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Katherine Levac et François Bellefeuille, humoristes chouchous

François Bellefeuille et Katherine Levac affichent le plus... (Photo David Boily, La Presse)

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François Bellefeuille et Katherine Levac affichent le plus grand nombre de sélections au gala Les Olivier, qui se tient dimanche.

Photo David Boily, La Presse

C'est leur année! Katherine Levac et François Bellefeuille ont obtenu le plus grand nombre de sélections au Gala Les Olivier, qui se tiendra dimanche prochain. Discussion avec les deux humoristes chouchous de 2018 autour du concept de popularité.

Étiez-vous plutôt le roi ou la reine de votre bal de finissants ou le «rejet» de la soirée?

FB: En sixième année, j'ai eu quelques blondes avec qui je dansais de longs slows pendant qu'on s'embrassait. Je pensais que ça serait comme ça toute ma vie. Mais au secondaire, ça ne s'est pas du tout passé comme ça! Mon bal a eu lieu en 1992, dans un hôtel de Trois-Rivières. Je n'avais pas de blonde et ça m'avait tout pris pour inviter une fille à mon bal de finissants. Elle a fini par dire oui. J'ai une photo de moi tout seul chez moi avant d'aller la chercher. Ça paraît vraiment qu'il manque quelqu'un à mes côtés! Avant le bal, on n'a pas vraiment parlé, et une fois au party, je ne l'ai plus trouvée. C'était beaucoup de stress pour finir en grosse queue de poisson. Ce n'est vraiment pas un bon souvenir! Je n'étais pas un «rejet», mais je n'étais pas dans la gang des hot. J'ai eu ma puberté un peu trop tard et j'étais en surplus de poids. J'étais arrivé dans cette école après avoir été dans un établissement pour gars, et ça m'avait pris du temps à faire ma place.

KL: Le mien était en 2007. On trouvait Montréal vraiment cool et on avait loué un genre de bateau-mouche. Le reste de l'année, nos partys étaient des partys de champs avec des tentes. Alors que là, c'était à MONT-RÉ-AL! On avait fait la route en bus jaune et la moitié du monde n'était pas embarquée sur le bateau, car les gens étaient déjà soûl. Moi, je suis montée. J'étais super impliquée, j'étais la présidente de mon école. J'étais dedans en maudit ! J'aimais organiser des affaires. J'étais allée au bal avec mon chum. C'était encore plus cool parce qu'il n'allait pas à mon école. J'étais bien ravie de ça et de le montrer. Il était ben beau avec ses bouclettes. Mais c'est tellement décevant, un bal: c'était le même monde qui essayait de se mettre beau, mais c'était laid!

Quel est votre rapport à la popularité dans le cadre de votre métier d'humoriste?

FB: C'est un rapport amour-haine. Ça me fait peur autant que ça m'excite. La raison pour laquelle je suis devenu drôle, c'était pour me démarquer, me sortir la tête de l'eau, pour que les gens m'aiment. Je ne suis pas le mâle alpha que naturellement les filles regardent. C'est ma manière d'avoir de l'attention. Je suis rendu au summum de la popularité artistique avec le plus grand nombre de nominations au gala. Mais christie que ça me fait peur ! C'est comme, si je ne gagne pas, risquer de me retrouver comme l'ado qui essaye de percer. Je me sens extrêmement fragile et fort en même temps. On parle des nominations, mais en théorie, je n'aime pas y penser avant le soir du gala. Les gens ne savent pas comme c'est crève-coeur!

KL: Dans la vie, je suis ben gênée. Je fais de l'humour parce que, lorsque je suis sur scène, je peux parler aux gens et on se comprend. Il se passe quelque chose. Il y a une connexion que je n'ai pas dans la vie. Dans un souper, par exemple, je ne connecte pas avec les autres ! Le fait que le public m'apprécie et vienne me voir me donne vraiment quelque chose d'important. Ça me permet de me sentir comprise. Que ce soit lors des photos avec les spectateurs, quand je signe des autographes ou quand je parle aux gens sur les réseaux sociaux, je vis une connexion avec les gens dont je ne peux me passer. J'ai besoin de ça.

Plus on a de sélections, plus on a l'espoir de gagner. Comment vivez-vous la situation?

FB: Ne me demandez pas d'être sain et stable dans mon coeur cette journée-là! C'est sûr que ça brasse, car j'ai peur de ne pas gagner. En même temps, ce n'est pas si grave, car c'est une salle remplie d'amis. Je sais que sur le tapis rouge, on va me demander comment je me sens d'être le plus nommé cette année, mais je sais que le lendemain, dans le journal, je vais être le grand perdant si je ne gagne rien. Je me protège en ce moment pour ne pas avoir mal! Mais dans le fond, j'aimerais gagner des trophées! Les gens disent souvent: «Préparez-vous des remerciements». Mais ce n'est pas si facile à faire. Comme si les humoristes pouvaient arriver sur scène et juste remercier leur mère. On doit être structuré, intéressant, drôle. Ça veut dire que Kat et moi devons nous préparer quatre ou cinq courts numéros.

KL: Ce n'est pas comme aux Gémeaux, où la madame monte sur scène et pleure. C'est un gala où tout est drôle. Où tout le monde est drôle. C'est vraiment possible d'avoir beaucoup de nominations et de ne rien gagner! Je considère que j'ai déjà une belle vie! Que j'aie le plus de chances de gagner ou non, la vérité, c'est que rendue au gala, je veux seulement monter sur scène si j'ai un bon discours! Au gala de l'ADISQ cette année, je m'étais écrit quelque chose et j'aimais ça. Je voulais gagner juste pour aller le dire sur scène!

