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Plomb: le diable se cache dans les détails

Jusqu'à aujourd'hui, l'Agora de la danse présente Plomb de Virginie... (Photo: Alexandre Trudeau)

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Photo: Alexandre Trudeau

Stéphanie Brody

collaboration spéciale

La Presse

Jusqu'à aujourd'hui, l'Agora de la danse présente Plomb de Virginie Brunelle. La jeune chorégraphe y aborde l'amour et ses dérives - son sujet de prédilection - en une série de tableaux visuellement forts dans lesquels le diable se cache dans les détails.

L'espace de jeu est cerné par de hauts projecteurs sur pied, qui forment une sorte d'enceinte. Parlons plutôt d'arène. Car dans cet espace, baigné le plus souvent de couleurs pastel (un choix inhabituel), des couples vont s'enlacer, se séduire et s'affronter.

Certains tableaux présentent ces éternels rapports de force entre humains de manière plus convenue, mais, régulièrement, Virginie Brunelle y va de propositions chorégraphiques et dramaturgiques inattendues.

C'est le cas notamment du tableau déchirant dans lequel Sophie Corriveau lutte désespérément pour protéger Anne Le Beau des agressions. Elles sont placées chacune sur une table, lesquelles sont collées l'une à l'autre: ces tables seront tout à coup séparées violemment.

Voilà une façon plutôt efficace d'évoquer le deuil, peut-être ici celui d'une fille qui perd sa mère. Car la chorégraphe explore certes les rapports de couple, mais se glissent aussi d'autres types de relations, entre un père obtus et sa fille désabusée, par exemple.

Autre point fort de Plomb: la chorégraphe travaille des détails qui vont, à eux seuls, donner un sens au tableau ou, du moins, provoquer la surprise. Ainsi, dans un tableau très sexy, quatre hommes font front commun face à une séductrice. Leurs camarades auront beau les retenir, la femme les croque un à un... sauf le dernier; car tout à coup, dénouement-surprise, plusieurs danseurs s'interposent franchement entre la tigresse et le dernier survivant. L'attention du spectateur s'en trouve ravivée, et un tableau plus convenu prend ainsi une tout autre tournure.

Virginie Brunelle travaille en rafale, décuplant le mouvement comme les ondes de l'écho d'un sonar. Tout s'en trouve magnifié, d'autant plus que sa gestuelle s'étire en lignes allongées. De plus, elle possède le sens de l'image: ici, les choix musicaux, les couleurs, les éclairages imprègnent l'ensemble d'une agréable facture toute cinématographique.

Un bémol: le personnage d'homme vierge, introduit en prologue et qui revient à l'épilogue. On aime bien ses apparitions, mais on ne comprend pas trop ce qu'il vient faire dans l'ensemble, à part servir de témoin à nos grandes difficultés relationnelles et rallonger la pièce. En a-t-on réellement besoin avec un sujet aussi universellement accessible? Sinon, bravo!

> Plomb de Virginie Brunelle à l'Agora de la danse, aujourd'hui 16h. Info: 514 525-1500.




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