Bien que sa mission première soit de présenter des pièces du répertoire, le Théâtre du Rideau Vert produit à l'occasion des créations québécoises. C'est dans l'institution fondée par Yvette Brind'Amour et Mercedes Palomino que Les Belles-Soeurs de Michel Tremblay ont vu le jour. Cette fois, le Rideau Vert amorce sa saison avec un texte signé par Lise Vaillancourt, qui est aussi présidente du Centre des auteurs dramatiques (CEAD).

Luc Boulanger, collaboration spéciale LA PRESSE

La corneille se penche sur les relations mère-fille. Julie (Annick Bergeron) est une célibataire dans la quarantaine qui mène une vie rangée. Entre son travail et ses cours de yoga, elle fait tout pour être bien sa peau et ne jure que par la nourriture bio et les infusions.

Un jour, après lui avoir laissé un long message dans sa boîte vocale, sa mère (Monique Miller) débarque dans son loft avec l'intention de passer quelques semaines avec Julie. Veuve depuis peu, elle estime que sa fille lui doit bien cela. Derrière son besoin de tout contrôler et ses commentaires acerbes, la mère cache une profonde solitude et un manque d'amour. Des sentiments que cette femme d'une autre époque a passé sa vie à nier.

Relation complexe

Or, Julie semble incapable de communiquer avec sa mère. Qui plus est, celle-ci a la mauvaise habitude de quitter l'appartement à répétition; d'apparaître et de disparaître sans explications, au grand dam de sa fille.

«Le monde de la mère est un territoire immense. On ne peut pas tout comprendre sur ce territoire. Mais il faut faire la paix avec la mère», confie un homme que Julie croise dans un bar, un soir de détresse. Cette réplique résume le sujet de la pièce.

Malheureusement, si ce thème est universel, l'auteure n'arrive pas à nous faire embarquer dans son histoire. Malgré l'excellent travail de son interprète, le personnage de Julie est trop unidimensionnel. Celui de la mère jouée magistralement par Monique Miller est plus fort, mais la pièce est construite du point de vue de Julie. Le problème réside surtout dans la forme: le texte contient trop de monologues et pas assez de dialogues.

D'ailleurs, les meilleurs moments arrivent lorsque la mère et la fille dialoguent entre elles. Le personnage de la voisine lesbienne joué sans nuance par Marie-Ève Trudel est aussi maladroit qu'inutile.

Dans sa mise en scène, Geoffrey Gaquère utilise trop l'avant-scène avec le rideau fermé, alors qu'on aurait souhaité qu'il insuffle davantage de théâtralité dans ce texte qui en contient peu.

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Au Théâtre du Rideau Vert jusqu'au 13 octobre.