FB: C'est toi qui aurais dû gagner parce que mes remerciements n'ont pas marché! (rires)

Quel est le prix que vous espérez le plus remporter? Celui qui vous indiffère?

KL: Meilleur texte, c'est cool parce que ça récompense une équipe. C'est le fun de monter sur scène avec les gens qui t'ont aidée. Les textes, c'est pas mal la base, même si ce n'est pas juste ça, un spectacle d'humour. J'aimerais aussi un prix pour Like-moi! C'est toujours cool les émissions en groupe récompensées. Quand on parle de meilleur vendeur, c'est plus des faits. Je sais bien que je ne gagne pas ça!

FB: Meilleur vendeur ne devrait pas exister. Tu as déjà les plus grands avantages dans le milieu: les meilleures dates, des salles, toujours de l'ambiance dans ta salle. Je laisserais tomber cette catégorie-là. Tu es le meilleur vendeur, je n'en reviens pas qu'on en reparle. Le prix que je préfère, c'est meilleur show, qui englobe tout. L'écriture, la livraison, etc. C'est l'Olivier qui vaut le plus cher! L'Olivier de l'année est celui qui me fait le plus peur. En même temps, je ne suis pas contre le trophée, mais il me met mal à l'aise. Si je le gagne, je vais être content sans avoir fait l'effort de solliciter les gens à voter ! Je ne m'imagine pas dire à mes fans de voter pour moi dans cette catégorie. On devrait plutôt faire un sondage, appeler 1000 personnes.

KL: Je suis d'accord avec toi, ça ne me tente pas tant que ça de vendre du chocolat [à mes fans], tant qu'à y être. On récompenserait quoi au final?

FB: Par ailleurs, au Gala Les Olivier, l'humoriste devrait être jugé pour ce qu'il fait sur scène. Il a le droit de faire de la télé et de la radio, mais c'est la scène qui devrait être récompensée. Si tu es l'Olivier de l'année parce que tu es l'humoriste le plus drôle à la radio cette année, c'est plate que le lendemain ce soit toi qu'on voie partout.

Avez-vous l'esprit de compétition?

FB: En humour, on est toujours en compétition. Il y a une obligation de résultat, on entend les rires ou pas. Les Olivier, c'est le summum de tout ça.

KL: Quel autre genre d'art demande de se succéder les uns après les autres sur la même scène? Ce n'est que comparaison!

FB: Le milieu de l'humour est compétitif. Quand on est sur un show, il y a toujours plusieurs humoristes. L'humour est à la fois cruel et extraordinaire. Quand ça ne rit pas, tout le monde le sait. Et si tu fais un hit, tout le monde le sait aussi. On est habitués à ça. Mais c'est un métier bizarre. Quand on est ensemble, on partage nos expériences, notre passion pour ce métier.

KL: Quand je suis arrivée dans ce milieu, il y avait déjà plein d'humoristes, alors j'ai toujours vécu ça comme ça. Les gens m'ont connu grâce à un concours d'humour. Qu'est-ce qui est meilleur, des pommes ou de bananes? Ça dépend du temps! J'aime mieux vendre moins de billets à des gens qui m'aiment pour vrai que des milliers à des gens sans connexion. Je n'aurais jamais pensé ça il y a deux ans. Il y a plein d'humoristes avec qui je n'aurais pas été amie au secondaire, mais on vit tellement la même réalité que ça nous rapproche. 

Au quotidien, comment vivez-vous votre notoriété?

KL: Si ça ne me tente pas de parler à des gens, je ne vais pas flasher mes cheveux roux à la Distillerie un samedi soir ou aller au Carrefour Laval!

FB: Il faut y aller, mais il faut être de bonne humeur. C'est ben normal. À Montréal, les gens sont plus habitués de nous croiser.

KL: Dans mon quartier, les gens ne savent pas trop qui est Véronique Cloutier! Mon voisin m'a vue sur la couverture du Elle Québec et m'a demandé si j'étais mannequin dans la vie. Les gens sont intenses, mais fins! Je ne vais pas mourir parce que quelqu'un est venu me saluer. Parfois, tu sors et tu ne peux pas être soûl, c'est certain!

Quand vous présentez votre spectacle, le plus important pour vous est le succès populaire ou critique?

KL: Je suis tellement première de classe, je ne peux pas me faire chicaner, alors je veux une bonne critique! Mais j'avoue que seule devant ton public à La Tuque, tu veux un succès populaire!

FB: Je dirais succès populaire. Je veux que ça rie, je ne veux pas de malaise dans la salle. La critique, c'est plus personnel. Le public ne peut pas vraiment se tromper. Par contre, j'ai le goût de me challenger pour voir ce que le public va aimer dans 10 ans. Alors certains numéros ne marchent pas au début, mais tu finis par trouver comment le faire fonctionner. Le public mène en humour. L'humour pas de rire, c'est impossible! J'ai eu de bonnes critiques pour mon dernier show. Je me disais déjà que j'allais me faire ramasser pour le prochain. C'est dans ma personnalité, j'ai du mal à prendre les commentaires positifs.




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