Du 1er juillet au 30 septembre, il sera quasi impossible de ne pas tomber sur un festival d'humour à 100 km à la ronde de Montréal. Et ces humoristes seront les plus omniprésents de l'été.

Stéphanie Vallet LA PRESSE

Maude Landry: «J'ai accepté à peu près tout ce qui m'a été offert»

> Festival de la blague de Drummondville

> Mile Ex-End

> Laval en rires

> Grand Montréal comédie fest

> Zoofest

«Je construis mon heure solo pour cet automne en vue de faire un one woman show et les festivals me permettent d'aller partout, de me faire connaître pour ensuite vendre des billets. Pour moi, la multiplication des festivals d'humour, c'est juste plus de gym pour aller m'entraîner.» Comment éviter de se répéter? «Il faut offrir assez de matériel, mais juste assez pour ne pas tout brûler. Sinon personne n'ira voir mon spectacle. Dans le cas du Montréal comédie fest, je vais devoir varier mon matériel, car je participe à cinq évènements. Sinon, pour les autres, j'évalue selon les applaudissements si les gens me connaissent ou non pour offrir du nouveau matériel. J'ose espérer que d'ici au Mile Ex-End, j'aurai de nouvelles blagues. J'ai des cahiers avec les dates, les numéros, le temps que ça a pris et une appréciation avec un bonhomme sourire. Je note même les vêtements que je portais pour ne pas trop me répéter!»

Eddy King: «Si on est bon, c'est parce qu'on se répète»

> Festival de la blague de Drummondville

> Mile Ex-End

> Laval en rires

> Juste pour rire

> Grand Montréal comédie fest

«Il faut comprendre quelque chose par rapport au métier d'humoriste: si on est bon, c'est parce qu'on se répète. On n'écrit pas des blagues jetables. Je sais où je vais faire des choses inédites, que les gens n'ont encore jamais entendues. À Laval en rires, j'ai mes petites blagues sur les Lavallois et sur mon quartier de Laval-Ouest que je trouve un peu bipolaire. Il y a aussi un show sur la paternité où je vais faire mes meilleures blagues sur mes enfants, alors ça se peut que ceux qui me suivent en aient entendu deux ou trois. J'ai une banque de matériel où je peux piocher selon ce qui est adapté. Pour Juste pour rire et Grand Montréal comédie fest, j'ai du matériel inédit, des numéros que je rode en ce moment qui se prêtent bien à l'occasion. Il y a un souci d'adaptation pour chacun des festivals. Je serais un charlatan de vendre chaque fois le même produit!»

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRéCHETTE, archives lA PRESSE

Eddy King

Les Grandes Crues: «Le plus grand gagnant, c'est le public»

> Festival de la blague de Drummondville

> International de montgolfières de Saint-Jean-Sur-Richelieu

> Mile Ex-End

> Grand Montréal comédie fest

> Zoofest

«On ne peut pas se lancer partout et écrire des numéros pour chaque festival. On a donc passé notre tour à Juste pour rire cette année. Surtout qu'on était en préparation pour notre première médiatique à Montréal en mai dernier. On va animer un gala au Montréal comédie fest à L'Olympia et c'est un beau défi. L'animation est une autre manière de présenter du matériel. Ce n'est pas capté pour la télé, alors on a carte blanche pour faire ce qu'on veut! Le but, c'est de toujours faire du Grandes Crues. Il y aura un peu d'exclusif partout où on va aller. On prend ça un festival à la fois! Je trouve que cette offre d'humour est extraordinaire.» (Marie-Lyne Joncas et Ève Côté)

Photo Jean-Marie Villeneuve, archives Le Soleil

Les Grandes Crues

Rosalie Vaillancourt: «Chaque festival est tellement différent!»

> Festival de la blague de Drummondville

> Mile Ex-End

> Juste pour rire

> Grand Montréal comédie fest

> Zoofest

«Chaque festival est tellement différent! Ben à part les noms qui se ressemblent, là! Comme j'anime mon propre gala, que je participe à deux galas du Montréal comédie fest et que je suis aussi dans deux galas Juste pour rire, j'ai essayé de prendre d'anciens numéros pour faire de nouvelles blagues avec chacun. Il y aura donc quelques similitudes dans les thèmes. Je vais aussi moins utiliser mes numéros qu'on retrouve sur internet. Sinon, au Zoofest, ça sera très différent, car je vais y jouer 10 soirs de suite le premier jet d'Enfant roi, mon premier spectacle solo. C'est du prérodage, sans vidéos ou accessoires, juste moi qui parle aux gens.»

Photo Geneviève Savard L’Herbier, archives Le Soleil

Rosalie Vaillancourt

Mehdi Bousaidan: «Il faut choisir les numéros qu'on va "brûler"»

> Festival de la blague de Drummondville

> Mile Ex-End

> Grand Montréal comédie fest

> Zoofest

«Souvent, on va choisir des numéros qu'on va utiliser uniquement dans les festivals. Beaucoup de festivals sont télédiffusés, alors le numéro que tu y présentes est "brûlé", dans le jargon de l'humour, car il n'est plus réutilisable. Souvent, j'en profite pour écrire sur un sujet dont j'ai envie de parler, pour retoucher un ancien numéro ou présenter un nouveau qui ne trouve pas sa place dans mon spectacle. Je suis en train de construire mon one man show, alors je ne veux pas que les gens voient des numéros qui s'y retrouvent. Mais je peux parfois en prendre un extrait. Je prêche pour ma paroisse, plus il y a de festivals, plus j'ai de travail!»

PHOTO ÉDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, archives LA PRESSE

Mehdi Bousaidan

Arnaud Soly: «La multiplication des festivals va créer une diversité de l'offre»

> Festival de la blague de Drummondville

> Mile Ex-End

> Juste pour rire

> MTL Comédie Fest

> Zoofest

«Pour moi, l'objectif est de performer le plus possible. Je n'ai pas d'affiliation à aucun festival. Juste pour rire a fait le ménage dans son organisation et c'est tant mieux. Je me trouve chanceux de pouvoir oeuvrer sur différentes plateformes. J'essaye de choisir mon matériel en fonction du contexte. Est-ce que le public me connait ou me découvre? Combien de temps dois-je faire? C'est dans un cadre familial ou durant un late show? C'est certain qu'on se répète, mais ça fait partie du métier de refaire plusieurs fois des numéros. C'est comme ça que le matériel se peaufine. Je pense que la multiplication des festivals va créer une diversité de l'offre. Au final, c'est le public qui décide où il va. Et moi ça me permet de travailler en masse cet été!

PHOTO ÉDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, archives LA PRESSE

Arnaud Soly