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Fanny et Alexandre: la vie est un songe

Steve Laplante, Gabriel Szabo, Annette Garant, Patricia Larivière, Rosalie Daoust, Ève Pressault et Luc Bourgeois... (Photo Gunther Gamper, fournie par le Théâtre Denise-Pelletier)

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Steve Laplante, Gabriel Szabo, Annette Garant, Patricia Larivière, Rosalie Daoust, Ève Pressault et Luc Bourgeois dans Fanny et Alexandre.

Photo Gunther Gamper, fournie par le Théâtre Denise-Pelletier

Quelle belle proposition d'hiver offerte par Sophie Cadieux et Félix-Antoine Boutin! Une invitation au voyage, un écrin pour réchauffer l'âme humaine et, surtout, une ode au théâtre, cet art millénaire et capable d'émerveiller simplement par la poésie du verbe et la beauté de l'imaginaire.

D'ailleurs, ce n'est pas un hasard, la production à l'affiche du Théâtre Denise-Pelletier (TDP) nous transporte dans les coulisses d'un théâtre. Quelque part en Suède, au début des années 30, Alexandre, 10 ans, et sa soeur cadette, Fanny, vivent heureux avec leurs parents aimants. Ceux-ci dirigent donc un théâtre, entourés par les membres de leur famille, tous aussi originaux et anticonformistes les uns que les autres.

Hélas, la mort du père d'Alexandre puis le remariage de sa mère (une actrice qui a cessé de jouer) avec un pasteur sévère et injuste viendront tout bouleverser. Si le bonheur est une chimère, dès lors, Alexandre va défier l'autorité et se réfugier dans le royaume de son imaginaire.

Le pouvoir de l'imagination

Le pari était fort audacieux: adapter ce film somptueux, grandiose, qui dure quatre heures, en une pièce de 1 h 50 min, pour un public cible d'adolescents et de jeunes adultes. Avec Fanny et Alexandre, on est loin des «classiques» autrefois produits par la Nouvelle Compagnie Théâtrale. Comme dans le film de Bergman, Boutin et Cadieux jettent un regard sur le monde de l'enfance qui entre en collision avec celui des adultes. Le récit témoigne de blessures et de crises propres aux désillusions d'Alexandre, mais aussi des rêves et de l'espoir qui sont le sel de la vie. Dès lors, Alexandre va rêver sa vie et nier la réalité.

Le duo d'artistes a évité le piège de (trop) coller au film. On reconnaît les scènes importantes du film et des passages des Mémoires du cinéaste suédois. Mais le spectacle nous transporte dans l'univers sensible, délicat et riche de Boutin et de Cadieux. 

Avec Fanny et Alexandre, les deux créateurs, très inspirés, appuyés par leur équipe de collaborateurs (soulignons la magnifique scénographie de Romain Fabre, puis l'excellente conception sonore, omniprésente, de Christophe Lamarche-Ledoux), ces créateurs, dis-je, rendent un bel hommage au pouvoir consolateur de l'art dans leurs (et nos) vies.

Dans le rôle d'Alexandre, Gabriel Szabo a l'étoffe du personnage à la fois candide et lucide. Il nous arrache quelques larmes à la fin dans une scène où il renoue avec sa grand-mère. Steve Laplante est très bon dans le rôle de ce père plus habile à jouer sa vie qu'à la vivre. Renaud Lacelle-Bourdon (le beau-père) et Ève Pressault, la mère, sont aussi très bons et touchants. Et tout le reste de la distribution est à l'avenant : Luc Bourgeois, Rosalie Daoust, Annette Garant, Ariel Ifergan et Patricia Larivière.

Une fièvre qui dure

Pour effacer la cruauté du réel, les poètes et les artistes nous transportent ailleurs, dans un autre monde fabulé, magnifié. Après avoir vécu une enfance difficile, le metteur en scène Ingmar Bergman s'est éveillé au pouvoir de l'imagination. «J'ai attrapé une fièvre qui dure encore. Les ombres silencieuses tournent leurs pâles visages vers moi, de leurs voix inaudibles elles parlent à mes sentiments les plus secrets. Soixante ans ont passé, rien n'a changé, toujours la même fièvre», confie-t-il dans sa biographie Laterna Magica, parue en 1987.

C'est cette fièvre que la production du TDP nous communique. Avec candeur et maestria!

* * * *

Fanny et Alexandre. D'Ingmar Bergman. Mise en scène et adaptation de Sophie Cadieux et de Félix-Antoine Boutin. Avec Gabriel Szabo, Rosalie Daoust... Au Théâtre Denise-Pelletier, jusqu'au 23 février.




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