaussée. Divers «blocs» superposés forment l'ensemble du bâtiment, élégant, constitué de briques noires et d'aluminium perforé, entre autres.

L'espace-théâtre, à l'étage, compte 170 sièges, dix de plus que l'ancienne version. Moderne, il est similaire à l'ancien, de quoi rassurer les fidèles du «Quat'Sous».

«Je pense que l'on a préservé l'âme du théâtre» a soutenu le directeur artistique Éric Jean, visiblement heureux du travail accompli, notamment pour la salle qui a à peu près la même dimension que celle qui n'est plus.

«Les habitués n'en reviennent pas de constater la ressemblance avec l'ancienne salle. C'était important», a souligné M. Jean.

«On a gagné un peu en hauteur et en profondeur, on retrouve les mêmes types de sièges, refaits par une entreprise québécoise, et il y a un peu plus de monde au balcon», a-t-il précisé.

Mais outre l'enveloppe extérieure et l'intérieur du théâtre, la mission de la boîte change aussi.

Ce théâtre, rappelons-le, est le seul dont le mandat est modifié en fonction de ce que décide son nouveau directeur artistique.

Éric Jean, qui a mis en scène Chasseurs, la dernière pièce à être jouée dans le vieux bâtiment, est partisan d'une dramaturgie «éclatée». Le théâtre demeure mais d'autres formes d'expressions viennent s'y greffer.

«Je veux des oeuvres hybrides, le théâtre qui mélange d'autres formes d'art, comme c'est ce cas avec Dans Les Charbons qui a ouvert le nouveau théâtre lundi dernier, et qui englobe de la poésie, de la danse, de la musique, des chansons. J'aime les choses qui sont décloisonnées aussi. C'est, selon lui, nécessaire en 2009, d'ouvrir les horizons. Mais il y aura toujours du théâtre, notre vocation première», a-t-il pris soin de préciser.

L'immeuble d'environ 4,5 millions $ est presque terminé, à l'exception de travaux de finition ici et là.

Des événements spéciaux pour souligner la réouverture sont à venir: une fête populaire le soir du premier mai après la représentation de la rêverie poétique de Louis Mauffette et l'inauguration officielle le 15 mai en présence de dignitaires et de plusieurs artisans, ceux qui ont créé ou gardé actif ce lieu de diffusion original.

La démolition et la reconstruction du théâtre sur l'emplacement sud-est de l'intersection des Pins et Coloniale étaient devenues la solution, pour répondre à l'objectif premier des besoins en matière de création artistique.

On a gardé des souvenirs du vieux théâtre, une image géante de l'oeil du fondateur Paul Buissonneau, des vieilles tables qui ont pris place dans le vaste foyer, une vieille grille récupérée par Buissonneau, le plancher en marbre cassé, etc.

Le Quat'Sous a été fondé au milieu des années 1950, mais il s'est arrêté à son adresse de l'avenue des Pins qu'une dizaine d'années plus tard en présentant «La Florentine» de Jean Canole, jouée par la troupe de Buissonneau. Ce dernier aura mené la barque pendant une trentaine d'années.

Louise Latraverse, Louison Danis, Pierre Bernard, Wajdi Mouawad et Eric Jean ont suivi à la direction artistique. Mais sur scène ou en arrière-scène, on a vu passer les Claude Léveillée, Jean-Louis Millette, Andrée Lachapelle, Robert Lepage, Anne Dorval, Elise Guilbault, et René Daniel Dubois, pour ne nommer que ceux-là.

C'est aussi à cet endroit que Buissonneau mettait en scène L'Osstidcho, il y a plus de 40 ans, en présentant des gens alors peu connus: Robert Charlebois, Yvon Deschamps, Louise Forestier et Mouffe.

Les noms des artistes, artisans et de ceux qui appuient financièrement le théâtre sont immortalisés dans la pierre calcaire du «mur porteur», qui est adjacent à la façade de l'immeuble culturel. On compte 462 noms et il y a encore de la place pour soutenir le Quat'Sous même reconstruit. Tous peuvent ainsi faire partie de l'histoire de ce théâtre hors de l'ordinaire.

 




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