«Le parti d'un homme». «L'avenir est dans le rouge». Ou «un avenir qui dure longtemps». Voilà un aperçu des slogans que proposeront respectivement les partis bleu, rouge et blanc aux prochaines Parlementeries. La 5e présentation de la revue politique aura lieu du 10 au 15 novembre prochain au Théâtre Saint-Denis.

Paul Journet LA PRESSE

Pour la première fois, l'action se déplace à Ottawa. Les trois chefs de parti: Martin Matte (rouge), Patrick Huard (bleu) et Laurent Paquin (blanc). Stéphane Rousseau présidera la Chambre. Un chef du parti orange pourrait aussi être bientôt annoncé. On ignore qui gouvernera ce qui s'annonce un gouvernement minoritaire, ou peut-être même une coalition.

L'automne dernier, Patrick Huard participait à la vidéo «Culture en péril» qui écorchait le gouvernement conservateur. Après l'avoir dénoncé de l'extérieur, il pourra maintenant en personnifier le «ridicule».

«Ce qui me fascine sur la scène fédérale, c'est l'ignorance du gouvernement face à la culture et au Québec. Ça me renverse complètement. Faut que j'en parle, c'est certain», prévoit-il.

Martin Matte participera pour la première fois aux Parlementeries. Lui aussi renouera pour l'occasion avec un certain engagement politique. «Pendant le référendum de 1980, j'étais en cinquième ou sixième année primaire. Je portais un macaron du Non à l'école. On était plusieurs à s'afficher pour le Oui ou le Non, sans vraiment savoir ce que ça signifiait. Il y avait même des parties de ballon-chasseur Non contre Oui. On les a plantés. Bon, ils étaient en première année, mais on les a plantés quand même», lance celui qui dit ne pas vouloir prendre position aujourd'hui sur la question nationale.

Si on l'a choisi en rouge, ce serait un peu à cause de son assurance qui rappelle celle d'Ignatieff. Et le lien entre Huard et les bleus? «Harper n'est pas fiable. Ça fait penser à Patrick, blague Matte. Lui aussi est, comment dit-on, un cro*****.»

Laurent Paquin, ouvertement souverainiste, avoue qu'un défi l'attend. «Comme chef du parti souverainiste, je cherche encore le ton à utiliser. Je veux évidemment baver mes adversaires. Mais je dois aussi rire de mon parti. Ce sera difficile, mais quand même pas trop. Je n'ai jamais fait de politique active, je garde toujours mes distances du parti pour rester critique», raconte-t-il. Selon Patrick Huard, les Parlementeries servent d'exutoire. «On cherche avant tout à faire rire. Ça reste de l'humour. Mais si ça marche, c'est aussi parce que ça devient une sorte de défoulement collectif.»

Quel genre de défoulement? Stéphane Rousseau lançait ainsi la conférence de presse hier: «Comme disait mon oncle Henri-Paul Rousseau: la preuve que je ne suis pas attaché à l'argent, regardez ce que j'ai fait avec la vôtre.»

Les Parlementeries finissent-elles par alimenter le cynisme? «Non, répond Laurent Paquin. Si les gens viennent au spectacle, c'est la preuve qu'ils s'intéressent à la politique. Tu ne paies pas pour entendre parler de ce qui t'écoeure. Nous, on relève les absurdités dans le discours des politiciens. On aiguise le sens critique. C'est différent du cynisme.»