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Rubberbandance Group: sortir de sa bulle

Ils débordent de charisme et ne bougent comme nul autre. Le tandem Victor... (Photo fournie pas Rubberbandance Group)

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Photo fournie pas Rubberbandance Group

Stéphanie Brody
La Presse

Ils débordent de charisme et ne bougent comme nul autre. Le tandem Victor Quijada et Anne Plamondon, alias Rubberbandance Group, présente Punto Ciego à la Cinquième salle de la Place des Arts, du 25 mars au 11 avril. Cette fois, le style Quijada, fluide amalgame de danse urbaine et contemporaine, sera porté par une majorité de danseurs de formation classique.

«On a fait une sorte de pacte: le premier qui aurait sa compagnie engagerait les deux autres», se souvient Frédéric Tavernini, un des interprètes de Punto Ciego. À l'époque, Tavernini, Victor Quijada et Mariusz Ostrowski dansaient tous les trois au sein des Grands Ballets canadiens de Montréal (GBCM). Toutefois, Quijada, qui a commencé, enfant, comme breaker sur les trottoirs de South Central Los Angeles, a des fourmis dans les jambes: en 2002, il quitte les GBCM pour fonder Rubberbandance.

 

Mais déjà, aux GBCM, malgré l'horaire chargé, Quijada infiltre l'underground hip-hop montréalais et entraîne Tavernini et Ostrowski avec lui dans les clubs. «Et dès qu'on disposait de quelques minutes, on s'enfermait ensemble dans un des studios des Grands pour improviser», se souvient Quijada, qui se forge alors un style hybride, qui intègre ses années de break, ses passages auprès des pionniers de la danse postmoderne américaine Rudy Perez et Twyla Tharp, ainsi que son expérience plus «classique» chez Eliot Feld et aux GBCM.

En 2003, Frédéric Tavernini quitte à son tour les GBCM. «J'en avais marre des grosses compagnies, où les choix artistiques des directeurs ne sont pas forcément ceux qu'on a envie de suivre», avoue l'ancien soliste, qui a reçu sa formation à l'École de danse de l'Opéra de Paris, avant d'intégrer de prestigieuses compagnies comme le Ballet de l'Opéra de Lyon et le Ballet Béjart Lausanne. «C'est vrai que dans une compagnie de ballets, explique Quijada, le travail est tellement exigeant qu'on en vient à vivre dans une bulle, parfois même sans savoir ce qui se passe en danse, ailleurs en ville.»

Hors de la bulle, Tavernini s'éclate: il peut enfin se laisser pousser la barbe, arbore une coupe mohawk et fait de superbes rencontres: avant de se joindre à Rubberbandance, en 2008, cet ex-petit rat de l'Opéra dansera auprès de Louise Lecavalier, dans Cobalt Rouge, puis il se fout à poil dans La Pornographie des âmes et Un peu de tendresse, bordel de merde de Dave St-Pierre (avec qui il risque fort de retravailler).

Quant à Mariusz Ostrowski, il a profité d'un dernier triomphe, soit le passage des GBCM aux Étés de la danse à Paris, l'an dernier, puis a tiré sa révérence pour rejoindre son ami Victor. «Ça a été une grosse décision, mais je n'ai aucun regret, affirme l'ancien premier soliste aux GBCM, formé à l'École nationale du Ballet de Varsovie. Ma décision entraîne un certain niveau d'insécurité, mais tant que ma femme et moi avons assez d'argent pour vivre, ça va. Et puis, je suis un peu rêveur...»

Outre Quijada, Plamondon, Tavernini et Ostrowski, la distribution de Punto Ciego comprend Lila-Mea G. Talbot et Louise Michel Jackson, toutes deux formées à l'École supérieure de ballet contemporain de Montréal. Ces danseurs ont beau avoir tâté de la danse plus contemporaine, le style de Quijada, qui sollicite les corps sur 360 degrés, comporte plusieurs défis. «J'étais habitué à plus de fluidité et de relâchement dans le mouvement. J'ai dû me reconstruise une musculature différente pour accéder au travail de Victor, qui s'apparente à lutter contre un espace très dense, comme si on repoussait des masses d'eau», explique Tavernini, qui, dans Punto Ciego, y va d'une gestuelle à peine esquissée.

«Quand j'ai commencé à travailler avec lui, ajoute Ostrowski, mon corps était tellement tendu! Maintenant, j'apprécie la différence, mais c'est parfois encore frustrant.» Alors, Anne lui rappelle qu'il est souvent le premier à marcher sur les mains ou à faire la chandelle, avec grand naturel, dès que le groupe entre en studio pour répéter. «C'est qu'après tant d'années passées sur mes jambes, rigole-t-il, j'ai besoin de me virer à l'envers pour donner une chance à mes bras!»

Punto Ciego de Rubberbandance, du 25 mars au 11 avril, à la Cinquième salle de la Place des Arts.

 




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