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Ginette Laurin: toujours rester en mouvement

La compagnie O Vertigo fête ses 30 ans. Je... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND LA PRESSE)

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La compagnie O Vertigo fête ses 30 ans. Je me sens comme une artisane qui a commencé une petite dentelle et qui a ajouté des petits bouts avec des couleurs et des motifs différents» souligne Ginette Laurin.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND LA PRESSE

La compagnie de Ginette Laurin, O Vertigo, fête cette année ses 30 ans. Un événement que Danse Danse n'a pas manqué de souligner en donnant pour l'occasion carte blanche à la chorégraphe qui présentera dès jeudi soir au Théâtre Maisonneuve Soif, sa plus récente création.

D'aussi loin qu'elle se souvienne, Ginette Laurin ne pouvait s'empêcher de gigoter. «Ma mère me disait que j'avais le vertigo! Je ne tenais pas en place», confie-t-elle en souriant. Grâce à la gymnastique, puis à la danse (moderne puis classique), elle a ainsi pu satisfaire sa soif de bouger.

La danseuse et chorégraphe se joint en 1984 à Daniel Léveillé en tant que codirectrice artistique de la compagnie qu'il vient de créer.

«Je n'avais pas l'ambition de mettre sur pied ma propre compagnie. Mais après quelques mois, Daniel est parti, car il sentait que les grosses structures n'étaient pas faites pour lui. Je me suis dit que j'allais tenter le coup deux ans et c'est devenu O Vertigo», se rappelle-t-elle.

Trente ans et plus d'une cinquantaine de créations plus tard, Ginette Laurin a de quoi être fière du chemin parcouru.

«Je me sens comme une artisane qui a commencé une petite dentelle et qui a ajouté des petits bouts avec des couleurs et des motifs différents. Elle est rendue très grande, mais elle peut s'élargir encore!», précise la chorégraphe, qui s'est partagée au cours des deux dernières années entre les tournées et la création de Soif, une pièce pour huit danseurs où elle part à la recherche de l'élan qui est à la base des mouvements.

«Contrairement à mes autres créations, où je fais beaucoup de recherches avec les concepteurs pour la scénographie et des scientifiques, j'ai passé un long moment avec les danseurs pour vraiment me recentrer sur le mouvement. J'ai aussi tenu à ne pas avoir de répétiteurs pour être plus proche des interprètes», raconte-t-elle.

Fini donc les décors, structures et accessoires auxquels la chorégraphe avait habitué son public, et place à un espace épuré où les danseurs sont enveloppés de lumière.

«Je ressentais le besoin de laisser un repos aux danseurs. Par exemple, ils ne portent pas de souliers, ce qui contraste beaucoup avec La vie qui bat, une pièce dans laquelle j'avais utilisé des bottes», dit-elle.

Cette fois, les huit danseurs de O Vertigo ont dû se livrer à des exercices quotidiens que Ginette Laurin leur a proposés, soit une trentaine d'actions à réaliser.

«On a créé plusieurs listes d'actions: dire au revoir, se présenter, faire le vide, sauter par-dessus une clôture, etc. Une fois qu'on les rassemble, les amorces de ces actions forment des phrases un peu incongrues, mais très intéressantes», explique la chorégraphe.

Place à la musique

Ginette Laurin a offert une place de choix à la musique de John Cage, mais aussi à un collage signé Michel F Côté.

«Dans le processus de création, j'ai travaillé sur l'impulsion, des mouvements que l'on a décortiqués pour ne garder que l'amorce. C'est devenu le coeur du langage gestuel de cette pièce.

«John Cage dans cette compilation de morceaux a travaillé un peu à l'inverse: au moment de l'anniversaire de l'indépendance des États-Unis, il est allé dans chaque État, y a choisi une musique folklorique et a enlevé des notes pour ne garder que l'essentiel. Je trouvais intéressant le lien entre cette musique déstructurée et le mouvement qui est aussi déstructuré, car on n'en garde que l'élan», explique la chorégraphe, qui a voulu toucher du doigt dans Soif le désir d'avancer, de faire des rencontres, de se réaliser, mais aussi de se révéler.

Ginette Laurin se lancera prochainement dans un projet de film qui devrait également donner lieu à une nouvelle création. «Je veux jouer avec les échelles et le temps. On va filmer des plantes en train de pousser pour ensuite comparer avec le mouvement de l'humain. Ce film pourrait être projeté dans la prochaine pièce afin de mettre en scène un dialogue entre humains et végétaux», conclut-elle.




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