Avec Cabaret, la troupe montréalaise Les 7 doigts de la main a montré, ce mardi soir à l'Olympia, lors de la première, combien ce 1er Festival Montréal complètement cirque est diversifié et chaque soir passionnant.

Éric Clément LA PRESSE

Après les danses urbaines d'iD (cirque Éloize) et l'ambiance populaire de Tabú (les Gallois de No Fit State), Les 7 doigts ont recréé une ambiance de bar jazz fort agréable dans la salle malheureusement mal insonorisée de l'Olympia.

On se croirait en Allemagne dans les années 30. Filles ensemble. Garçons et rouge à lèvres. Tables en formica. 

La Française Marion Verd a brisé la glace avec ses pirouettes aériennes au trapèze. Puis, Maria Choodu a jonglé avec ses balles blanches tout en faisant des claquettes. Elle est revenue en fin de spectacle pour un numéro hallucinant de jonglerie dans une chorégraphie de danse moderne très réussie.

Surprise ensuite, un superbe duo dansé de gymastique, acrobaties et équilibres de la part de Sébastien Soldevila et Mimi Bonnavaud, deux des 7 doigts: très applaudi. Chaque soir, d'ailleurs, le spectacle mis en scène par Shana Carroll, une des 7 Doigts, accueillera ainsi des artistes invités qui se grefferont au programme.

Ils ont beau ne pas avoir encore terminé l' École nationale de cirque, Ugo Dario et Maxim Laurin forment déjà un duo exceptionnel à la planche coréenne et le public montréalais a encore retenu son souffle à chacune de leurs vrilles et chacun de leurs saltos.

Spécialiste de la roue allemande, Frédéric Lemieux Cormier a démontré en première partie du spectacle pourquoi il était de la cérémonie de clôture des JO de Turin, tournant dans tous les sens sur cet appareil difficile à contrôler.

Sa performance, en deuxième partie, sur le «plus cubique», ce trapèze multiple qu'il a créé, était assez sensationnelle mais on sent qu'il n'exploite pas encore le plein potentiel de sa curieuse découverte. Toutefois, comme appoint à la contorsionniste Mary Sanders Levesque, championne olympique de gymnastique rythmique, qui maniait un ballon, la sensualité était totalement au rendez-vous.

«On va voir si tout le monde est complètement cirque!» a lancé au public la maîtresse de cérémonie, Gypsy Snider, allant chercher dans le public des spectateurs pour les faire jongler sur une table devant tout le monde. Puis, elle a trouvé le Suisse Joachim Ciocca, très habile sur son monocycle.

Un des clous de la soirée demeure le numéro de Faon Shane, la femme qui danse avec trois chaînes d'acier à 5 m du sol, sur un appareil qu'elle aussi inventé. Avec un tango-rock endiablé, assurément la performance la plus appréciée.

La musique jazz de Spike Wilner, venu de New York remplacer Charles Papasoff au pied levé, et la voix superbe de Dawn Tyler Watson ont enveloppé cette soirée qui s'est terminée par une danse générale sur La vie en rose, d'Edith Piaf. Une fois n'est pas coutume, soulignons enfin le travail essentiel et délicat de Jef Odet, gréeur des artistes: celui qui tire les cordes, les chaînes et les filins, qui assure leur sécurité et qui rythme les numéros pour leur donner cette cadence qui fait la magie du cirque. Et autant dire que ce Cabaret n'en manque pas...

Cabaret de la troupe Les 7 doigts de la main à L'Olympia du 13 au 24 juillet, 20h.