Samedi prochain, le quatrième Festival Juste pour rire de Nantes va s'ouvrir avec Québec mon humour, un gala 100% québécois animé par Gregory Charles et auquel participeront Louis-José Houde, Anthony Kavanagh, Laurent Paquin, Dominic et Martin, Réal Béland, Martin Petit et Natasha St-Pier. Comment adapter son humour pour la France? Louis-José Houde y réfléchit.

Paul Journet LA PRESSE

Au milieu de notre conversation, Louis-José Houde rêve soudainement de devenir Pascale Picard.»C'est vraiment génial, ce qui lui arrive en France. Puis ça reste naturel. Pas besoin d'adapter ou de changer son matériel. Elle arrive avec son band et ils jouent, tout simplement. Vive les musiciens», raconte-t-il au téléphone de Thetford Mines, une heure avant de monter sur scène.

 

Dans quelques jours, il s'envolera pour la France. Sa préparation à lui? Un «casse-tête». Car il n'a pas eu le temps d'écrire un numéro inédit. Et son one-man show regorge de références très québécoises. «Toutes les deux minutes, je dis quelque chose qui ne s'exporte pas!»

Sa solution: rapiécer différents gags - probablement un monologue de l'ADISQ sur Diam's, un autre sur son voyage au Vietnam et des extraits de son one-man show sur ses mésaventures en Guadeloupe. «Je m'en sors plus facilement avec les anecdotes de voyage ou les observations plus physiques. Par exemple, celle sur les gars qui reculent leur char... Ils font la même face que lorsqu'ils jouissent. C'est vrai même en Chine, je pense.»

Même s'il s'agit d'un numéro de 10-15 minutes, il a le même souci du détail. Il réécoute encore les cassettes de ses derniers spectacles en France, en 2006. «Il faut travailler chaque ligne, chaque mot, résume-t-il. Avec mon metteur en scène Joseph St-Gelais, on s'attarde à plein de détails. J'ajoute souvent des accents toniques sur des syllabes. Les Français, eux, ont tendance à prononcer les mots d'un seul trait. Pour Nantes, j'essaie de changer ça et aussi de parler un peu plus lentement.»

Évidemment, son style ne changera pas. À ce chapitre, les différences entre la France et le Québec s'estompent un peu selon lui. «Oui, leur humour est plus scénique. Ils jouent plus souvent des personnages. Mais le stand-up est de plus en plus populaire chez eux. Par exemple, le Jamel Comedy Club, c'est des conversations directes avec la foule, seul au micro, des observations éparpillées qui sautent du coq à l'âne. Ça ressemble à ce qu'on fait.»

Pour l'instant, Louis-José Houde ne songe pas à lancer sa carrière en France. De toute façon, il n'a pas le temps. D'ailleurs, un problème d'organisation l'a contraint à annuler des spectacles à Trois-Rivières pour aller à Nantes. Et il peste encore.

À Nantes, la participation du Québec ne se limite pas au gala d'ouverture: Laurent Paquin donnera un spectacle solo et Rachid Badouri présentera l'adaptation française d'Arrête ton cinéma!